vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2500270 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Autorisation |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 janvier 2025, M. D A, représenté par Me Opyrchal, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension des effets de l'arrêté du 17 janvier 2025 par laquelle le préfet de l'Aube a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aube de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il existe plusieurs moyens propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
* elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle méconnait l'article 3§1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
* elle méconnait les articles L. 412-5 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu la requête n°2500225 enregistrée le 26 janvier 2025 par laquelle M. D A, représenté par Me Opyrchal, demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 17 janvier 2025 par laquelle le préfet de l'Aube a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. M. A, ressortissant sénégalais né le 7 mars 1994, est entré en France le 23 septembre 2011 et a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français valable du 21 avril 2022 au 20 avril 2023. Il a été incarcéré à compter du 21 septembre 2024 pour exécuter une peine de cinq mois d'emprisonnement. La mère de son fils B,
né le 9 septembre 2021, qui vivait seule avec son fils depuis le mois de juillet 2024, a été hospitalisée le 7 décembre 2024 en raison de troubles psychiatriques, et l'enfant a été placé à l'aide sociale à l'enfance. M. A demande au juge des référés d'ordonner la suspension des effets de l'arrêté du 17 janvier 2025 par laquelle le préfet de l'Aube a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
3. En l'état de l'instruction, les moyens visés ci-dessus tirés de l'insuffisante motivation de la décision en cause, et de la méconnaissance des articles L. 432-13, L. 423-7, L. 423-23, L. 412-5 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l'article 8 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 3§1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne sont pas de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de cet arrêté. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, la requête de M. A doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative citées au point 1, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement de frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 31 janvier 2025.
Le juge des référés,
signé
A. C
La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution
de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2621165
03/08/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604971
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511419
01/07/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607421
01/07/2026