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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2200543

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2200543

jeudi 25 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2200543
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantCABINET CASSEL (SELAFA)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 février 2022, Mme A B, représentée par le cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 17 septembre 2021 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " Saint-Charles " de Gondrecourt-le-Château l'a suspendue de ses fonctions à compter du 1er octobre 2021 ;

2°) d'enjoindre à la directrice de l'EHPAD de Gondrecourt-le-Château, de la réintégrer à compter du 1er octobre 2021, de rétablir son traitement ainsi que les primes et indemnités sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'EHPAD de Gondrecourt-le-Château la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire et notamment d'une information sur les conséquences de l'absence de régularisation de la situation ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'était pas en activité mais en congé maladie.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2022, et un mémoire non communiqué enregistré le 27 juin 2022, l'EHPAD de Gondrecourt-le-Château, représenté par Me Muller-Pistré, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire, à son rejet et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;

- l'arrêté du 4 août 2014 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C ;

- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique ;

- et les observations de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est aide-soignante à l'EHPAD " Saint-Charles " de Gondrecourt-le-Château (Meuse) et a été placée en congé maladie à compter du 14 septembre 2021. Par une décision du 17 septembre 2021, dont la requérante demande l'annulation, la directrice de l'EHPAD de Gondrecourt-le-Château l'a informée de sa décision de la suspendre de ses fonctions à compter du 1er octobre 2021 en raison de la non satisfaction à l'obligation vaccinale contre la covid-19. Par une ordonnance du 23 février 2022 du juge des référés du présent tribunal, la demande de suspension de l'exécution de la décision contestée a été rejetée.

Sur la recevabilité des conclusions :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Par une décision en date du 17 septembre 2021, la directrice de l'EHPAD de Gondrecourt-le-Château a prononcé la suspension de fonctions de Mme B à compter du 1er octobre 2021. Il ressort des pièces du dossier et notamment d'un compte rendu d'entretien en date du 17 septembre 2021, qui n'est pas contesté, que Mme B a été reçue en entretien par la directrice de l'EPHAD et qu'au cours de cet entretien la décision contestée lui a été remise en mains propres. Cette remise est également attestée par une agente administrative présente lors de l'entretien. Il est également constant que la décision contestée comporte la mention des voies et délais de recours. Par suite, l'EPHAD de Gondrecourt-le-Château est fondé à soutenir que la requête de Mme B enregistrée le 22 février 2022 est tardive. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir doit être accueillie.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision en date du 17 septembre 2021, ainsi que les conclusions à fin d'injonction sous astreinte, doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EPHAD de Gondrecourt-le-Château, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B, la somme demandée par l'EHPAD de Gondrecourt-le-Château au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'EHPAD de Gondrecourt-le-Château sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'EHPAD de Gondrecourt-le-Château.

Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

M. Marti, président,

M. Boulangé, premier conseiller,

Mme Marini, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 25 août 2022.

La rapporteure,

C. C

Le président,

D. Marti

Le greffier,

F. Richard

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2200543

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