jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2200220 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | JEANNOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistré les 22 janvier et 14 octobre 2022, M. C A, représenté par Me Jeannot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 août 2021 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé d'instruire sa demande de titre de séjour et la décision par laquelle il a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle d'instruire sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros ;
3°) de mettre à la charge du préfet de Meurthe-et-Moselle les entiers dépens ainsi que la somme de 1 800 euros à verser à son avocate, Me Jeannot, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Jeannot s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la décision refusant d'instruire sa demande est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en droit ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la circonstance qu'il ait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français n'est pas de nature à justifier le refus d'instruction opposé ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour ;
- la décision refusant de lui délivrer un récépissé a méconnu les dispositions des articles R. 311-4 et R. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son dossier était complet ;
- il n'appartient pas à l'autorité administrative de procéder à un examen de la régularité des actes d'état civil au stade de la délivrance du récépissé.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête a perdu son objet dès lors que la décision contestée a été abrogée.
Un mémoire a été présenté, le 15 décembre 2022, pour M. A et n'a pas été communiqué.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 novembre 2021 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 19 mars 1984, est entré en France le 1er novembre 2015, sous couvert d'un visa court séjour. Le 27 juillet 2021, il a présenté une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français et a été convoqué par les services de la préfecture le 11 août 2021. Par une décision du même jour, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé d'instruire sa demande de titre de séjour. M. A demande l'annulation de cette décision ainsi que de celle par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. D'une part, s'il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 11 octobre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a abrogé sa décision du 11 août 2021 portant refus d'instruction de la demande de titre de séjour de M. A, cette décision a reçu exécution et a fait obstacle à ce que les services préfectoraux instruisent la demande de titre de séjour de l'intéressé. Le préfet n'est donc pas fondé à soutenir que la présente requête aurait perdu son objet.
4. D'autre part, en refusant d'instruire la demande de M. A, le préfet de Meurthe-et-Moselle a implicitement rejeté par conséquent de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. Cette décision n'ayant été ni retirée ni abrogée, il y a toujours lieu de statuer sur les conclusions tendant à son annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 431-1, ainsi qu'au relevé d'images numérisées de sa photographie et, sauf impossibilité physique, des empreintes digitales de ses dix doigts aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 142-11 ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. () ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. Le simple fait que l'étranger ait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire ne suffit pas à le caractériser.
7. Pour refuser d'instruire sa demande de titre de séjour, le préfet de Meurthe-et-Moselle s'est fondé sur la circonstance que le requérant avait fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français le 26 novembre 2019. En lui opposant ce motif, sans faire valoir que sa demande présentait un caractère abusif ou dilatoire ou que son dossier était incomplet, le préfet a entaché sa décision d'une erreur de droit.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. () ".
9. Dès lors que le préfet de Meurthe-et-Moselle ne conteste pas que le dossier de M. A était complet, il ne pouvait lui refuser la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour sans méconnaître les dispositions précitées de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 11 août 2021 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé d'instruire sa demande de titre de séjour ainsi que la décision par laquelle il a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
11. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 11 octobre 2022, le préfet a enregistré la demande de titre de séjour de M. A et qu'il lui a délivré un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler le 20 décembre 2022. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte du requérant tendant à ces fins ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
12. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Jeannot, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Jeannot de la somme de 1 200 euros.
13. La présente instance n'ayant toutefois donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté du 11 août 2021 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé d'instruire la demande de titre de séjour de M. A ainsi que la décision par laquelle il a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour sont annulés.
Article 2 : L'Etat versera à Me Jeannot, avocate de M. A, une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Jeannot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Jeannot et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Di Candia, président,
- Mme Cabecas, première conseillère,
- Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 mars 2023.
La rapporteure,
L. BLe président,
O. Di Candia
La greffière
L. BourgerLa République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026