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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2202849

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2202849

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2202849
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantSGRO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2022, M. B C, représenté par Me Sgro, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la compétence de l'auteur de la décision n'est pas établie ;

- le préfet a méconnu son droit à être entendu en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- il remplit les conditions pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision relative au délai de départ volontaire :

- la compétence de l'auteur de la décision n'est pas établie ;

- la décision est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- le préfet a commis une erreur de droit en se fondant sur la seule inexécution d'une précédente mesure d'éloignement pour regarder comme établi le risque de fuite alors qu'il ne s'est jamais dérobé à la moindre convocation, dispose d'une adresse connue et d'un passeport et présente toute les garanties de représentation requises ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la compétence de l'auteur de la décision n'est pas établie ;

- la décision est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- la décision ne peut être fondée sur des motifs entrant en contradiction avec ceux qui ont déterminé le refus de séjour qui la fonde ;

- la décision a été prise sans examen concret et sérieux dès lors que le préfet a analysé les risques encourus en mentionnant le Mali ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la compétence de l'auteur de la décision n'est pas établie ;

- la décision est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 décembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 20 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-ivoirien du 21 septembre 1992 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,

- et les observations de Me Sgro, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant ivoirien qui déclare être né le 15 janvier 2003 et être entré en France en mai 2019, a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département de Meurthe-et-Moselle par un jugement de tutelle du tribunal de grande instance de Nancy en date du 2 août 2019. Par un arrêté du 23 mars 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Le recours formé par le requérant contre ces décisions a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Nancy du 6 juillet 2021 et un arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy du 26 avril 2022. Par un arrêté du 26 septembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Par la requête susvisée, M. C demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions tiré de l'incompétence :

2. L'arrêté est signé par M. D A, directeur de l'immigration et de l'intégration, auquel le préfet de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature aux fins de signer les décisions en litige par un arrêté en date du 29 novembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 30 novembre 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ".

4. En premier lieu, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision d'éloignement implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

5. Il ressort des pièces du dossier que, par courrier du 8 septembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a sollicité les observations du requérant quant à la nouvelle mesure d'éloignement qu'il entendait prendre et que ce dernier a alors été mis à même de présenter, de manière utile et effective, ses observations sur les motifs pouvant justifier que le préfet s'abstienne de prendre une telle mesure. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé du droit d'être entendu. Le moyen manque en fait et doit, par suite, être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " À titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

7. M. C a fait l'objet d'un arrêté du 23 mars 2021 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a refusé un titre de séjour et lui a en conséquence fait obligation de quitter le territoire français en relevant que les documents d'état-civil et le passeport présentés par l'intéressé ne justifiaient pas de manière probante l'âge et la nationalité de celui-ci. Dans la présente instance, le requérant fait valoir que le préfet de Meurthe-et-Moselle ne remet plus en cause son âge et sa nationalité et qu'ainsi la décision d'éloignement contestée repose sur des motifs contradictoires au regard de ceux précédemment retenus pour lui refuser un titre de séjour. Toutefois, l'arrêté du 23 mars 2021 prévoyait que l'étranger pouvait être reconduit non seulement vers le pays dont il revendique la nationalité mais également vers tout pays dans lequel il serait légalement admissible, quand bien même il n'en aurait pas la nationalité. Ainsi, les deux décisions ne sauraient être regardées comme reposant sur des motifs contradictoires au regard de la nationalité du requérant. D'autre part, quand bien même le préfet de Meurthe-et-Moselle aurait utilisé, afin de préparer le départ de M. C, les documents d'état civil dont il avait initialement mis en doute l'authenticité, cette circonstance ne constitue pas des circonstances de fait ou de droit nouvelles qui feraient obstacle à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

9. M. C se prévaut du sérieux et de son investissement dans le suivi de sa formation professionnelle et de son insertion dans la société française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré récemment sur le territoire français en mai 2019 et qu'il est célibataire et sans charge de famille sur le territoire français. Il n'établit pas, par les pièces produites et en dépit de ses réels efforts d'intégration, avoir transféré en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux. En outre, il ne justifie pas être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine alors qu'il admet avoir des contacts avec des amis et son père. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il pouvait prétendre de plein droit à l'obtention d'un titre de séjour en application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faisant obstacle à son éloignement. Pour le même motif, et à supposer ce moyen soulevé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Meurthe-et-Moselle aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise et aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, ces moyens doivent être écartés.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision refusant un délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, pour les motifs précédemment exposés, il n'est pas établi que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'éloignement.

11. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ".

12. Il est constant que M. C n'a pas exécuté la précédente mesure d'éloignement prise à son encontre le 23 mars 2021. Cette circonstance suffit, contrairement à ce que soutient le requérant, à le regarder comme s'étant soustrait à l'exécution de cette mesure au sens des dispositions du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, visées également par l'arrêté litigieux. Le préfet pouvait en conséquence pour ce seul motif refuser d'accorder un délai de départ volontaire au requérant.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision fixant le pays de destination :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

14. En deuxième lieu, l'arrêté du 23 mars 2021 prévoyait que l'étranger pouvait être reconduit non seulement vers le pays dont il revendique la nationalité mais également vers tout pays dans lequel il serait légalement admissible, quand bien même il n'en aurait pas la nationalité. Par suite, le requérant n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché la décision du 26 septembre 2022 d'une contradiction de motifs avec celle du 23 mars 2021.

15. En troisième lieu, la circonstance que l'arrêté litigieux mentionne que M. C n'établit pas son isolement au Mali et n'encourt aucun risque ou menace contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans ce pays alors que le requérant se revendique de nationalité ivoirienne ne constitue qu'une erreur de plume sans incidence sur la décision contestée et ne révèle pas un défaut d'examen sérieux de la situation personnelle du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français serait fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français illégale doit être écarté.

17. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

18. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui n'est présent sur le territoire français que depuis 2019, y est célibataire et sans charge de famille, ne justifie pas y avoir tissé des liens particulièrement intenses et stables, et a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Dans ces conditions, et alors même qu'il y a suivi avec sérieux et assiduité une formation qualifiante en vue de l'obtention d'un CAP " maçon " et que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre du requérant et en fixant sa durée à dix-huit mois, le préfet aurait inexactement apprécié la situation de M. C.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 26 septembre 2022 prises par le préfet de Meurthe-et-Moselle doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de Meurthe-et-Moselle et à Me Sgro.

Délibéré après l'audience publique du 13 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Grandjean, première conseillère,

M. Gottlieb, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.

La rapporteure,

G. Grandjean Le président,

B. Coudert

La greffière,

A. Mathieu

La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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