mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | REMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 mai 2021 et le 17 mars 2022, M. A B, représenté par Me Remy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2021 par lequel le maire de la commune d'Avricourt a refusé de lui délivrer un permis de construire un bâtiment sur la parcelle cadastrée section ;
2°) de juger qu'en conséquence de cette annulation, et à défaut d'opposition valablement notifiée dans un délai de deux mois, le permis de construire sollicité fera l'objet d'un accord implicite ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Avricourt une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'avis émis par les services du préfet de Meurthe-et-Moselle le 29 janvier 2021 est erroné dès lors, d'une part, qu'il ne résulte pas des dispositions des articles A1 et A2 du plan local d'urbanisme qu'une distinction soit à faire entre les activités agricoles de type familial et celles exercées à titre professionnel, d'autre part, que son activité s'exerce dans le cadre d'une exploitation agricole professionnelle ; en outre, c'est à tort que le maire a relevé, à la suite des services du préfet, qu'il exerçait une activité de location de terrain ;
- le maire de la commune d'Avricourt a commis une erreur de fait et une erreur de droit en considérant que son activité ne pouvait être qualifiée d'agricole, que le bâtiment ne pouvait être regardé comme un bâtiment agricole, et qu'en conséquence, le projet ne respecterait pas l'article A2 du plan local d'urbanisme de la commune ;
- la construction projetée, destinée à mettre à l'abri du matériel agricole, est nécessaire à son exploitation agricole.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2021, la commune d'Avricourt, représentée par Me Tadic, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- les observations de Me Gravier, substituant Me Remy, représentant M. B,
- et les observations de Me Tadic, représentant la commune d'Avricourt.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 3 mars 2021, le maire de la commune d'Avricourt (Meurthe-et-Moselle) a refusé de délivrer à M. B un permis de construire un hangar agricole d'une surface totale de plancher de 882 mètres carrés et d'une réserve d'eau sur une parcelle de terrain cadastrée section située à Avricourt. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Aux termes de l'article R. 151-23 du même code : " Peuvent être autorisées, en zone A : / 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; () ".
3. Aux termes de l'article A1 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune d'Avricourt, sont interdites : " 1.1- Toutes les occupations et utilisations du sol à l'exception de celles énumérées à l'article A2 ". L'article A2 de ce règlement prévoit que sont soumises à des conditions particulières : " 2.1- Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole / () ". Pour vérifier que la construction ou l'installation projetée est nécessaire à cette exploitation, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la réalité de l'exploitation agricole, au sens de ces dispositions, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole d'une consistance suffisante.
4. Il est constant que le terrain d'assiette du projet de construction d'un hangar agricole envisagé par M. B est situé en zone A du plan local d'urbanisme de la commune d'Avricourt. Le requérant soutient que le bâtiment en litige est nécessaire à l'activité agricole d'élevage de quatre-vingt têtes de bovins qu'il allègue exercer.
5. En premier lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions des articles L. 331-1 et L. 722-1 du code rural et de la pêche maritime, non plus que de la réglementation fiscale en matière de TVA, qui ne sont pas au nombre de celles que peut prendre en compte l'autorité administrative lorsqu'elle se prononce sur l'octroi d'une autorisation délivrée en application de la législation sur l'urbanisme.
6. En second lieu, si M. B produit une attestation d'affiliation à la mutualité sociale agricole et la prise en compte au répertoire SIRENE d'une modification de la nature de son activité en 2018 qui est, depuis, enregistrée comme " cultures et élevages associés, bovins en pension ", il n'apporte aucune précision quant aux conditions réelles et concrètes d'exploitation de cette activité. Ainsi, ni les témoignages versés à l'instance qui se bornent à attester de la présence de bovins, sans d'ailleurs en préciser le nombre, sur les terres dont le requérant est propriétaire, ni les trois factures adressées par M. B le 7 décembre 2020 à des tiers pour des " bovins en pension " n'attestent d'une activité d'élevage de bovins effectivement exercée à Avricourt par M. B, distincte d'une mise en location de ses terrains. L'intéressé ne produit pas non plus d'élément précis sur les conditions de fonctionnement de l'exploitation d'élevage qu'il allègue exercer. Il ressort en revanche des pièces du dossier, d'une part, que ni les bâtiments existants ni le hangar à venir ne sont destinés à l'accueil de bovins, ainsi qu'il résulte du constat d'huissier réalisé le 11 février 2022 et des mentions du dossier de demande du permis de construire, d'autre part, que les deux ouvriers agricoles à temps partiel qu'il a successivement recrutés en 2019 et 2020, eu égard à leurs durée et temps de travail et aux accords nationaux de l'agriculture " culture de céréales, légumineuses et graines " dont ils relevaient, n'étaient pas affectés à l'activité d'élevage alléguée. Il est en outre constant que M. B ne réside pas sur place mais à Thaon-les-Vosges où il exerce son activité principale de pharmacien. Dans ces conditions, et nonobstant l'existence non contestée par le maire de cinq chevaux constituant un élevage familial, l'exercice effectif d'une activité agricole d'une consistance suffisante ne ressort pas des pièces du dossier. Par suite, le maire de la commune d'Avricourt a pu sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation, en se fondant notamment sur l'avis de la direction départementale des territoires de Meurthe-et-Moselle, estimer que M. B n'exerçait pas une activité agricole et refuser, pour ce seul motif, de lui délivrer le permis de construire litigieux.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 3 mars 2021 prise par le maire de la commune d'Avricourt doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Avricourt, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B la somme de 1 500 euros que demande la commune d'Avricourt au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune d'Avricourt une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Avricourt.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026