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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2103481

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2103481

jeudi 25 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2103481
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantSCP JEAN-PIERRE JOSEPH - MARIE MANDROYAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 29 novembre 2021 et le 16 juin 2022, M. A B, représenté par Me Joseph, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 octobre 2021 par laquelle le directeur du carrefour d'accompagnement public social (CAPS) l'a suspendu de ses fonctions sans traitement, jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination ;

2°) de mettre à la charge du directeur du carrefour d'accompagnement social la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard, dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- la décision litigieuse du 4 octobre 2021 constitue une sanction irrégulière dès lors qu'il n'a pas bénéficié des garanties de la procédure disciplinaire ni de la procédure contradictoire en méconnaissance de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;

- la décision litigieuse est entachée d'illégalité en raison de l'absence de décret d'application précisant les différents schémas vaccinaux à la date de la décision attaquée ;

- la décision litigieuse est entachée d'une erreur de fait et de droit en raison de l'impossibilité matérielle de se faire vacciner, compte-tenu de ce que les produits proposés ne sont pas des vaccins mais des " médicaments géniques en essai clinique " ;

- l'obligation vaccinale porte atteinte au consentement libre et éclairé du patient

- la décision méconnaît l'article 7 du pacte international relatif aux droits civils et politiques ;

- elle méconnaît les articles 5 et 13 de la Convention d'Oviedo du 4 avril 1997 ;

- elle méconnaît les articles 3 et 6 de la Déclaration universelle sur la bioéthique du 19 octobre 2005 ;

- elle méconnaît la Déclaration d'Helsinki de l'association médicale mondiale de 1964 ;

- elle méconnaît la directive 2001/20/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001 concernant le rapprochement des dispositions législatives, réglementaires et administratives des Etats membres relatives à l'application de bonnes pratiques cliniques dans la conduite d'essais cliniques de médicaments à usage humain ;

- elle méconnaît le règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021 relatif à un cadre pour la délivrance, la vérification et l'acceptation de certificats COVID-19 interopérables de vaccination ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît la résolution n°2361 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe adoptée le 27 janvier 2021 ;

- elle méconnaît le principe constitutionnel de dignité de la personne humaine ;

- elle méconnaît les articles 16 et 16-3 du code civil ;

- elle méconnaît les articles L. 1111-2, L. 1111-4, L. 1121-1, L. 1121-2, L. 1126-1, L. 1121-5, L. 1121-7, R. 4127-2 et R. 4127-42 du code de la santé publique, et les articles 35 et 36 du code de déontologie des médecins.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 juin 2022, le Carrefour d'accompagnement public social conclut au rejet de la requête dans toutes ses conclusions.

Il fait valoir que la suspension des fonctions de M. B était conforme aux dispositions de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Convention d'Oviedo du 4 avril 1997 ;

- le Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 ;

- la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l'homme du 19 octobre 2005 ;

- la déclaration d'Helsinki de l'association médicale mondiale de 1964 ;

- la directive 200120/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 avril 2001 ;

- le règlement 2021/953 du Parlement européen et du Conseil du 14 juin 2021 ;

- la résolution n°2361 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe du 27 janvier 2021 ;

- le code de la santé publique ;

- le code civil ;

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 ;

- le décret n°2021-1059 du 7 août 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Marti, président-rapporteur ;

- et les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique ;

Considérant ce qui suit :

1. M. B, aide médico-psychologique titulaire au sein du carrefour d'accompagnement public social (CAPS), a été suspendu de ses fonctions sans traitement à compter du 5 octobre 2021 jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination par une décision du 4 octobre 2021. Le 4 mai 2022, M. B a produit au CAPS un certificat de rétablissement suite à sa contamination par le virus de la covid-19. Par une décision du 6 mai 2022, la directrice du pôle ressources humaines du CAPS lui a fait savoir qu'elle procédait à sa réintégration dans ses fonctions à compter du 9 mai 2022, et ce, pour une durée de quatre mois. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 4 octobre 2021 l'ayant suspendu de ses fonctions et le versement de sa rémunération intégrale, y compris de manière rétroactive.

Sur les conclusions d'annulation :

2. Aux termes de l'article 12 de la loi susvisée du 5 août 2021 : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique () ". Aux termes de l'article 13 de cette même loi : " I. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : / 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12 () ". Enfin, l'article 14 de cette loi précise : " B. - A compter du 15 septembre 2021, les personnes mentionnées au I de l'article 12 ne peuvent plus exercer leur activité si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent B, à compter du 15 septembre 2021 et jusqu'au 15 octobre 2021 inclus, sont autorisées à exercer leur activité les personnes mentionnées au I de l'article 12 qui, dans le cadre d'un schéma vaccinal comprenant plusieurs doses, justifient de l'administration d'au moins une des doses requises par le décret mentionné au II du même article 12, sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 prévu par le même décret. / () / III. - Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. / La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit () ".

3. L'article 12 de la loi du 5 août 2021 a défini le champ de l'obligation de vaccination contre la covid-19 en retenant, notamment, un critère géographique pour y inclure les personnes exerçant leur activité dans un certain nombre d'établissements, principalement les établissements de santé et des établissements sociaux et médico-sociaux, ainsi qu'un critère professionnel pour y inclure les professionnels de santé. Le législateur a ainsi entendu à la fois protéger les personnes accueillies par ces établissements qui présentent une vulnérabilité particulière au virus de la covid-19 et éviter la propagation du virus par les professionnels de la santé dans l'exercice de leur activité qui, par nature, peut les conduire à soigner des personnes vulnérables ou ayant de telles personnes dans leur entourage.

4. En premier lieu, à l'appui de ses conclusions, M. B fait valoir que la décision du 4 octobre 2021 par laquelle le directeur du CAPS l'a suspendu de ses fonctions sans traitement, jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination constitue une sanction et il n'a pas bénéficié des garanties de la procédure disciplinaire ni de la procédure contradictoire en méconnaissance de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, en application du B de l'article 14 de la loi du 5 août 2021, à compter du 15 septembre 2021, les personnes exerçant leur activité en particulier dans les établissements de santé ne peuvent plus exercer leur activité : " si elles n'ont pas présenté les documents mentionnés au I de l'article 13 ou, à défaut, le justificatif de l'administration des doses de vaccins requises par le décret mentionné au II de l'article 12 ". Par suite, lorsque l'autorité administrative suspend les fonctions d'un agent public qui ne satisfait pas à cette obligation et interrompt, en conséquence, le versement de son traitement, elle ne prononce pas une sanction mais se borne à constater que l'agent ne remplit plus les conditions légales pour exercer son activité. Au surplus, si le requérant invoque le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 30 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983, ce moyen est également inopérant dès lors que la mesure de suspension et d'interruption du traitement en litige n'a pas été prise sur le fondement de ce texte mais sur celui des articles 12 et 13 de la loi susvisée du 5 août 2021. Dès lors, les moyens ainsi soulevés par le requérant sont inopérants et doivent être écartés.

5. En deuxième lieu, aux termes du II de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 susvisée : " Un décret, pris après avis de la Haute Autorité de santé, détermine les conditions de vaccination contre la covid-19 des personnes mentionnées au I du présent article. Il précise les différents schémas vaccinaux et, pour chacun d'entre eux, le nombre de doses requises. Ce décret fixe les éléments permettant d'établir un certificat de statut vaccinal pour les personnes mentionnées au même I et les modalités de présentation de ce certificat sous une forme ne permettant d'identifier que la nature de celui-ci et la satisfaction aux critères requis. Il détermine également les éléments permettant d'établir le résultat d'un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19 et le certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19 ". M. B soutient que les dispositions de la loi du 5 août 2021 n'ont pas pu entrer en vigueur, faute d'avis de la Haute autorité de santé postérieur à ces dispositions et par voie de conséquence de décret comportant les précisions nécessaires pour leur application. Toutefois, d'une part, le principe de l'obligation vaccinale résulte uniquement de la loi du 5 août 2021, dont l'article 12 a institué une obligation de vaccination contre la covid-19 pour les professionnels au contact direct des personnes les plus vulnérables dans l'exercice de leur activité professionnelle ainsi qu'à celles qui travaillent au sein des mêmes locaux, obligation qui s'impose, en particulier, aux professionnels médicaux et paramédicaux exerçant en établissement ou en libéral. L'application de ces dispositions n'étant pas manifestement impossible en l'absence de décret d'application, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'elles n'étaient pas en vigueur à la date de la décision contestée. D'autre part, le directeur général de la santé a saisi la Haute Autorité de santé le 4 août 2021 sur les dispositions d'application de la loi relative à la gestion de la crise sanitaire. Il a joint à cette saisine des extraits du projet de décret relatifs à la vaccination obligatoire. La Haute Autorité de santé a émis un avis le 6 août 2021. Si cet avis n'évoque pas spécifiquement les dispositions sur la vaccination obligatoire, il vise la saisine du 4 août 2021 du directeur général de la santé. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que les dispositions du décret n° 2021-1059 du 7 août 2021 n'auraient pas été prises après avis de la Haute Autorité de santé conformément au II de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 doit être écarté.

6. En troisième lieu, il est constant que, contrairement à ce que soutient M. B, les vaccins contre la covid-19 utilisés en France ont fait l'objet d'une autorisation de mise sur le marché par l'Agence européenne du médicament, laquelle procède à un contrôle strict des vaccins afin de garantir que ces derniers répondent aux normes européennes en matière de sécurité, d'efficacité et de qualité, et soient fabriqués et contrôlés dans des installations agréées et certifiées. Par suite, le moyen tiré de ce que l'absence de produit relevant de la définition du vaccin et disposant d'une autorisation de mise sur le marché dans les conditions prévues à l'article 2-2 du décret du 1er juin 2021 ne peuvent, en tout état de cause, qu'être écartés.

7. En quatrième lieu, si l'autorisation de mise sur le marché délivrée à ces vaccins est conditionnelle, il ne s'ensuit pas pour autant que la vaccination obligatoire aurait le caractère d'une expérimentation médicale ou d'un essai clinique, lesquels au surplus obéissent à d'autres fins. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les principes de consentement auxquels sont subordonnés de tels expérimentations et essais, notamment ceux de la convention sur les droits de l'homme et la biomédecine signée à Oviedo le 4 avril 1997, de la directive européenne n°2001/20/CE du 4 avril 2001, du règlement (UE) 2021/953 du Parlement européen et du conseil du 14 juin 2021, du pacte international relatif aux droits civils et politiques, de la Déclaration universelle sur la bioéthique du 19 octobre 2005, ou de la déclaration d'Helsinki de l'association médicale mondiale, doit être écarté. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions du code civil et du code de la santé publique relatives au consentement en matière de recherche médicale et d'essais cliniques ne peut qu'être écarté.

8. En cinquième lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision attaquée méconnaît la résolution n°2361 adoptée le 27 janvier 2021 par l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe dès lors que cette résolution n'a pas de valeur contraignante.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Le droit à l'intégrité physique fait partie du droit au respect de la vie privée au sens des stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, telles que la Cour européenne des droits de l'homme les interprète. Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l'article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l'objectif poursuivi. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d'une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d'autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d'une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l'efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu'il peut présenter.

11. En dernier lieu, si le requérant invoque le moyen tiré de la méconnaissance de la " sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme d'asservissement et de dégradation " fondée sur le premier alinéa du préambule de la Constitution de 1946, il conteste ainsi la constitutionnalité de la loi du 5 août 2021. Un tel moyen étant inopérant en dehors d'une question prioritaire de constitutionnalité, il ne peut, par suite, qu'être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 4 octobre 2021 par laquelle le directeur du carrefour d'accompagnement public social a suspendu M. B de ses fonctions sans traitement, jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle pas de mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais du litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du carrefour d'accompagnement public social qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au carrefour d'accompagnement public social.

Délibéré après l'audience du 7 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Marti, président,

M. Boulangé, premier conseiller,

Mme Marini, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 août 2022.

Le président-rapporteur,

D. Marti

L'assesseur le plus ancien,

P. Boulangé

Le greffier,

F. Richard

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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