jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300219 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | GEHIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 janvier 2023 et le 17 mars 2023, M. C B, représenté par Me Géhin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de la préfète des Vosges du 27 octobre 2022 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Vosges de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement de réexaminer sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification du jugement, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été informé des démarches effectuées par l'administration, en méconnaissance des dispositions de l'article 1er du décret n°2015-1740 du 24 décembre 2015 ;
- le principe général des droits de la défense a été méconnu ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit dès lors qu'il justifie de son identité et de sa nationalité ; la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus de séjour a été pris en violation de l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, sa situation personnelle et son identité ont été reconnues par le juge judiciaire, la décision méconnait le principe de sécurité juridique ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- la décision a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- la décision doit être annulée par voie de conséquence de la décision portant refus de séjour ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2023 et un mémoire enregistré le 21 mars 2023 et non communiqué, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau de l'aide juridictionnelle du 16 décembre 2022.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durand, rapporteur ;
- et les observations de Me Coche-Mainente, substituant Me Géhin, représentant M. B.
Une note en délibéré présentée pour la préfète des Vosges a été enregistrée le 12 avril 2023 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 3 février 2003, est entré sur le territoire français en août 2019, selon ses déclarations. Il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance du département des Vosges, le 11 février 2020. Le 30 août 2021, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 23-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté en litige du 27 octobre 2022, la préfète des Vosges a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. B demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun :
2. Par un arrêté du 24 octobre 2022, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Vosges, la préfète des Vosges a donné délégation à M. David Percheron, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département. Par suite, M. D, signataire des arrêtés contestés, était compétent pour signer les décisions en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité () ". Aux termes de l'article L. 111-6 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ". L'article 47 du code civil dispose que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ". Enfin, aux termes de l'article 1 du décret du 24 décembre 2015 : " Lorsque, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, l'autorité administrative saisie d'une demande d'établissement ou de délivrance d'un acte ou de titre procède ou fait procéder, en application de l'article 47 du code civil, aux vérifications utiles auprès de l'autorité étrangère compétente, le silence gardé pendant huit mois vaut décision de rejet. / Dans le délai prévu à l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, l'autorité administrative informe par tout moyen l'intéressé de l'engagement de ces vérifications. ".
5. Dans le cadre de l'instruction de la demande de séjour de M. B, les services de la préfecture des Vosges ont fait procéder à la vérification des pièces produites par ce dernier, relatives à son état civil, en les soumettant à un examen technique documentaire. M. B soutient qu'il a été privé d'une garantie en méconnaissance de l'article 1er du décret du 24 décembre 2015, dans la mesure où il n'a pas été informé de cette expertise. Toutefois, les dispositions de l'article 1er du décret du 24 décembre 2015 concernent seulement les vérifications auprès de l'autorité étrangère compétente et non celles auprès des services en fraude documentaire et à l'identité. En outre, alors que la décision de refus de séjour attaquée a été prise sur une demande que l'intéressé a lui-même présentée à l'administration, aucune disposition ne fait obligation à la préfète de recueillir préalablement à sa décision les observations de l'étranger sur le rapport d'expertise en fraude documentaire et à l'identité. En tout état de cause, ce rapport a été communiqué au requérant dans le cadre de la présente instance.
6. En troisième lieu, M. B fait valoir que pendant l'instruction de son dossier, le principe général du droit relatif aux droits de la défense a été méconnu. Toutefois il ne peut utilement invoquer la méconnaissance d'un tel principe dès lors que la décision contestée de refus de séjour n'a pas été prise à l'initiative de l'administration mais en réponse à sa demande. Le moyen doit dès lors et en tout état de cause être écarté.
7. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil que, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger et pour écarter la présomption d'authenticité dont bénéficie un tel acte, l'autorité administrative procède aux vérifications utiles. Si l'article 47 du code civil pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays, il incombe à l'administration de renverser cette présomption en apportant la preuve, par tout moyen, du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. En revanche, l'autorité administrative n'est pas tenue de solliciter nécessairement et systématiquement les autorités d'un autre État afin d'établir qu'un acte d'état civil présenté comme émanant de cet État est dépourvu d'authenticité, en particulier lorsque l'acte est, compte tenu de sa forme et des informations dont elle dispose sur la forme habituelle du document en question, manifestement falsifié. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
8. A l'appui de sa demande, M. B a produit un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance du 14 mai 2019 et deux actes de naissance des 7 mai et 30 mai 2019.
9. La préfète, s'appuyant sur les conclusions de l'expertise documentaire du 18 novembre 2019, a relevé que le jugement supplétif d'acte de naissance du 14 mai 2019 prenait la forme d'une simple copie imprimée au toner et renseignée manuellement aux stylos à bille de couleur bleue et rouge. Une lecture comparative de ce document avec les deux actes de naissances des 7 et 30 mai 2019 met en évidence que les mentions manuscrites figurant sur ces trois documents correspondent à la même écriture alors que ces actes sont censés être délivrés par des autorités différentes. Concernant l'acte de naissance du 30 mai 2019, le bord de gauche présente une absence totale de pré-découpe, la mise en page est légèrement oblique, il existe une superposition anormale des pointillés et des cases dédiées au numéro nina, le numéro de série n'est pas conforme, la qualité de l'officier d'état civil n'est pas mentionnée et la date de la transcription n'est pas cohérente avec celle de l'acte de naissance du 7 mai 2019. Concernant ce dernier acte, les pré-impression comportent des défauts d'impression au niveau des cases grisées ainsi que des zones anormalement maculées. La qualité de l'officier d'état civil n'est pas conforme et la date de la transcription n'est pas régulière. Dès lors, au vu de ces éléments, la préfète des Vosges doit être regardée comme renversant la présomption d'authenticité des documents d'état civil présentés par M. B. Cette dernière a donc pu, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation, refuser de délivrer à l'intéressé un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et estimer que le requérant ne justifiait pas de son âge à la date de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance.
10. En cinquième lieu, M. B soutient que la préfète ne pouvait lui opposer l'irrégularité des actes d'état civil qu'il a produits à l'appui de sa demande de séjour, sauf à méconnaître les stipulations de l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et le principe de sécurité juridique. Si le requérant fait valoir que le département des Vosges, le procureur de la République et le juge des enfants ont reconnu la validité des actes d'état civil, il ne ressort pas des termes de l'ordonnance en assistance éducative du 11 février 2020, qu'une vérification de l'identité du requérant figurant sur les actes d'état civil aurait été préalablement diligentée par l'autorité judiciaire. Dans ces conditions, la circonstance que M. B a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance par l'autorité judiciaire n'est pas de nature à établir ni le caractère probant des actes d'état civil, ni sa date de naissance et ne saurait ainsi faire obstacle à ce que la préfète vérifie la validité des actes d'état civil présentés par l'intéressé dans le cadre de sa demande de titre de séjour afin de s'assurer de l'identité et de l'âge du demandeur. Par ailleurs, les stipulations de l'article 16 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 ne sont applicables qu'aux procédures contentieuses suivies devant les juridictions lorsqu'elles statuent sur des droits et obligations de caractère civil ou sur des accusations en matière pénale, et non à la procédure suivie pour l'édiction d'une décision administrative. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, le requérant n'établissant pas l'illégalité de la décision de la préfète des Vosges lui refusant le séjour en France, il n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prononcée à son encontre est illégale en raison de l'illégalité de la décision précédente.
12. En deuxième lieu, s'il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. A l'occasion du dépôt de sa demande de titre de séjour, l'étranger ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A cette occasion, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français et les autres mesures prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
13. M. B a déposé une demande de titre de séjour. Il n'est ni établi, ni même allégué qu'il n'aurait pas été mis à même, dans le cadre de sa demande de titre de séjour, de porter à la connaissance de l'administration l'ensemble des informations relatives à sa situation personnelle dont il souhaitait se prévaloir alors qu'il avait connaissance de la perspective d'une mesure d'éloignement à la suite du rejet de sa demande de titre de séjour. Par ailleurs, il n'est pas établi qu'il aurait été empêché d'informer les services de la préfecture des éléments utiles relatifs à sa situation personnelle avant que ne soit prise à son encontre la décision qu'il conteste et qui, s'ils avaient pu être communiqués en temps utile, auraient été de nature à influer sur le sens de cette décision. Le requérant n'est, par suite, pas fondé à soutenir que le droit d'être entendu aurait été méconnu avant que ne soit prise la mesure d'éloignement litigieuse.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".
15. M. B fait valoir que le centre de ses intérêts familiaux, matériels et moraux se trouve désormais en France. Toutefois, M. B est célibataire et sans enfant, il n'est présent en France que depuis moins de quatre ans et il n'établit pas par ailleurs ne plus disposer d'attaches familiales dans son pays d'origine dans lequel il a vécu la majeure partie de sa vie. Ainsi, compte-tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier des conditions et de la durée du séjour en France de M. B, la décision l'obligeant à quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions d'injonction sous astreinte :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions présentées à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
18. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme que M. B demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, ses conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la préfète des Vosges et à Me Géhin.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
D. MartiLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026