jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101542 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | GOUTALAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 22 mai 2021 et les 15 novembre et 12 décembre 2022, la société Côté Boulange, représentée par Me Goutaland, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 mars 2021 par laquelle l'inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a prononcé des injonctions sur le fondement des dispositions des articles L. 521-5 et L. 521-10 du code de la consommation ainsi que le courrier du 9 avril 2021 de la directrice départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations de la Meuse ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 19 mars 2021 est entachée d'incompétence de son auteur ;
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de présenter des observations écrites ou orales ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit quant à la portée de l'obligation d'affichage de la mention " décongelée " sur un produit ;
- la décision du 19 mars 2021 est entachée d'une erreur de fait quant à l'état de propreté de la boulangerie ;
- les décisions contestées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'aucun danger ou risque n'est caractérisé ;
- la décision du 19 mars 2021 est entachée d'un détournement de procédure.
Par des mémoires en défense enregistrés le 11 octobre 2022, le 22 novembre 2022 et le 5 janvier 2023, la préfète de la Meuse conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société Côté Boulange ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 janvier 2023.
Un mémoire a été produit le 24 janvier 2023 pour la société Côté Boulange et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la consommation,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Sousa Pereira, rapporteure publique,
- et les observations de Me Goutaland, avocate de la société Côté Boulange.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 mars 2021, les services de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations ont opéré un contrôle dans les locaux de la boulangerie à l'enseigne " Marie Blachère " située à Verdun. Par une décision du 19 mars 2021, l'inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a enjoint à la société Côté Boulange, propriétaire de la boulangerie, de nettoyer et désinfecter l'espace de vente et les locaux et de mettre en place un affichage plus clair sur l'état décongelé de certains produits. Le 2 avril 2021, la société requérante a adressé un courrier relatif à cette décision à la directrice départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP), qui lui a répondu par un courrier du 9 avril 2021. Par sa requête, elle demande au tribunal d'annuler les décisions des 19 mars et 9 avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 521-5 du code de la consommation : " Lorsque du fait d'un manquement à la réglementation prise pour l'application des dispositions du livre IV ou d'un règlement de l'Union européenne, les conditions de fonctionnement d'un établissement sont telles que les produits fabriqués, détenus ou mis sur le marché présentent ou sont susceptibles de présenter un danger pour la santé publique ou la sécurité des consommateurs, les agents habilités peuvent ordonner toutes mesures correctives, notamment le renforcement des autocontrôles, des actions de formation du personnel, la réalisation de travaux ou d'opérations de nettoyage. () ". Aux termes de l'article L. 521-10 du même code : " Lorsqu'il est constaté que tout ou partie des produits n'est pas conforme à la réglementation en vigueur, les agents habilités peuvent en ordonner la mise en conformité, aux frais de l'opérateur, dans un délai qu'ils fixent. () ".
3. En l'espèce, par un courrier du 9 mars 2021, l'inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a informé la société requérante de ce qu'elle était susceptible d'ordonner la mise en œuvre de mesures correctives en application des dispositions des articles L. 521-5 et L. 521-10 du code de la consommation et l'a invitée à présenter des observations, dans un délai de sept jours à compter de la réception de ce courrier. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ce courrier a été adressé à une employée de l'un des établissements de l'enseigne gérée par la société Côté Boulange, exploitant une boulangerie sous la marque " Marie Blachère " à Verdun. Or, dès lors que la société Côté Boulange, qui exploite plusieurs boulangeries sous cette enseigne, dispose de son siège social à Chateaurenard, il appartenait à l'inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes d'adresser ce courrier au siège social de ladite société. Si l'administration fait valoir en défense que l'établissement situé à Verdun dispose d'un numéro SIRET, cette circonstance n'est pas de nature à lui conférer une personnalité juridique distincte de celle de la société requérante. La préfète de la Meuse ne produit aucun élément de nature à établir la date à laquelle l'employée de la boulangerie aurait transmis au siège social de la société le courrier du 9 mars 2021. Dans ces conditions, la société Côté Boulange n'a pas pu présenter des observations écrites ou orales avant l'édiction de la décision contestée du 19 mars 2021, qui constitue une mesure de police, alors au demeurant que celle-ci disposait d'éléments utiles à faire valoir auprès de l'inspectrice, ainsi que cela ressort de son courrier du 22 mars suivant, envoyé dans le cadre de la procédure contradictoire. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que la méconnaissance du principe du contradictoire a entaché la décision attaquée d'un vice de procédure qui l'a privée d'une garantie.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la société Côté Boulange est fondée à demander l'annulation de la décision du 19 mars 2021 par laquelle l'inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a ordonné des mesures correctives sur le fondement des dispositions des articles L. 521-5 et L. 521-10 du code de la consommation, ainsi que, par voie de conséquence, celle du courrier du 9 avril 2021.
Sur les frais de l'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 1 500 euros à verser à la société Côté Boulange au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du 19 mars 2021 par laquelle l'inspectrice de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a ordonné des mesures correctives sur le fondement des dispositions des article L. 521-5 et L. 521-10 du code de la consommation ainsi que la décision du 9 avril 2021 sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à la société Côté Boulange une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Côté Boulange et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la préfète de la Meuse.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Di Candia, président,
- Mme Cabecas, première conseillère,
- Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 mars 2023.
La rapporteure,
L. ALe président,
O. Di Candia
La greffière,
L. BourgerLa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°210154
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026