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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2504243

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2504243

mardi 6 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2504243
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMACAREZ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne a été saisi par M. B... pour contester un arrêté du préfet de la Marne du 23 décembre 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, assorti d’une interdiction de retour de douze mois, ainsi qu’une décision d’assignation à résidence. Le juge a constaté que, en raison de l’assignation à résidence, le recours devait être introduit dans un délai de sept jours francs conformément aux articles L. 614-2 et L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La requête ayant été enregistrée le 31 décembre 2025, soit au-delà du délai de sept jours suivant la notification des décisions intervenue le 23 décembre 2025, le recours est entaché d’une irrecevabilité manifeste. En application de l’article R. 922-17 du même code, le tribunal a rejeté la requête par ordonnance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 décembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Macarez, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler l’arrêté du 23 décembre 2025 par lequel le préfet de la Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;

3°) d’annuler l’arrêté du 23 décembre 2025 par lequel le préfet de la Marne a décidé de l’assigner à résidence dans la commune de Reims pour une durée de quarante-cinq jours, avec obligation de présentation chaque jour entre 8h et 9h au commissariat de police de Reims et interdiction de sortir de l’arrondissement de Reims sans autorisation ;

4°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir et, durant l’instruction, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros hors taxes à verser à Me Macarez au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser directement en cas de rejet de sa demande d’aide juridictionnelle.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Rifflard, conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le jugement est rendu, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / (…) Il peut, par ordonnance :
(…) 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ».

Par ailleurs, aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1 ». Aux termes de l'article L. 614-2 de ce code : « Par dérogation à l'article L. 614-1, lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ». Aux termes de l'article L. 721-5 de ce code : « La décision fixant le pays de renvoi peut être contestée selon la même procédure que la décision portant obligation de quitter le territoire français, l'interdiction de retour sur le territoire français, la décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre Etat ou l'interdiction de circulation sur le territoire français qu'elle vise à exécuter. / (…) La décision fixant le pays de renvoi peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle vise à exécuter. (…) ». Aux termes de l'article L. 732-8 de ce code : « La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1. / Elle peut être contestée dans le même recours que la décision d'éloignement qu'elle accompagne. (…) ». Aux termes de l'article L. 921-1 de ce code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. (…) ». Compte tenu de l'objectif de célérité du législateur dans le traitement contentieux des mesures d'éloignement des étrangers faisant l'objet d'une mesure d'assignation à résidence dans la perspective de cet éloignement, le délai de contestation de sept jours prévu à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être regardé comme un délai non-franc. Il commence à courir le lendemain du jour de la notification et expire le dernier jour du délai à minuit.

Enfin, aux termes de l’article R. 421-5 du code de justice administrative : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

Par sa requête, M. B... demande l’annulation des arrêtés du 23 décembre 2025 du préfet la Marne portant respectivement, d’une part, obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois, et, d’autre part, assignation à résidence dans la commune de Reims pour une durée de quarante-cinq jours, prise sur le fondement du 1° de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, avec obligation de présentation chaque jour entre 8h et 9h au commissariat de police de Reims et interdiction de sortir de l’arrondissement de Reims sans autorisation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ces deux arrêtés, qui comportent chacun la mention des voies et délais de recours prévus à l’article L. 921-1 précité, ont été notifiés à M. B... le 23 décembre 2025. Le délai de recours de sept jours commençait dès lors à courir le 24 décembre 2025 et se terminait à la fin de la journée du 30 décembre 2025, à minuit. La requête de M. B... n’a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne que le 31 décembre 2025, soit après l’expiration de ce délai de recours. Il en résulte que cette requête est tardive et dès lors entachée d’une irrecevabilité manifeste non susceptible d’être couverte en cours d’instance. Elle ne peut par suite qu’être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions de l’article R.922-17 précité.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Châlons-en-Champagne le 6 janvier 2026.


Le magistrat désigné,


Signé


R. RIFFLARD


La République mande et ordonne au préfet de la Marne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


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