mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2002484 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP DELARUE VARELA MARRAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2020, M. C B, représenté par Me Varela Fernandes, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision en date du 30 juillet 2020 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a rejeté sa demande tendant à sa nomination en qualité de notaire dans un office à créer à la résidence d'Epinal ou de Paris ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- le garde des sceaux, ministre de la justice a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant qu'il ne remplissait pas les conditions énoncées à l'article 3 du décret du 5 juillet 1973 ; que les griefs qui lui sont reprochés par le garde des sceaux, ministre de la justice ne sont pas fondés et il ne peut ainsi être regardé comme s'étant rendu coupable de faits contraires à l'honneur et à la probité.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 ;
- le décret n° 73-609 du 5 juillet 1973 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- et les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, notaire assistant à la résidence d'Epinal, a demandé le 1er février 2019 sa nomination en qualité de notaire dans un office à créer à la résidence d'Epinal ou de Paris. Par décision du 30 juillet 2020, notifiée le 7 août 2020, le garde des sceaux, ministre de la justice a rejeté sa demande. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par décision du 23 septembre 2019, publiée au Journal officiel de la République française du 5 octobre 2019, délégation a été donnée à M. A F, chef du bureau de la gestion des officiers ministériels, à l'effet de signer, au nom du garde des sceaux, ministre de la justice, tous actes, arrêtés ou décisions, à l'exclusion des décrets, dans la limite des attributions de ce bureau. Il suit de là, dès lors que les décisions relatives aux nominations des officiers publics et ministériels entrent dans les attributions du bureau de la gestion des officiers ministériels, que le moyen tiré de ce que M. F n'était pas compétent pour signer la décision en litige doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 52 de la loi du 6 août 2015 : " I. - Les notaires () peuvent librement s'installer dans les zones où l'implantation d'offices apparaît utile pour renforcer la proximité ou l'offre de services. / Ces zones sont déterminées par une carte établie conjointement par les ministres de la justice et de l'économie, sur proposition de l'Autorité de la concurrence en application de l'article L. 462-4-1 du code de commerce. () / A cet effet, cette carte identifie les secteurs dans lesquels, pour renforcer la proximité ou l'offre de services, la création de nouveaux offices de notaire () apparaît utile. / () / II. Dans les zones mentionnées au I, lorsque le demandeur remplit les conditions de nationalité, d'aptitude, d'honorabilité, d'expérience et d'assurance requises pour être nommé en qualité de notaire (), le ministre de la justice le nomme titulaire de l'office de notaire () créé. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 49 du décret du 5 juillet 1973 relatif à la formation professionnelle dans le notariat et aux conditions d'accès aux fonctions de notaire, dans sa rédaction issue du décret du 20 mai 2016 relatif aux officiers publics et ministériels : " Peuvent demander leur nomination sur un office à créer les personnes qui remplissent les conditions générales d'aptitude aux fonctions de notaire ". Ces conditions générales sont énoncées à l'article 3 du même décret, aux termes duquel : " Nul ne peut être notaire s'il ne remplit les conditions suivantes : / () / 2° N'avoir pas été l'auteur de faits contraires à l'honneur et à la probité ; / () ". Il résulte de l'article 3 du décret du 5 juillet 1973 que nul ne peut être notaire s'il ne remplit pas, notamment, la condition de n'avoir pas été l'auteur de faits contraires à l'honneur et à la probité. Lorsqu'il vérifie le respect de cette condition, il appartient au ministre de la justice d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si l'intéressé a commis des faits contraires à l'honneur et à la probité qui sont, compte tenu notamment de leur nature, de leur gravité, de leur ancienneté ainsi que du comportement postérieur de l'intéressé, susceptibles de justifier légalement un refus de nomination.
4. Il ressort des termes de la décision en litige que, pour rejeter la demande de M. B, le garde des sceaux, ministre de la justice a estimé que l'intéressé était l'auteur de faits contraires à l'honneur et à la probité. Il a relevé à ce titre que des abus commis par M. B avaient été constatés lors d'une enquête de police diligentée à l'encontre d'un promoteur immobilier, M. D, dont les affaires lui avaient été confiées en 2015 et qu'ainsi, par le biais de son activité professionnelle, M. B s'était compromis en favorisant la commission de délits pour lesquels ce promoteur a été condamné par le tribunal correctionnel d'Epinal puis la cour d'appel de Nancy en janvier et décembre 2017.
5. S'il est constant que M. B n'a pas été condamné ni même poursuivi pénalement à raison des faits relevés par le garde des sceaux, ministre de la justice, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'alors qu'il était informé de l'utilisation par M. D d'un papier à en-tête de l'étude notariale dans le but de mettre en confiance sa cliente et de lui faire verser une somme de 22 500 euros, M. B, répondant le 18 novembre 2015 aux demandes d'explications de cette cliente, ne l'a pas informée, contrairement à ce qu'il soutient, de cette falsification, dès lors qu'il s'est borné à lui indiquer dans son courriel que l'attestation rédigée sur ce papier à en-tête devait s'analyser comme un dépôt de garantie et non pas comme un séquestre, et n'a pas davantage prévenu Me Guillaume, notaire titulaire de l'office. Il ressort également des pièces du dossier que le 8 décembre 2015, alors qu'il était informé des agissements frauduleux de M. D, M. B a adressé un courrier aux vendeurs du terrain sur lequel devait être construit la maison de la cliente de M. D, pour leur demander de lui fournir les pièces nécessaires à l'avancement du dossier. Il ressort également des termes de l'avis du 28 septembre 2017 du procureur de la République, et ainsi que l'a relevé le tribunal de grande instance d'Epinal dans son jugement du 18 janvier 2018, que M. B avait accepté, alors que M. D lui demandait de lui " arranger le coup ", de " temporiser ", tout en précisant cependant qu'il serait " obligé de dire [qu'il n'avait] pas les éléments ". L'ensemble de ces éléments caractérisent de la part de M. B une certaine complaisance vis-à-vis du comportement manifestement répréhensible de M. D, allant au-delà de la simple négligence. Si M. B soutient qu'il y aurait lieu de tenir compte du contexte d'hostilité manifestée par le procureur de la République et les instances professionnelles à l'égard de Me Guillaume et de lui-même, les circonstances alléguées sont sans incidence sur la matérialité des faits relevés par le garde des sceaux, ministre de la justice et sur leur appréciation au regard des conditions d'aptitude aux fonctions de notaire.
6. Le garde des sceaux, ministre de la justice a également relevé dans la décision en litige que M. B a été l'auteur de graves manquements durant son activité de notaire assistant au sein de l'office détenu par Me Guillaume et qu'un rapport d'administration de l'étude entre janvier et mai 2013 " a mis en évidence une gestion fautive des dossiers mais aussi des abus dans les relations avec les clients de l'étude ". Toutefois sur ce point, le ministre, qui n'a pas produit devant le tribunal le rapport d'administration invoqué, n'apporte aucune précision dans ses écritures sur les manquements visés. S'il ressort de l'avis du 28 septembre 2017 du procureur de la République près le tribunal de grande instance d'Epinal que Me Perot, administrateur de l'étude pendant quatre mois, a relevé dans son rapport que M. B " travaille dans un désordre complet ", qu'il " accepte volontiers que les clients l'appellent Maître " et qu'il " a commis quelques erreurs de fond dans les actes qu'il a préparé, sans en paraître affecté ", de tels griefs, au demeurant très imprécis, ne permettent pas de caractériser l'existence de faits contraires à l'honneur et à la probité au sens des dispositions précitées du 2° de l'article 3 du décret du 5 juillet 1973.
7. Toutefois, au regard des seuls motifs énoncés aux points 4 et 5 du présent jugement, le garde des sceaux, ministre de la justice a pu sans erreur de droit ni erreur d'appréciation considérer que M. B a été l'auteur de faits contraires à l'honneur et à la probité. Il résulte de l'instruction que le garde des sceaux, ministre de la justice aurait pris la même décision de refus de nomination de M. B en qualité de notaire dans un office à créer s'il ne s'était fondé que sur ces seuls motifs. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le président-rapporteur,
B. E
L'assesseure la plus ancienne,
G. Grandjean
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026