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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2102879

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2102879

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2102879
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique (Chambre 1)
Avocat requérantBOURCHENIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 octobre 2021, 22 février 2022, 1er mars 2022 et 17 mars 2022, M. A D, représenté par Me Bourchenin demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée 48 SI du 19 juin 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul ainsi que les décisions de retrait de points mentionnées dans le relevé d'information intégral ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les trois points correspondant à l'infraction du 18 août 2020 dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 600 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision 48 SI prononçant l'invalidité de son permis de conduire ne lui a pas été régulièrement notifiée et sa requête est recevable ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- les décisions de retrait de points ne lui ont pas été notifiées et il n'a pas été destinataire de la lettre 48 M l'informant que son solde était passé sous le seuil des 6 points ce qui l'a privé de la possibilité de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;

- les informations préalables obligatoires prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été communiquées préalablement à la décision de retrait de point correspondant à l'infraction constatée le 18 août 2020.

Par des mémoires en défense enregistrés les 18 février, 24 février et 4 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est tardive ;

- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Kohler, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour exercer les fonctions de rapporteure publique, en application des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision référencée 48 SI du 19 juin 2021, le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité du permis de conduire de M. D pour solde de points nul. M. D demande l'annulation de cette décision ainsi que l'annulation des décisions de retrait de points mentionnées dans le relevé d'information intégral qui lui a été communiqué le 24 septembre 2021.

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".

3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. Lorsque la notification a été faite par lettre recommandée avec accusé de réception, cette preuve doit être regardée comme apportée lorsqu'il est établi que la lettre a été régulièrement présentée au domicile du destinataire. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli contenant la décision, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposé par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été rendu destinataire d'une décision référencée 48 SI prononçant l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul en juin 2021. Il ressort des pièces produites, en particulier de l'avis de réception postal, que ce pli a été présenté au domicile de l'intéressé le 19 juin 2021 et que M. D a, à cette date, été avisé, par le dépôt à son domicile d'un avis de passage, de la mise en instance du pli recommandé au bureau de poste pendant le délai réglementaire avant le renvoi de celui-ci à l'administration. Le pli a ensuite été retourné à l'expéditeur avec la mention du motif de non-distribution " avisé, non réclamé ". Si M. D soutient que ce pli aurait été présenté à une adresse à laquelle il ne résidait plus, il ressort de l'avis de réception postal produit en défense qu'un autocollant a été apposé sur l'ancienne adresse de l'intéressé par les services postaux, indiquant que M. D avait organisé le suivi de son courrier du 9 février 2021 au 31 août 2021, à l'adresse à laquelle il indique être aujourd'hui domicilié. Dans ces conditions, alors même qu'aucune mention expresse ne fait état du dépôt d'un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste, et quand bien même l'avis de réception postal produit par l'administration, qui ne se confond pas avec l'avis de passage laissé au domicile du destinataire du pli, ne mentionnerait pas les dates et heures à compter desquelles le pli pouvait être réclamé, ni le nom et l'adresse du bureau de poste auquel il pouvait l'être, la décision 48 SI attaquée doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée le 19 juin 2021. Par suite, la requête, qui n'a été enregistrée que le 5 octobre 2021, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux, est tardive et doit, en conséquence, être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présent jugement sera notifié à M. A D et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

La magistrate désignée,

J. C

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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