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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2600486

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2600486

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2600486
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne, statuant en référé, rejette la demande de suspension des travaux de démolition de la mairie. Le juge estime que l'opération, bien qu'intervenant en période pré-électorale, ne constitue pas une campagne de promotion publicitaire des réalisations de la collectivité au sens de l'article L. 52-1 du code électoral. La requête est donc jugée manifestement mal fondée et rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 février 2026, M. B... A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de suspendre toute opération de démolition de la mairie jusqu’à l’issue du scrutin des élections municipales.

Il soutient que :
- la démolition du bâtiment de la mairie présente un caractère irréversible ;
- la démolition projetée intervient en pleine période électorale et est de nature à neutraliser par avance le débat électoral, et est ainsi susceptible de porter atteinte à la neutralité de l’action publique en période pré-électorale en méconnaissance de l’article L. 52-1 du code électoral ;
- aucune urgence impérieuse tenant à la sécurité des personnes ni aucun péril imminent ne sont invoqués.


La présidente du tribunal a désigné M. Deschamps, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

Aux termes de l’article L. 52-1 du code électoral : « Pendant les six mois précédant le premier jour du mois d'une élection et jusqu'à la date du tour de scrutin où celle-ci est acquise, l'utilisation à des fins de propagande électorale de tout procédé de publicité commerciale par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle est interdite. / A compter du premier jour du sixième mois précédant le mois au cours duquel il doit être procédé à des élections générales, aucune campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d'une collectivité ne peut être organisée sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin. Sans préjudice des dispositions du présent chapitre, cette interdiction ne s'applique pas à la présentation, par un candidat ou pour son compte, dans le cadre de l'organisation de sa campagne, du bilan de la gestion des mandats qu'il détient ou qu'il a détenus (…) ».

M. A... demande, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative citées au point 1, la suspension de l’exécution des opérations de démolition du bâtiment de la mairie de Châtillon-sur-Morin. Si le projet de construction d’un nouveau bâtiment pour la mairie a fait l’objet d’une pétition en février 2025 et d’une demande de consultation d’initiative populaire en juin 2025, ce qui dénote l’opposition d’une partie de la population à ce projet, la démolition du bâtiment actuel, alors même qu’elle intervient en période préélectorale, ne saurait être regardée, en l’état de linstruction, comme entrant dans le champ des dispositions de l’article L. 52 du code électoral citées au point précédent.

La requête de M. A... est ainsi manifestement mal fondée, et doit être rejetée par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Châlons-en-Champagne, le 16 février 2026.


Le juge des référés,


signé


A. DESCHAMPS


La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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