jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201259 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | STOCCO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 avril 2022, M. C A, représenté par Me Stocco, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 2 mars 2022, par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de retour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur le moyen commun :
- l'auteur de l'acte n'est pas compétent ;
Sur le refus de séjour :
- aucun texte guinéen n'exige la motivation d'une requête en jugement supplétif ;
- la formule exécutoire du jugement supplétif apparaît, selon toute vraisemblance, dans les tampons humides illisibles ;
- la délivrance d'un passeport par le consulat de Guinée à Paris le 4 avril 2022 met fin au débat sur son identité ;
- si l'extrait du registre de l'état civil fait apparaitre des mentions manquantes au regard des articles 184 et 2014 du code guinéen, il convient de procéder à l'examen de cette pièce avec celui du jugement supplétif, l'article 190 du code guinéen précisant que le jugement doit demeurer annexé à l'extrait du registre des naissances ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision de refus de séjour ;
- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
Sur le pays de destination :
- la décision sera annulée en conséquence de l'annulation des décisions de refus de séjour et d'éloignement.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 25 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant guinéen, né en 2002, a déclaré être entré en France au cours du mois d'octobre 2018 et a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance de Meurthe-et-Moselle. Par une demande enregistrée le 25 février 2021, M. A a sollicité la délivrance d'une carte de séjour en arguant, notamment, de son inscription dans une formation de serrurier métallier et de sa volonté de travailler en France. Par l'arrêté contesté du 2 mars 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de faire droit à sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de retour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :
2. M. Julien Le Goff, secrétaire général, a pu légalement signer l'arrêté attaqué en vertu d'une délégation de signature que le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a consentie par un arrêté du 8 septembre 2021 régulièrement publié le 9 septembre 2021 au recueil des actes administratifs de la préfecture.
En ce qui concerne le refus de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A enregistre 154 demi-journées d'absence au cours de l'année scolaire 2020/2021 et que si une part d'entre elles est justifiée pour des raisons de santé, une autre part reste injustifiée, ses professeurs relevant majoritairement un manque de travail suffisant. Par ailleurs, M. A a fait l'objet en 2019 d'un rappel à la loi de la part du procureur de la République pour avoir tenté de soustraire frauduleusement un ordinateur portable. Il est également défavorablement connu des services de police en raison de faits survenus en 2021, de dégradation et détérioration d'un bien appartenant à autrui. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le préfet de Meurthe-et-Moselle a pu estimer que la formation suivie par l'intéressé était dénuée de tout caractère sérieux et réel et lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement susmentionné de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En second lieu, pour refuser d'admettre M. A au séjour, le préfet s'est également fondé sur le fait que les actes de l'état civil produits par l'intéressé n'étaient pas de nature à justifier de son état civil et de sa nationalité. A l'appui de sa requête, M. A fait valoir que les griefs invoqués à l'encontre de ses documents d'état civil ne sont pas fondés. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. A ne remplit pas les conditions en vue de la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de Meurthe-et-Moselle était dès lors en droit de refuser d'admettre au séjour M. A pour ce seul motif et le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur ce seul motif.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, M. A n'établit pas l'illégalité de la décision du préfet de Meurthe-et-Moselle lui refusant le séjour en France. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision d'éloignement prise à son encontre serait illégale du fait de l'illégalité de la mesure précédente.
7. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
8. L'obligation dans laquelle M. A se trouverait, en cas d'éloignement, d'interrompre ses études et de ne pouvoir mener son projet de formation à son terme ne peut suffire à caractériser, dans les circonstances de l'espèce, l'atteinte alléguée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que M. A disposerait en France de relations d'une particulière intensité. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne le pays de renvoi :
9. M. A n'établit pas l'illégalité des décisions du préfet de Meurthe-et-Moselle lui refusant le séjour en France et lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant son pays de renvoi serait illégale du fait de l'illégalité des mesures précédentes.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions présentées à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions présentées à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Marti, président,
- M. Boulangé, premier conseiller,
- Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
P. B Le président,
D. Marti
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201259
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026