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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2500441

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2500441

jeudi 8 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2500441
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantPITCHER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté la requête de M. A... et de la SAS Drapo, qui demandaient l’annulation du retrait d’une prime de transition énergétique. Le tribunal a jugé que la requête était irrecevable car, avant son introduction, l’agence nationale de l’habitat avait déjà fait droit au recours préalable et attribué la somme demandée, rendant la décision implicite de rejet inexistante. Les conclusions à fin d’injonction et celles fondées sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées par voie de conséquence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 février 2025, M. B... A... et la société par actions simplifiée (SAS) Drapo, représentés par Me Pitcher, demandent au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite de rejet, née du silence gardé pendant deux mois par la directrice générale de l’agence nationale de l’habitat sur le recours préalable qu’ils avaient formé le 25 octobre 2024 à l’encontre de la décision du 29 février 2024, par laquelle ladite directrice avait procédé au retrait de la prime de transition énergétique accordée à M. A... ;

2°) d’enjoindre à l’agence nationale de l’habitat de verser, à titre principal à M. A... et à titre subsidiaire à la SAS Drapo, une somme de 7 242 euros correspondant au montant de la prime de transition énergétique accordée à M. A..., dès la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’agence nationale de l’habitat une somme de 1 500 euros, à verser à titre principal à M. A... et à titre subsidiaire à la SAS Drapo, sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- la directrice générale de l’agence nationale de l’habitat a méconnu les dispositions de l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l’administration en procédant au retrait d’une décision créatrice de droit plus de quatre mois après son édiction, d’autant plus que M. A... remplissait l’ensemble des conditions requises pour bénéficier de la subvention en litige ;
- la décision de retrait est insuffisamment motivée ;
- elle est constitutive d’une rupture d’égalité, et porte atteinte au principe de sécurité juridique, au droit à un recours effectif, ainsi qu’à la liberté d’accès aux droits sociaux ;
- elle est entachée d’erreur de droit, d’erreur de fait, et de détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2025, l’agence nationale de l’habitat conclut à ce qu’il n’y ait lieu de statuer sur la requête de M. A... et de la SAS Drapo.

Elle soutient que :
- la décision de retrait de la prime en litige date en réalité du 17 octobre 2022 et était devenue définitive à la date d’enregistrement de la requête ;
- en tout état de cause, la requête était d’ores et déjà sans objet au moment de son introduction dès lors que, par une décision du 18 novembre 2024, la directrice de l’agence nationale de l’habitat a fait droit au recours préalable présenté par M. A... et que, par une décision du 25 novembre 2024, elle lui a attribué le montant de 7 242,40 euros qu’il sollicitait.

Par un mémoire, enregistré le 7 août 2025, M. A... et la SAS Drapo doivent être regardés comme maintenant l’ensemble des conclusions de leur requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 11 décembre 2025 :
- le rapport de M. Briquet, président,
- et les conclusions de Mme Lambing, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A... et son mandataire, la SAS Drapo, demandent au tribunal d’annuler la décision implicite de rejet, née du silence gardé pendant deux mois par la directrice générale de l’agence nationale de l’habitat sur le recours préalable qu’ils avaient formé le 25 octobre 2024 à l’encontre de la décision du 29 février 2024, par laquelle ladite directrice avait procédé au retrait de la prime de transition énergétique accordée à M. A....

2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 18 novembre 2024, la directrice générale de l’agence nationale de l’habitat a, antérieurement à l’introduction de la requête et avant même que ne se soient écoulés deux mois depuis le recours préalable du 25 octobre 2024, accepté d’accorder à M. A... la prime en cause. Par ailleurs, par une décision du 25 novembre 2024, elle aussi antérieure à l’enregistrement de la requête, elle lui a attribué le montant de 7 242,40 euros qu’il sollicitait. Dans ces conditions, les conclusions de M. A... et de la SAS Drapo tendant à l’annulation pour excès de pouvoir de la décision implicite de rejet, née du silence gardé pendant deux mois par la directrice générale de l’agence nationale de l’habitat sur le recours préalable qu’ils avaient formé le 25 octobre 2024, étaient dès l’origine sans objet, un tel recours préalable n’ayant en lui-même pu faire naître aucune décision implicite de rejet. Elles doivent dès lors être rejetées pour irrecevabilité. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction présentées par M. A... et la SAS Drapo, ainsi que celles tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... et de la SAS Drapo est rejeté.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A..., à la SAS Drapo, et à l’agence nationale de l’habitat.


Délibéré après l’audience du 11 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Briquet, président,
M. Rifflard, conseiller,
Mme Dos Reis, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2026.


Le président-rapporteur,
Signé
B. BRIQUET
L’assesseur le plus ancien,
signé
R. RIFFLARD


La greffière,


Signé


A. DEFORGE

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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