vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2301930 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MERGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 août et 13 septembre 2023, M. B A, représenté Me Merger, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n° DCL/BMI/5203003932-358 du 16 août 2023 par lequel la préfète de la Haute-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné en cas d'exécution contrainte ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Marne de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, et ce un délai de 15 jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à Me Merger en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'acte attaqué a été édicté par une autorité incompétente ;
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions ;
- les décisions attaquées méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions ;
- les décisions attaquées méconnaissent les stipulations des articles 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant et sont entachées d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation, sa présence sur le territoire français ne constituant pas une menace à l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2023, la préfète de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 17 novembre 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 29 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Henriot, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 14 août 1991, déclare être entré en France irrégulièrement une première fois en 2010. Il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 20 avril 2016, qui a conduit à son retour dans son pays d'origine le 28 janvier 2017. Il déclare être à nouveau entré irrégulièrement sur le territoire français en août 2020. Le 11 septembre 2021, il lui a été notifié une obligation de quitter le territoire français à laquelle il ne s'est pas conformé. Le 23 mai 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 16 août 2023, la préfète de la Haute-Marne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné en cas d'exécution contrainte. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'étendue du litige :
2. Sur le fondement des dispositions des articles L. 614-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-17 du code de justice administrative, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif a, par un jugement du 26 septembre 2023, statué sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français. Le tribunal ne reste ainsi saisi que des conclusions de M. A dirigées contre le refus de titre de séjour, ainsi que de celles à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 5 septembre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de la Haute-Marne a donné délégation à M. Maxence Den Heijer, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer tous les actes en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions contestées doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Selon les dispositions de l'article L. 412-5 du code précité : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ". De plus, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
5. M. A soutient avoir résidé en France de 2010 au 28 janvier 2017, soit environ 6 ans, puis de manière continue à compter du mois d'août 2020, soit environ 3 ans. Il ressort des pièces du dossier qu'il est le père d'un enfant français, né le 20 mars 2014 qu'il a reconnu le 24 juillet 2014. Il s'est séparé de la mère de son enfant alors que celui-ci était en bas âge et n'a pas contribué à l'entretien ou à l'éducation de son enfant avant le mois de juin 2022 et n'a pas non plus exercé son droit de visite avant le mois de juillet 2022, alors qu'il indique être revenu sur le territoire français au mois d'août 2020. Dans ces conditions, s'il exerce conjointement l'autorité parentale à l'égard de son enfant, il ne peut être regardé comme entretenant avec lui des relations stables et anciennes. En outre, M, A a été condamné devant un tribunal correctionnel le 22 mai 2013 à une peine de 4 mois d'emprisonnement avec sursis, qui a été révoqué, pour vol aggravé, le 8 octobre 2013 à 1 an et 3 mois d'emprisonnement pour vol avec violence sans incapacité de travail, le 21 octobre 2014 à 1 mois d'emprisonnement pour, notamment, recel de bien provenant d'un vol, conduite sous l'emprise de stupéfiants et violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique et le 10 février 2016 à 5 mois d'emprisonnement pour, notamment, détention de stupéfiants et provocation à l'usage ou au trafic de stupéfiants. Il a fait l'objet, le 29 juillet 2023 d'une proposition de composition pénale pour des faits de violences volontaires commis en état d'ivresse manifeste. Il reconnait, enfin d'autres faits de violences sans incapacité s'étant déroulés en 2023 et ayant donné lieu à son interpellation. Dans ces conditions, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la préfète de la Haute-Marne n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que la présence M. A en France constitue une menace à l'ordre public et les décisions attaquées n'ont pas porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, en édictant les décisions attaquées, la préfète de la Haute-Marne n'a méconnu ni les dispositions de l'article L. 435-1 du code précité, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant au regard de ces dispositions.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
7. Pour les motifs exposés au point 5, M. A ne peut être regardé comme entretenant une relation stable et ancienne avec son enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées. Il en est de même, par conséquent, de ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et de celles tendant à ce qu'il soit mise à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de la Haute-Marne.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Deschamps, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Henriot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
Le rapporteur,
signé
J. HENRIOTLe président,
signé
A. DESCHAMPS
Le greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026