mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202940 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | ROLLAND |
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A D ;
- les observations de Me Rolland, avocat commis d'office représentant M. B se disant désormais M. F, qui, interrogé sur le périmètre de ses conclusions, a déclaré à l'audience vouloir se désister de ses conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français, dès lors qu'il souhaite quitter la France pour retourner en Belgique, et ne maintenir que ses conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination, en maintenant les mêmes moyens que ceux dirigés contre la décision fixant le pays de destination ;
- les observations de M. H, pour le préfet de Meurthe-et-Moselle, qui fait valoir que le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir l'identité qu'il prétend avoir et précise que les vérifications de l'identité de l'intéressé se poursuivent ;
- et les observations de M. B se disant M. F, qui confirme ne demander l'annulation que de la seule décision fixant le pays de destination.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, se disant désormais M. G F, a été incarcéré le 19 août 2022 à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis sur mandat d'arrêt du 8 juin 2021 avant d'être transféré à la maison d'arrêt de Nancy Maxéville le même jour. Il se réclamait alors de nationalité roumaine. Lors de sa levée d'écrou, le 12 octobre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a notifié un arrêté du 10 octobre 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il sera éloigné et prononçant à son encontre une interdiction de circuler sur le territoire français d'une durée de trente-six mois. Par sa requête, M. C B a demandé l'annulation de cet arrêté. Enfin, dans le cadre de la présente instance, le requérant, par mémoire du 17 octobre 2022, indique avoir fourni une fausse d'identité à l'administration, prétend désormais résider avec l'ensemble de sa famille en Belgique, où sa demande d'apatridie serait en cours d'instruction, et précise vouloir rapidement quitter la France et ne plus y revenir.
Sur le désistement partiel des conclusions de M. B se disant F :
2. Interrogé à l'audience sur le périmètre exact de ses conclusions, compte tenu de ses déclarations, M. B et son conseil ont indiqué vouloir se désister des conclusions de l'intéressé tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué du 10 octobre 2022 en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français sans délai et qu'il prononce une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trente-six mois. Ce désistement est pur et simple. Rien ne fait obstacle à ce qu'il en soit donné acte.
Sur le surplus des conclusions :
3. Au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination, M. B se disant F doit être regardé comme ayant maintenu à la fois le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 10 octobre 2022 en tant qu'ils porte obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la même convention.
En ce qui concerne les moyens tirés de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, par un arrêté n°22.BCI.26 du 8 août 2022, publié au recueil des actes administratifs de Meurthe-et-Moselle le même jour, le préfet de Meurthe-et-Moselle a donné délégation à M. Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de l'Etat. Par suite, M. E, signataire de l'arrêté contesté, était autorisé à signer la décision attaquée. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions qu'il contient. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté n'aurait pas été notifié au requérant dans une langue qu'il comprend doit être écarté comme étant inopérant.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la note de renseignements établie à partir des propres déclarations de l'intéressé, que celui-ci s'est déclaré célibataire et qu'il n'a fait état d'aucune attache en France. La circonstance qu'il ait des attaches en Belgique est sans incidence sur l'appréciation de sa vie privée et familiale en France. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. M. B se disant F n'est ainsi pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'appui de sa demande tendant à l'annulation de la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
En ce qui concerne les autres moyens :
9. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 et 5 du présent jugement, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte ou de l'insuffisante motivation de la décision fixant le pays de destination.
10. En deuxième lieu, pour le même motif que celui cité au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Ce dernier texte énonce que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
12. Ces dispositions combinées font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un Etat pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.
13. Si M. B se disant F fait valoir que, contrairement à ce qu'il a lui-même déclaré aux autorités administratives, il n'est pas de nationalité roumaine, cette circonstance, si elle est de nature à justifier que la préfecture procède à la vérification de son identité avant de le renvoyer vers la Roumanie, n'est par elle-même pas de nature à établir qu'il s'y trouverait exposé à un risque.
14. Il résulte de ce qui précède que, par les moyens qu'il invoque, M. B se disant F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 10 octobre 2022 en tant qu'il fixe le pays à destination duquel il pourra être éloigné. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. B, se disant désormais M. F, de ses conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B se disant M. F est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B se disant désormais M. G F et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Lecture en audience publique le 18 octobre 2022 à 15h12.
Le magistrat désigné,
O. Di D
Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202940
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026