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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2503867

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2503867

vendredi 28 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2503867
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui contestait le rejet implicite de sa demande de titre de séjour étudiant. Le juge a estimé que la requête était manifestement irrecevable car le requérant n’avait pas précisé le fondement juridique de sa demande (L. 521-1, L. 521-2 ou L. 521-3 du code de justice administrative). En application de l’article L. 522-3 du même code, la demande a été rejetée sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 novembre 2025, M. A... B... doit être regardé comme demandant au juge des référés de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de la Marne a rejeté sa demande de titre de séjour du 21 juillet 2025.

Il soutient que :
- la décision de rejet de son recours ne lui a pas été notifiée ;
- son avocat ne lui a pas transmis les documents nécessaires ;
- sa situation actuelle a évolué ;
- son avenir académique dépend d’un titre de séjour étudiant.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C... pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :


1. D’une part, aux termes des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes des dispositions de l’article L. 521-2 du même code : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». Aux termes des dispositions de l’article L. 521-3 du même code : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »


2. D’autre part, aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. » Aux termes des dispositions de l’article L. 511-1 du même code : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n’est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. » En outre, il résulte des dispositions de l’article R. 522-2 de ce code que le juge des référés n’est pas tenu d’adresser aux parties une invitation à régulariser leur requête avant d’en constater l’irrecevabilité.


3. Les demandes présentées devant le juge des référés statuant en urgence sont régies par les articles L. 521-1, L. 521-2 et L. 521-3 du code de justice administrative et sont instruites et jugées selon des règles différentes, suivant qu’elles s’appuient sur l’un ou l’autre de ces articles. Il appartient ainsi au requérant de préciser la procédure de référé sur le fondement de laquelle il présente sa requête sous peine d’irrecevabilité de la demande.


4. Par un courrier du 21 juillet 2025, M. B..., ressortissant marocain né le 2 janvier 2000, a sollicité du préfet de la Marne la délivrance d’un titre de séjour en qualité d’étudiant. En communiquant au tribunal cette demande, il peut être regardé comme contestant la décision implicite qui lui a été opposée. Le requérant, qui a coché la case « Référé » dans l’application Télérecours citoyen, ne précise pas les dispositions du code de justice administrative sur le fondement desquelles sa requête est présentée. Il suit de là que la requête de M. B... est manifestement irrecevable. Il lui appartient, s’il s’y croit fondé, à déposer une nouvelle requête en référé qui précise le fondement de sa demande, ainsi qu’une requête au fond s’il entend déposer une requête sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.


5. Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et, sans instruction ni audience, de rejeter la requête de M. B....


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Châlons-en-Champagne, le 28 novembre 2025.



Le juge des référés,





A. C...




La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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