jeudi 25 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2200349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP DESCHAMPS-FAIVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 février et 29 juin 2022, Mme C B, représentée par Me Faivre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 7 décembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy l'a suspendu de ses fonctions à compter du 15 octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre au directeur du CHRU de Nancy, de la rétablir dans ses droits, de lui verser sa rémunération à compter du 15 octobre 2021, de prendre en compte la période de suspension comme une période de travail effectif au titre des droits à congés payés, de l'ancienneté et de son avancement ;
3°) de mettre à la charge du CHRU de Nancy la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision de suspension ;
- la décision contestée n'est pas suffisamment motivée ;
- le CHRU s'est cru, à tort, en situation de compétence liée ;
- les effets de la décision de suspension sont reportées à la fin de l'arrêt maladie ;
- la décision se fonde sur une loi illégale dès lors qu'elle a été promulguée sans consultation préalable du conseil commun de la fonction publique ;
- la décision méconnait l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dès lors qu'en raison de son congé maladie elle n'était pas soumise à l'obligation vaccinale ;
- la décision contestée est illégale compte tenu de la discrimination à raison de l'état de santé qu'elle constitue ;
- elle génère une rupture d'égalité ;
- la décision contestée constitue une sanction disciplinaire déguisée qui devait respectait les garanties procédurales ;
- la décision a des conséquences manifestement excessives sur son état de santé.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juin 2022, le CHRU de Nancy, représenté par Me Marrion, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 200 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- l'arrêté du 4 août 2014 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Faivre, représentant Mme B et de Me Marrion, représentant le CHRU de Nancy.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est diététicienne au CHRU de Nancy et a été placée en congé maladie à compter du 20 août 2021. Par une décision du 7 décembre 2021, dont la requérante demande l'annulation, le directeur du CHRU de Nancy l'a informée de sa décision de la suspendre de ses fonctions à compter du 15 octobre 2021 en raison de la non satisfaction à l'obligation vaccinale contre la covid-19. Par une ordonnance du 8 février 2022 du juge des référés du présent tribunal, la demande de suspension de l'exécution de la décision contestée a été rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité à droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42 ".
3. D'autre part, aux termes du I de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : ()k) Les établissements et services sociaux et médico-sociaux mentionnés aux 2°, 3°, 5°, 6°, 7°, 9° et 12° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'exception des travailleurs handicapés accompagnés dans le cadre d'un contrat de soutien et d'aide par le travail mentionné au dernier alinéa de l'article L. 311-4 du même code ; () ". Aux termes de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et de la famille : " I.-Sont des établissements et services sociaux et médico-sociaux, au sens du présent code, les établissements et les services, dotés ou non d'une personnalité morale propre, énumérés ci-après : () 6° Les établissements et les services qui accueillent des personnes âgées ou qui leur apportent à domicile une assistance dans les actes quotidiens de la vie, des prestations de soins ou une aide à l'insertion sociale ; () ". Et aux termes du III de l'article 14 de la loi du 5 août 2021 : " Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit () ".
4. Il résulte de ces dispositions que si le directeur d'un établissement de santé public peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est déjà en congé de maladie, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé de maladie de l'agent en question.
5. Il ressort des pièces du dossier que par une décision en date du 7 décembre 2021, le directeur du CHRU de Nancy a prononcé la suspension de fonctions de Mme B à compter du 15 octobre 2021. Toutefois, il est constant qu'à cette date, Mme B était placée en congé maladie ordinaire depuis le 20 août 2021. Par suite, la décision de suspension du 7 décembre 2021 qui visait Mme B, ne pouvait être d'effet immédiat et devait voir son entrée en vigueur différée au terme du congé maladie. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que la décision contestée est entachée d'une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision en date du 7 décembre 2021 du directeur du CHRU de Nancy doit être annulée en tant qu'elle prend effet avant l'expiration du congé maladie de Mme B.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
7. Le présent jugement, qui annule la décision en date du 7 décembre 2021 du directeur du CHRU de Nancy en tant qu'elle suspend Mme B de ses fonctions et qu'elle suspend le versement de ses traitements avant l'expiration de son congé maladie, implique nécessairement que l'administration prenne une nouvelle décision. Il y a donc lieu d'enjoindre à l'administration de prendre une nouvelle décision rétablissant l'intéressée dans ses droits, y compris à rémunération, pour la période comprise entre le 15 octobre 2021 et la fin de son congé maladie, dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement sans qu'il soit besoin de prononcer une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
8. Il y a lieu de mettre à la charge du CHRU de Nancy une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B, la somme demandée par le CHRU de Nancy au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur du CHRU de Nancy en date du 7 décembre 2021 en tant qu'elle prend effet avant l'expiration du congé maladie de Mme B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du CHRU de Nancy de prendre une nouvelle décision rétablissant Mme B dans ses droits, y compris à rémunération, durant la période comprise entre le 15 octobre 2021 et la fin de son congé maladie dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le CHRU de Nancy versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-l du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par les parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au CHRU de Nancy.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Boulangé, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 25 août 2022.
La rapporteure,
C. A
Le président,
D. Marti
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200349
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026