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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2103244

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2103244

mardi 19 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2103244
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantSEBAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 novembre 2021 et des mémoires complémentaires enregistrés les 22 mars, 22 novembre et 21 décembre 2022, Mme B A, dans le dernier état de ses écritures, conteste la décision par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) n'a que partiellement fait droit à son recours administratif formé contre la décision lui notifiant un montant de subvention " MaPrimeRénov' " inférieur à celui qui lui avait été accordé par décision du 17 mai 2021 et demande que lui soit versée la somme de 4 000 euros lui restant due.

Elle soutient que :

- sa demande concerne l'installation d'un chauffe-eau solaire ainsi que de panneaux solaires ;

- la facture mentionne la pompe à chaleur parce qu'elle devait être conforme à ce qu'elle a acheté et fait poser à l'entreprise ayant réalisé les travaux ;

- elle se trouve en situation de surendettement en raison du refus de l'ANAH de lui verser la totalité de la prime prévue.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2023, la directrice générale de l'ANAH conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte aucun exposé des faits et moyens, pas plus que l'énoncé des conclusions soumises au juge ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par un courrier du 19 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que, en raison des décisions de la directrice générale de l'ANAH des 22 novembre 2022 et 4 janvier 2023 portant à 5 000 euros le montant de la prime de transition énergétique accordée à Mme A, le tribunal était susceptible de prononcer un non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête en tant qu'elles portent sur une somme supérieure à 3 000 euros.

Des observations en réponse à cette information ont été enregistrées pour Mme A le 19 septembre 2023 et ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;

- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Coudert,

- et les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a demandé le 25 février 2021 à l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) à bénéficier de la prime de transition énergétique pour procéder à des travaux tendant à l'installation d'un chauffe-eau solaire individuel et d'un panneau solaire hybride. Par courrier du 17 mai 2021, la directrice générale de l'ANAH l'a informée qu'au vu du projet présenté, une prime estimée à 8 000 euros lui serait versée. Toutefois, à la suite d'un contrôle sur place réalisé le 15 juillet 2021, la directrice générale de l'ANAH a, le 30 juillet 2021, notifié à l'intéressée une décision de paiement d'une subvention d'un montant de 2 000 euros, inférieur au montant prévu. Mme A a formé le 24 septembre 2021 un recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 30 juillet 2021 puis, à la suite du rejet implicite de ce recours administratif, a saisi le tribunal administratif de la présente requête. Toutefois, par décision du 22 novembre 2022, la directrice générale de l'ANAH a partiellement fait droit au recours administratif de la requérante en portant à 4 000 euros le montant de la subvention accordée à l'intéressée. Dans le dernier état de ses écritures, Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation de cette décision en tant qu'elle rejette le surplus de son recours administratif et à ce qu'il soit enjoint à l'ANAH de lui verser la somme de 4 000 euros lui restant due.

Sur l'étendue du litige :

2. Il ressort des pièces du dossier que, par décision du 4 janvier 2023, la directrice générale de l'ANAH a porté à 5 000 euros le montant de la prime de transition énergétique allouée à Mme A à raison des travaux en litige. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation de la décision portant rejet partiel du recours administratif et aux fins d'injonction en tant qu'elles portent sur un montant excédant la somme de 3 000 euros.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Aux termes de l'article 3 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " I. - Le montant de la prime est fixé forfaitairement par type de dépense éligible, en fonction des ressources du demandeur. () / Le montant de la prime dépend également des caractéristiques des dépenses éligibles et de l'application des dispositions prévues au II et aux IV à VI du présent article. / () V. Le montant total des aides publiques et privées hors aides, ristournes, remises, rabais ou contreparties mentionnées au II, ne peut être supérieur au montant total d'une même dépense éligible. Le respect du présent VI s'apprécie lors de l'engagement de la prime et lors de sa liquidation. / () ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 14 janvier 2020 : " L'Agence nationale de l'habitat, après vérification des pièces produites à la demande de paiement, liquide le montant du solde à payer au regard des dépenses effectivement supportées par le bénéficiaire. L'Agence nationale de l'habitat établit au profit du bénéficiaire ou du mandataire, en tenant compte des règles d'écrêtement prévues aux V et VI de l'article 3 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 précité, un ordre de paiement à transmettre à l'agent comptable de l'agence, déduction faite, le cas échéant, de l'avance déjà versée. Le montant liquidé ne peut être supérieur au montant engagé, le cas échéant après prise en compte des éventuels engagements rectificatifs () ".

4. Il résulte des dispositions précitées que la somme de 8 000 euros mentionnée dans le courrier du 17 mai 2021 dont Mme A a été destinataire n'était qu'une estimation du montant de la subvention dont l'intéressée pouvait bénéficier à raison des travaux qu'elle entendait effectuer. Ainsi que ce courrier le précisait expressément, le montant définitif de la subvention ne devait être déterminé par l'ANAH qu'au vu des justificatifs joints à la demande de paiement effectuée à la suite de la réalisation des travaux. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le montant de la subvention a été réduit en raison de la prise en compte dans la facture d'une pompe à chaleur air/air qui n'était pas éligible au dispositif " MaPrimeRenov' ". Mme A, qui se borne à indiquer qu'il était nécessaire que cette pompe à chaleur soit mentionnée sur la facture de l'entreprise ayant réalisé les travaux, ne conteste utilement, ni le fait que l'équipement en cause n'était pas au nombre des dépenses éligibles fixées par les dispositions réglementaires applicables, ni le calcul du montant de la subvention qui devait lui être allouée au titre de l'installation d'un chauffe-eau solaire et de panneaux solaires hybrides tel qu'il a été déterminé par la directrice générale de l'ANAH à la suite de ses décisions des 22 novembre 2022 et 4 janvier 2023.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que le surplus des conclusions de la requête de Mme A doit être rejeté.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation de la décision portant rejet partiel du recours administratif et aux fins d'injonction en tant qu'elles portent sur un montant excédant la somme de 3 000 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience publique du 28 novembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Milin-Rance, première conseillère,

Mme Grandjean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.

Le président-rapporteur,

B. CoudertL'assesseure la plus ancienne,

F. Milin-Rance

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2103244

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