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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2203345

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2203345

vendredi 25 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2203345
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantMBOUSNGOK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 novembre 2022 à 17 heures 40 et un mémoire complémentaire le 24 novembre 2022, M. F A D demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2022 par lequel le préfet de la Côte d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Côte d'Or de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil s'engage à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

- elle sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation personnelle ;

- il n'a pas pu formuler ses observations en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le préfet a méconnu les lignes directrices de la circulaire de régularisation ;

- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 3 de l'accord franco-tunisien ;

- la décision porte atteinte à sa vie privée et familiale.

En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

- son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;

- le préfet a commis une erreur d'appréciation quant au risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle porte atteinte à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en ce qu'elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée et au regard des circonstances humanitaires ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par des mémoires en défense, enregistré les 24 et 25 novembre 2022, le préfet de la Côte d'Or conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B C,

- les observations de Me Mbousngok, avocat commis d'office de M. A D, qui reprend les moyens et conclusions de la requête et demande, en outre, le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Il rappelle son parcours et sa situation administrative en France. Il précise que la situation de l'intéressé n'a pas été examinée, le préfet ayant entaché sa décision d'une erreur de fait ; que la décision portant obligation de quitter le territoire français porte atteinte à sa vie privée et familiale.

- les observations de M. A D qui reconnaît ne pas avoir respecté les lois et souhaite trouver des solutions. Il précise avoir trouvé un travail et une compagne avec laquelle il souhaite fonder une famille.

- et les observations de M. E, représentant le préfet de la Côte d'Or, qui précise que l'intéressé ne produit aucun élément de preuve sur son projet de mariage, que la relation dont il se prévaut avec une ressortissante française n'est pas établie et est en tout état de cause récente ; que l'intéressé avait, quelques mois auparavant, déjà un projet de mariage avec une autre personne ; que l'adresse qui figure sur les contrats de travail de l'intéressé n'est pas celle qu'il a déclaré aux services de la préfecture, qu'il a déclaré à son employeur être de nationalité belge ; qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine et n'a pas respecté la mesure l'assignant à résidence.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D, ressortissant tunisien né le 24 octobre 2000, déclare être entré sur le territoire français en octobre 2020. Il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Le 19 janvier 2022, il a été interpellé pour des faits d'usage illicite de stupéfiants et a été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Le 17 novembre 2022, il a été placé en garde à vue dans le cadre d'un contrôle d'identité et le préfet de la Côte d'Or, par un arrêté du même jour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. A D, placé au centre de rétention de Metz, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2022.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence à statuer sur la présente requête, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions :

4. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. Frédéric Carre, secrétaire général de la préfecture auquel le préfet de la Côte d'Or a par un arrêté du 17 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le lendemain, délégué sa signature à l'effet de signer, notamment, les décisions en matière d'éloignement des étrangers. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte contesté doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'a pas à viser toutes les circonstances de fait de la situation du requérant, mentionne de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait qui fondent les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français édictées à son encontre. La circonstance que l'arrêté ne viserait pas l'accord franco-tunisien, alors au demeurant que le préfet n'a pas fait application des dispositions de cet accord qui renvoie sur tous les points qu'il ne traite pas à la législation nationale, est sans influence sur la légalité des décisions en litige. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.

6. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Le requérant ne peut ainsi utilement faire valoir que la décision contestée n'aurait pas été notifiée à l'aide d'un interprète. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision d'éloignement implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

8. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a été entendu le 18 novembre 2022 par les services de police de Chenove pendant une audition au cours de laquelle il a été informé de ce que le préfet était susceptible de prendre à son encontre une mesure d'éloignement et qu'il a alors été mis à même de présenter, de manière utile et effective, ses observations sur l'irrégularité de son séjour et les motifs pouvant justifier que le préfet s'abstienne de prendre une mesure d'éloignement. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé du droit d'être entendu. Le moyen manque en fait et doit, par suite, être écarté.

9. En deuxième lieu, indépendamment de l'énumération donnée par l'article L 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement obliger un ressortissant étranger à quitter le territoire français que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.

10. En l'espèce, M. A D soutient qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 qui prévoit que : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention 'salarié' " et qu'il ne pouvait ainsi faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Le requérant ne saurait toutefois utilement se prévaloir, à l'encontre de la décision attaquée, des stipulations précitées lesquelles ne prévoient pas la délivrance de plein droit d'un titre de séjour.

11. En troisième lieu, si le préfet ne peut légalement obliger un étranger à quitter le territoire français si celui-ci réunit les conditions d'attribution de plein droit d'un titre de séjour, il n'est pas tenu de vérifier s'il y a lieu de faire usage de son pouvoir discrétionnaire. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu les lignes directrices de la circulaire du 28 novembre 2012 doit, en tout état de cause, être écarté.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ()"

13. Il ressort des pièces du dossier que M. A D ne résidait en France que depuis moins de deux ans à la date de la mesure litigieuse. S'il soutient entretenir une relation avec une autre ressortissante française avec laquelle il aurait un projet de mariage, il n'apporte la preuve ni de la durée de cette relation et de leur vie commune, ni des démarches alléguées en vue de leur mariage. Le requérant ne se prévaut par ailleurs d'aucun autre lien familial en France et ne démontre pas être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine où résident sa mère et ses deux frères. Enfin, la circonstance qu'il établisse, par un contrat de travail et des bulletins de salaires, avoir disposé de quelques revenus au cours de l'année 2022 en qualité de salarié ne peut suffire à démontrer une insertion professionnelle particulière en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision refusant un délai de départ volontaire :

14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / ()4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ;5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ".

15. Si M. A D fait valoir qu'il ne présente aucun risque de fuite et que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public, il ne conteste pas avoir fait l'objet, le 26 mai 2021, d'une précédente mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée. Il a déclaré, lors de son audition par les services de police, vouloir rester en France et ne pas souhaiter rentrer dans son pays d'origine. Dans ces conditions, et alors que le requérant n'établit ni même n'allègue l'existence d'aucune circonstance particulière justifiant que lui soit accordé un délai de départ volontaire, le préfet a pu légalement estimer, pour ces motifs, qu'il existait un risque que l'intéressé se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français, quand bien même son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision fixant le pays de destination :

16. En deuxième lieu, en se bornant à faire valoir que la décision litigieuse a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. A D n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".

19. En premier lieu, le requérant n'établissant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait illégale en raison de l'illégalité de la mesure précédente.

20. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'entrée en France du requérant est récente, qu'il ne démontre pas être dépourvu de tout lien dans son pays d'origine où réside sa mère et ses deux frères. En outre, si le requérant se prévaut de sa relation avec une ressortissante française depuis huit mois, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que M. A D n'établit ni de la durée de cette relation et de leur vie commune, ni des démarches alléguées en vue de leur mariage. Enfin, l'intéressé ne conteste pas avoir l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée. Dans ces conditions le préfet de la Côte d'Or n'a pas inexactement apprécié les faits de l'espèce en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.

21. En troisième lieu, ni la durée du séjour du requérant en France, ni la circonstance qu'il vivrait en concubinage avec une ressortissante française depuis huit mois, alors en outre qu'il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de cette situation, ne constituent des circonstances humanitaires au sens des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui feraient obstacle à ce que puisse être prononcée une interdiction de retour sur le territoire français.

22. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A D tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 novembre 2022 du préfet de la Côte d'Or doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A D est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F A D et au préfet de la Côte d'Or.

Lu en audience publique le 25 novembre 2022 à 16 heures 11.

La magistrate désignée,

C. Sousa C

Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne au préfet de la Côte d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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