mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2100258 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | POLESE-PERSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 28 janvier 2021 et les 18 mars 2021 et 24 mars 2022, M. E A demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 12 octobre 2020 par lequel le maire de Champenoux ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par M. et Mme B en vue de la construction d'une piscine enterrée.
Il soutient que :
- il a un intérêt à agir compte tenu de l'ampleur du projet visible depuis sa propriété ;
- l'affichage de l'arrêté de non opposition était irrégulier ;
- le projet en litige portera une atteinte importante à sa tranquillité et son intimité et à celles des pétitionnaires, dès lors qu'il implique une surélévation du fonds voisin ne permettant pas la réalisation d'un mur ou d'une clôture séparative et entraînant l'écoulement irrégulier des eaux pluviales vers son propre terrain ; la proposition qu'il a faite à son voisin de participer au financement d'un mur de soutènement du projet n'a reçu aucune réponse favorable ;
- compte tenu du volume de la piscine projetée, le projet modifiera l'équilibre des flux hydriques du sous-sol aggravant, de même que toute fuite d'eau provenant d'une fissuration de ses parois ou de ses canalisations, le phénomène de gonflement-retrait argileux prégnant dans la commune et donc le risque de dommages sur les constructions voisines.
Par des mémoires en défense enregistrés les 1er mars et 9 juin 2021, M. et Mme B, représentés par Me Polèse-Person, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2022, la commune de Champenoux, représentée par Me Niango, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- les observations de M. A ;
- les observations de Me Stocco substituant Me Niango, représentant la commune de Champenoux,
- et les observations de Me Polèse-Person, représentant M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 12 octobre 2020, le maire de la commune de Champenoux a décidé de ne pas s'opposer à la déclaration préalable de travaux déposée par M. et Mme B en vue de la construction d'une piscine enterrée sur leur parcelle située 22 rue Lambanie. Le 10 décembre 2020, M. A, voisin de cette parcelle, a formé un recours gracieux contre cet arrêté que le maire a rejeté par un courrier en date du 11 décembre 2020. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la circonstance que l'arrêté par lequel le maire de Champenoux ne s'est pas opposé aux travaux déclarés par M. et Mme B ne comporterait pas les voies et délais de recours et aurait fait l'objet d'un affichage irrégulier est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, sont délivrées sous réserve des droits des tiers. Ainsi, il n'appartient pas à l'autorité administrative compétente de prendre en compte l'éventuelle perte de tranquillité ou la création de vues qui pourraient résulter de la construction projetée pour les propriétaires voisins. Par suite, les moyens soulevés par M. A tenant à ce que, en raison de son importance et de sa situation en surplomb de sa propriété, la piscine de ses voisins porte atteinte à sa tranquillité et leur intimité respective et ferait en outre obstacle à l'édification d'un muret de séparation d'une " hauteur raisonnable ", ne peuvent qu'être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
5. D'une part, le requérant fait valoir que le terrain d'assiette du projet en litige est exposé à un risque naturel prévisible de mouvements de terrain différentiels liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux et qu'ainsi le maire ne pouvait pas, sans erreur manifeste d'appréciation, autoriser le projet. S'il n'est pas contesté que le terrain est en zone d'aléa fort en ce qui concerne le retrait-gonflement d'argile, le requérant n'invoque toutefois aucune disposition réglementaire qui s'opposerait à la construction du projet et ne démontre pas, en se bornant à invoquer les dommages subis en raison de ce phénomène par une maison voisine, l'existence d'un risque au regard de la stabilité des sols induit ou subi par la construction d'une piscine, fût-elle de 24,5 m².
6. D'autre part, si M. A soutient que le risque de fuite d'eau des parois de cette piscine ou de ses conduites enterrées est un facteur d'aggravation du risque argileux, cette circonstance a trait à l'exécution des travaux et est, par suite, sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Champenoux, que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2020 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
8. D'une part, la présente instance ne comporte aucun dépens. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par la commune de Champenoux doivent, en tout état de cause, être rejetées.
9. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 1 000 euros chacun au titre des frais exposés par la commune de Champenoux et M. et Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Champenoux une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. A versera à M. et Mme B une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la commune de Champenoux et de M. et Mme B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les conclusions de la commune de Champenoux tendant à la condamnation de M. A aux entiers dépens de l'instance sont rejetés.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à la commune de Champenoux, à M. C B et à Mme D B.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026