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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2503977

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2503977

lundi 8 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2503977
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, statuant en référé, a été saisi par la commune d’Epernay sur le fondement de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation. La commune demandait la désignation d’un expert pour examiner un immeuble situé 9 rue de Reims, dont le plancher s’affaisse et présente un danger pour la sécurité publique et les occupants. Le juge a fait droit à cette demande en désignant un expert avec pour mission de constater l’état du bâtiment et d’évaluer la gravité du danger dans un délai de vingt-quatre heures. Cette décision s’appuie sur les dispositions précitées du code de la construction et de l’habitation ainsi que sur les articles R. 556-1 et R. 531-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2025, la commune d’Epernay (51) demande au juge des référés de nommer un expert en application des dispositions de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation aux fins d’examiner l’état de l’immeuble situé 9 rue de Reims, appartenant en copropriété à M. C... K..., à M. H... E..., à Mme F... I..., à M. G... D... et à M. A... L... et géré par le syndic de copropriété Cap’immo.

Le maire de la commune soutient que :
- des travaux ont été réalisés sur le plancher entre l’appartement du rez-de-chaussée et la cave consistant en la dépose d’une partie du plancher en bois et le remplacement de solives au niveau de la salle de bain ;
- le plancher de la pièce principale s’affaisse sous le poids des occupants ;
- la sécurité publique aux abords de l’immeuble est menacée et son accès est dangereux pour les occupants et les tiers.


Vu les pièces jointes à la requête.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative, et notamment son article R. 222-22 ;










Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation : « Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre ».
2. Aux termes de l’article R. 556-1 du code de justice administrative : « Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1. ». Et l’article R. 531-1 du même code dispose que : « S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. Il peut, à cet effet, désigner une personne figurant sur l'un des tableaux établis en application de l'article R. 221-9. Il peut, le cas échéant, désigner toute autre personne de son choix. / Avis en est donné immédiatement aux défendeurs éventuels. / Par dérogation aux dispositions des articles R. 832-2 et R. 832-3, le délai pour former tierce opposition est de quinze jours ».
3. Le maire de la commune d’Epernay fait valoir que l’immeuble présente un danger pour la sécurité publique. Par suite, il y a lieu de procéder à la désignation d’un expert.


O R D O N N E


Article 1er : M. J... B..., exerçant 6 porte Sainte-Croix à Châlons-en-Champagne (51) est désigné en qualité d’expert. Il aura pour mission, dans les conditions prévues à l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation :

1( de se rendre sur les lieux, examiner le bâtiment, dresser un constat de l’état des bâtiments mitoyens, dans les vingt-quatre heures suivant la notification de la présente ordonnance ;

2( de donner son avis sur l’état de l’immeuble et sur la gravité du danger qu’il présente ;


Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l’expert prêtera serment dans les formes prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L’expert avertira le maire de la commune et les propriétaires par tous moyens utiles des jours et heures de la visite de l’immeuble prévue à l’article 1er.


Article 5 : L’expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l’article R. 621-9 du code de justice administrative, avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique. Il déposera son rapport au greffe du tribunal sous forme électronique par le biais de la plateforme TransfertPro dans un délai de 10 jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune d’Epernay et à M. J... B..., expert.

Copie en sera adressée pour avis à M. C... K..., à M. H... E..., à Mme F... I..., à M. G... D..., à M. A... L... et au syndic de copropriété Cap’immo.


Fait à Châlons-en-Champagne, le 8 décembre 2025.




Le vice-président,



signé


A. DESCHAMPS




La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.




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