Le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, statuant par ordonnance, constate qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête en annulation. Le litige a perdu son objet car le préfet de l'Aube a implicitement retiré sa décision d'opposition en délivrant un récépissé de détention à la requérante. La juridiction rejette également la demande d'indemnité fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 décembre 2024, complétée par un mémoire enregistré le 9 mars 2025, Mme B... A..., représentée par Me Burger, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 29 novembre 2024 par laquelle préfet de l’Aube s’est opposé à sa déclaration de détention d’un animal non domestique ;
2°) d’enjoindre au préfet de l’Aube de lui délivrer un récépissé de détention d’un animal non domestique, Sus Scrofa (sanglier), dès la notification de l’ordonnance à intervenir et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- le préfet de l’Aube lui a appliqué à tort un régime d’autorisation, alors que la détention de l’animal en cause était en l’espèce soumise à un régime de déclaration ;
- la décision attaquée est entachée d’un défaut de motivation et d’un défaut d’examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision attaquée, fondée sur le motif que le « sanglier, directement prélevé dans la nature, n’a pas d’origine licite et ne pourra jamais en disposer », est entachée d’erreur de fait et de droit ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
- le dépôt de la déclaration de détention n’avait pas à être réalisé préalablement à l’entrée en possession de l’animal.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2026, le préfet de l’Aube conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que le récépissé de déclaration en cause a été délivré à la requérante par arrêté du 3 février 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
le code de l’environnement ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative :
« Les présidents (…) de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / 3°) constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / (…) ».
Mme A... demande l’annulation de la décision du 29 novembre 2024 par laquelle préfet de l’Aube s’est opposé à sa déclaration de détention d’un animal non domestique, en l’espèce une laie. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 3 février 2025 devenu définitif, le préfet de l’Aube a délivré à Mme A... le récépissé sollicité et a implicitement retiré la décision attaquée. Par suite les conclusions à fin d’annulation de la décision d’opposition à déclaration présentées par Mme A... ont perdu leur objet, et il n’y a pas lieu d’y statuer.
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme demandée par Mme A... sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation de la décision
du 29 novembre 2024.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.
Copie en sera adressée au préfet de l’Aube.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 17 mars 2026.
Le président de la 3ème chambre,
signé
A. DESCHAMPS
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.