mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101441 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP DEMANGE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 mai, 27 octobre et 18 novembre 2021, M. A B et M. C B, représentés par Me Schindler, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du syndicat mixte Germain Guérard a refusé de rétablir l'alimentation en eau de la parcelle cadastrée section ZA n° 105 située rue de la Fromagerie à Autrecourt-sur-Aire ;
2°) d'enjoindre au syndicat mixte Germain Guérard de rétablir l'alimentation en eau de cette parcelle ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte Germain Guérard une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 octobre et 2 novembre 2021, le syndicat mixte Germain Guérard, représenté par Me Tadic, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- M. B avait déjà demandé au président du syndicat mixte Germain Guérard le rétablissement de l'alimentation en eau de la parcelle ; cette première demande a été explicitement rejetée par une décision du 23 mars 2018 devenue définitive ; le rejet implicite de la deuxième demande en date du 22 février 2021 tendant au même objet constitue une décision confirmative ne faisant pas grief et n'étant pas susceptible de recours pour excès de pouvoir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gottlieb,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tadic, représentant le syndicat mixte Germain Guérard.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B et M. C B sont propriétaires d'une parcelle de terrain nu cadastrée section ZA n° 105 située rue de la Fromagerie à Autrecourt-sur-Aire (Meuse). Par un courrier du 22 février 2021, ils ont demandé au président du syndicat mixte Germain Guérard le rétablissement de l'alimentation en eau de cette parcelle nécessitant la réalisation d'un branchement particulier permettant le raccordement au réseau public d'eau potable. Par la requête susvisée, les requérants demandent au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le président du syndicat mixte Germain Guérard a refusé de faire droit à cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 210-1 du code de l'environnement : " () chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d'accéder à l'eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous ". Aux termes de l'article L. 2224-7-1 du code général des collectivités territoriales : " Les communes sont compétentes en matière de distribution d'eau potable. Dans ce cadre, elles arrêtent un schéma de distribution d'eau potable déterminant les zones desservies par le réseau de distribution. () / Le schéma mentionné à l'alinéa précédent comprend notamment un descriptif détaillé des ouvrages de transport et de distribution d'eau potable () ".
3. Aux termes de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme : " Les bâtiments, locaux ou installations soumis aux dispositions des articles L. 421-1 à L. 421-4 ou L. 510-1, ne peuvent, nonobstant toutes clauses contractuelles contraires, être raccordés définitivement aux réseaux d'électricité, d'eau, de gaz ou de téléphone si leur construction ou leur transformation n'a pas été, selon le cas, autorisée ou agréée en vertu de ces dispositions ".
4. Il résulte des dispositions citées au point 2, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 30 décembre 2006 sur l'eau de laquelle elles sont issues, qu'il appartient aux communes ou aux établissements publics de coopération intercommunale compétents de délimiter, dans le respect du principe d'égalité devant le service public, les zones de desserte dans lesquelles ils sont tenus, tant qu'ils n'en ont pas modifié les délimitations, de faire droit aux demandes de réalisation de travaux de raccordement, dans un délai raisonnable, pour toutes les propriétés qui ont fait l'objet des autorisations et agréments visés à l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme. Ce délai doit s'apprécier au regard, notamment, du coût et de la difficulté technique des travaux d'extension du réseau de distribution d'eau potable et des modalités envisageables de financement des travaux. En dehors des zones de desserte ou en l'absence de délimitation par le schéma de telles zones, la collectivité apprécie la suite à donner aux demandes d'exécution de travaux de raccordement, dans le respect du principe d'égalité devant le service public, en fonction, notamment, de leur coût, de l'intérêt public et des conditions d'accès à d'autres sources d'alimentation en eau potable. Le juge de l'excès de pouvoir exerce alors, en cas de refus, un contrôle restreint à l'erreur manifeste d'appréciation.
5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section ZA n° 105 appartenant à MM. B, autrefois destinée au parcage de bovins, était raccordée au réseau d'eau potable du syndicat mixte Germain Guérard, afin de permettre aux animaux de s'abreuver. Le branchement au réseau d'eau, constitué de simples conduites en PVC avec raccords collés, s'est délité avec le temps et aucune consommation d'eau n'a été enregistrée après 2002, date de cessation de l'activité agricole de M. et Mme B. Le syndicat mixte Germain Guérard a fait procéder à l'enlèvement du branchement endommagé et l'alimentation en eau de la parcelle a été coupée.
6. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le syndicat mixte Germain Guérard se serait doté d'un schéma de distribution d'eau potable ni même que la parcelle des requérants serait située dans une zone de desserte en eau potable. Par conséquent, le syndicat mixte n'a pas l'obligation de réaliser les travaux de raccordement sollicités. Si MM. B se prévalent des dispositions de l'article 2 du règlement du service de l'eau du syndicat mixte qui prévoient que " le SMGG est tenu de fournir de l'eau à tout demandeur qui réunit les conditions définies par le présent règlement ", ces dispositions n'ont ni pour objet ni pour effet d'obliger le syndicat mixte à faire droit aux demandes de raccordement au réseau d'eau potable lorsque la parcelle n'est pas située dans une zone de desserte en eau potable. D'autre part, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, le syndicat mixte Germain Guérard a pu légalement procéder à l'enlèvement du branchement défectueux dont il n'est pas contesté qu'il n'avait pas été utilisé depuis 2002 et qui constituait un bras mort susceptible d'être à l'origine d'une dégradation de la qualité de l'eau distribuée, nonobstant la circonstance qu'aucune disposition du règlement du service des eaux ne permettrait au service gestionnaire de supprimer l'alimentation lorsque l'abonné ne procède à aucune consommation. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le raccordement de la parcelle des requérants au réseau d'eau potable nécessitera la réalisation d'un branchement d'une centaine de mètres pour un montant de 19 375,34 euros que les requérants ont refusé de prendre en charge. Les requérants ne précisent à aucun moment l'usage qu'ils entendent faire de l'eau sur cette parcelle de terrain nu rendant nécessaire la réalisation d'un nouveau branchement, alors qu'aucune consommation d'eau n'y a été enregistrée depuis 2002 et que le syndicat mixte Germain Guérard soutient sans être contesté que les requérants n'en feront qu'une faible utilisation. Dans ces conditions, eu égard au coût et à l'intérêt réduit de ces travaux, MM. B ne sont pas fondés à soutenir que la décision implicite rejetant leur demande tendant au rétablissement de l'alimentation en eau de leur parcelle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par MM. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat mixte Germain Guérard, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que MM. B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de MM. B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le syndicat mixte Germain Guérard et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de MM. B est rejetée.
Article 2 : MM. B verseront au syndicat mixte Germain Guérard une somme de 1 500 (mille cinq cents) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à M. C B et au syndicat mixte Germain Guérard.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Davesne, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
Le rapporteur,
R. Gottlieb Le président,
S. Davesne
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026