jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300247 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | LEMONNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 janvier 2023, Mme C, représentée par Me Lemonnier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 décembre 2022 portant refus de renouvellement de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans le délai d'un mois suivant la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur les moyens communs à toutes les décisions :
- elles sont insuffisamment motivées ;
Sur la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 et R. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les conventions internationales relatives à la liberté d'étudier ;
- le préfet aurait dû envisager la possibilité de faire usage de son pouvoir discrétionnaire avant de refuser le renouvellement du titre de séjour sollicité ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale, dès lors qu'elle se fonde sur un refus de séjour lui-même illégal ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2023 le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marti, président-rapporteur,
- et les observations de Me Lemonnier, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante congolaise, née le 26 novembre 2001, est entrée régulièrement sur le territoire français le 6 septembre 2019 sous couvert d'un visa long séjour et d'un passeport valable du 5 avril 2019 au 4 avril 2024. A l'expiration de son visa, Mme C a bénéficié d'une carte de séjour temporaire valable du 1er septembre 2020 au 31 août 2021 portant la mention " étudiant ", régulièrement renouvelé pour la période du 1er septembre 2021 au 30 juin 2022. Le 1er octobre 2021, l'intéressée sollicite le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 12 décembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande, lui fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jour et a fixé le pays le pays de destination duquel elle pourra être reconduite d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Aux termes de l'article R. 433-2 du même code : " L'étranger déjà admis à résider en France qui sollicite le renouvellement d'une carte de séjour pluriannuelle présente à l'appui de sa demande les pièces prévues pour une première délivrance de la carte de séjour temporaire correspondant au motif de séjour de la carte de séjour pluriannuelle dont il est détenteur et justifiant qu'il continue de satisfaire aux conditions requises pour celle-ci ainsi, le cas échéant, que les pièces particulières requises à l'occasion du renouvellement du titre conformément à la liste fixée par arrêté annexé au présent code () ".
4. Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement ses études. Le renouvellement de ce titre de séjour est ainsi subordonné à la réalité des études et à la progression du bénéficiaire dans celles-ci.
5. Pour refuser à Mme C le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiante, le préfet de Meurthe-et-Moselle s'est fondé sur l'insuffisance des résultats obtenus à ses examens, le redoublement de la deuxième année de brevet de technicien supérieur, la régression dans le cursus universitaire de l'intéressé en s'inscrivant à une formation de " comptable assistant " et qu'elle ne justifie pas la nécessité d'être présente sur le territoire français pour réaliser sa formation.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme C était inscrite dans la promotion de 2020-2022 au sein de l'institut de stratégie et de management international à Paris en vue d'obtenir un brevet de technicien supérieur. Elle a validé sa première année de brevet de technicien supérieur et a ensuite échoué à deux reprises sa deuxième année. A l'issue de ces deux échecs, la requérante s'est réorientée en s'inscrivant dans une formation " comptable assistant " au sein de l'école française de comptabilité à Lyon, en choisissant une formation par correspondance. Compte tenu de ses deux échecs consécutifs en deuxième année de brevet de technicien supérieur et de son inscription en formation de comptable assistant à distance l'intéressée ne justifie pas d'une progression suffisante. Cette inscription par correspondance, au titre de l'année 2021-2022, ne nécessite pas la présence de la requérante sur le territoire français pour un tel enseignement et aucun élément au dossier n'établirait une telle nécessité. En outre, si l'intéressée évoque des difficultés de trajet entre son lieu de résidence et Paris, lieu de sa première formation, lui provoquant un stress important et les épisodes de dépression qu'elle a connu suite au récent décès de son beau-père, les éléments produits ne sont pas suffisants pour considérer que la requérante justifierait du caractère réel et sérieux de ses études. Il s'ensuit que c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé à l'intéressée de lui renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiante.
7. En troisième lieu, la Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948 ne faisant pas partie des textes diplomatiques ratifiés par la France dans les conditions fixées à l'article 55 de la Constitution, la requérante ne peut utilement s'en prévaloir.
8. En quatrième lieu, Mme C ne saurait utilement invoquer le droit à l'instruction garanti par l'article 2 du protocole n° 1 à la convention européenne des droits de l'Homme.
9. En cinquième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet se serait abstenu de s'interroger sur la possibilité de régulariser la situation de la requérante au titre de son pouvoir discrétionnaire.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
11. Mme C, qui soutient que sa vie privée et familiale est désormais installée sur le territoire français, fait état de la durée de son séjour en France et de la circonstance qu'elle vit avec sa mère dont elle avait été séparée. Elle indique également avoir fixé le centre de ses intérêts sur le territoire français et que ses différents emplois et engagements bénévoles témoignent de son insertion dans la société française. Toutefois, alors que la requérante, célibataire et sans enfant, n'a été admise à séjourner en France que pour un motif non pérenne et que son père réside toujours au Congo, le préfet, en prenant à l'encontre de l'intéressée une décision portant refus de séjour, n'a pas porté à son droit de mener une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation et par voie de conséquence celles à fin d'injonction présentées par la requérante.
Sur les frais du litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, quelle que somme que ce soit sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, au préfet de Meurthe-et-Moselle et à Me Lemonnier.
Délibéré après l'audience publique du 6 avril 2023 à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le président-rapporteur,
D. MartiL'assesseur le plus ancien,
F. Durand
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2300247
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026