mercredi 1 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300304 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GOUDEMEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 27 janvier 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg a transmis au tribunal administratif de Nancy le dossier de la requête n°2300463 présentée par M. E, le 20 janvier 2023 à 21 heures 13.
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2023, sous le n°2300304, M. D E, représenté par Me Gharzouli, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de circuler sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Moselle de lui délivrer un titre de séjour, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à rester sur le territoire français dans les délais de, respectivement, un mois et quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- la décision de refus de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît les articles L. 233-1 et L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il dispose d'un droit au séjour permanent sur le territoire français ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de circulation sur le territoire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les articles L. 233-1 et L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il dispose d'un droit au séjour permanent sur le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2023, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Cabecas, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B, qui a également informé les parties de ce que, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation d'une décision de refus de séjour dès lors qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante,
- les observations de Me Gharzouli, avocate de M. E, qui reprend les moyens et conclusions de la requête et se désiste de ses conclusions sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 mais maintient celles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle demande l'annulation du refus de séjour, qui découle de la mesure d'éloignement, et fait valoir en outre que le comportement du requérant ne constitue pas une menace pour l'ordre public dès lors qu'aucun incident durant sa détention n'a été relevé et qu'il a bénéficié de crédits de réduction de peine. Elle fait également valoir que M. E a continué de voir sa fille durant les week-end lorsqu'il était emprisonné et qu'il a gardé des liens intenses avec celle-ci,
- les observations de M. E, assisté d'un interprète en langue polonaise, qui indique vouloir rester en France pour continuer de voir sa fille,
- et les observations de M. F, représentant du préfet de la Moselle qui reprend les termes du mémoire en défense et fait en outre valoir que le requérant a été condamné à plusieurs reprises, que la décision l'obligeant à quitter le territoire français pouvait être fondée sur le 1° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'intéressé ne produit aucune pièce de nature à démontrer ses liens avec sa fille ni la circonstance que la mère de celle-ci, de nationalité polonaise, disposerait d'un droit au séjour sur le territoire français.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant polonais né le 19 juin 1974, serait entré en France au cours de l'année 2016, selon ses déclarations. Par un jugement du 2 septembre 2022, le tribunal correctionnel de Metz l'a condamné à une peine de seize mois d'emprisonnement dont huit mois avec sursis, pour des faits de violences. Par un arrêté du 18 janvier 2023, le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant son pays de destination et en prononçant à son encontre une interdiction de circuler sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. E a été placée en rétention administrative, le 23 janvier 2023, à sa levée d'écrou. L'intéressé demande l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2023.
Sur le désistement :
2. Me Gharzouli, avocate de M. E, a déclaré, lors de l'audience, se désister des conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre un refus de séjour :
3. L'arrêté contesté du 18 janvier 2023 n'ayant pas pour objet de refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. E, les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour sont dirigées contre une décision inexistante et doivent, tel qu'en ont été informées les parties, être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre les autres décisions :
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
4. Par un arrêté du 21 octobre 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Moselle le même jour, le préfet de la Moselle a donné délégation à M. A C, directeur adjoint de l'immigration et de l'intégration à l'effet de signer l'ensemble des actes relevant de cette direction à l'exclusion des arrêtés d'expulsion. Par suite, M. C, signataire de l'arrêté contesté, était compétent pour signer les décisions en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () ".
6. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise que le requérant a été condamné pour des faits de violences et que sa présence constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à un intérêt fondamental de la société. Alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E aurait produit des éléments de nature à démontrer son insertion professionnelle et ses liens personnels en France, il ne peut utilement faire grief au préfet de ne pas avoir mentionné ces éléments dans la décision contestée. Dès lors que la décision l'obligeant à quitter le territoire français comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision doit être écarté comme manquant en fait.
7. En deuxième lieu, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. E a été condamné, le 2 septembre 2022, par le tribunal correctionnel de Metz, à une peine de seize mois d'emprisonnement dont huit mois avec sursis, pour des faits de violences avec usage ou menace d'une arme, n'ayant pas entraîné d'incapacité, commis le 31 août 2022. Ces faits présentent un caractère récent et ont été commis en état de récidive légale. En outre, si l'intéressé était présent en France depuis six ans et établit avoir exercé ponctuellement une activité professionnelle, il ne démontre pas disposer d'attaches familiales suffisamment stables sur le territoire français en l'absence d'éléments probants de nature à démontrer les liens qu'il entretiendrait avec sa fille. Dans ces conditions, eu égard à la gravité des faits reprochés et à leur caractère récent, le préfet n'a pas inexactement apprécié les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en obligeant le requérant à quitter le territoire français au motif que son comportement constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société.
9. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. E était présent en France depuis six ans à la date de la décision attaquée et qu'il a travaillé pendant plusieurs mois auprès de la société Alfagaine. S'il ressort également des pièces du dossier que la fille du requérant, âgée de six ans, vit sur le territoire français avec sa mère, le jugement du juge aux affaires familiales, réglant la garde de l'enfant, et les photos produites ne sont pas suffisants pour établir les liens qu'il entretiendrait avec cet enfant. Le requérant n'établit par ailleurs pas que la mère de l'enfant, de nationalité polonaise, disposerait d'un droit au séjour sur le territoire français, au sens des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. E n'établit ni même n'allègue disposer d'autres attaches familiales sur le territoire français alors qu'il ne soutient pas en être dépourvu dans son pays d'origine. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 8 ci-dessus, le comportement du requérant constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à un intérêt fondamental de la société. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations précitées une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise notamment celui de la préservation de l'ordre public.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1 les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1 ". Aux termes de cet article : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes :
1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; () ". Il résulte de ces dispositions que, pour disposer d'un droit au séjour permanent, les citoyens de l'Union européenne doivent avoir résidé de manière légale et ininterrompue pendant les cinq dernières années et remplir une des conditions fixées à l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Lorsqu'un ressortissant de l'Union européenne entend se prévaloir des dispositions du 1° de cet article, il doit démontrer avoir exercé de manière continue une activité professionnelle sur le territoire français ou entrer dans les exceptions prévues par les dispositions des articles R. 234-3 à R. 234-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Il ressort des pièces du dossier que M. E résidait de manière ininterrompue sur le territoire français depuis plus de cinq ans à la date de la décision attaquée. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier qu'il a commencé à travailler au sein de la société Alfagaine, le 22 août 2016, en contrat à durée déterminée, puis à durée indéterminée à compter du 1er avril 2017, il n'établit pas que son contrat aurait perduré jusqu'en 2022 alors qu'il a conclu, avec cette société, un nouveau contrat à durée déterminée le 28 septembre 2022. Dans ces conditions, dès lors que M. E n'établit pas avoir exercé une activité professionnelle continue durant ces cinq dernières années, il ne disposait pas du droit au séjour permanent prévu par les dispositions de l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 10 ci-dessus ne peut, par suite, qu'être écarté.
Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée par M. E à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire ne peut qu'être écartée par voie de conséquence.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".
15. D'une part, l'arrêté contesté vise notamment l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise qu'eu égard à la nature des faits commis et du risque de récidive, il y a urgence à éloigner le requérant du territoire français. La décision refusant le délai de départ volontaire contient ainsi l'exposé suffisant des considérations de droit et de fait qui la fondent. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ladite décision doit être écarté.
16. D'autre part, eu égard à la gravité des faits reprochés et à la circonstance qu'ils ont été commis en situation de récidive légale, la menace réelle, actuelle et suffisamment grave que M. E représente, du point de vue de l'ordre public, à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société est de nature à caractériser l'urgence à l'éloigner du territoire français. En outre, le requérant n'invoque aucune circonstance personnelle ou familiale qui ferait obstacle à l'exécution sans délai de la mesure d'éloignement en litige. Il n'est par conséquent pas fondé à soutenir que le préfet de la Moselle a inexactement apprécié sa situation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
17. Pour les mêmes motifs, il n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :
18. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée par M. E à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français ne peut qu'être écartée par voie de conséquence.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".
20. D'une part, la décision portant interdiction de circulation sur le territoire vise l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que le requérant ne se prévaut d'aucun élément relatif à sa situation familiale actuelle et qu'il ne justifie pas d'une intégration sur le territoire français alors qu'il a fait l'objet d'une condamnation par le tribunal correctionnel, le 2 septembre 2022. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision serait insuffisamment motivée doit être écarté comme manquant en fait.
21. D'autre part, il ressort de ce qui a été dit ci-dessus que la présence de M. E sur le territoire français représente une menace réelle, actuelle et suffisamment grave, du point de vue de l'ordre public, à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société et il ne démontre pas l'intensité des liens personnels et familiaux dont il disposerait en France. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français à l'encontre du requérant et en fixant sa durée à deux ans, le préfet ait inexactement apprécié la situation de M. E. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel le préfet de la Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant son pays de destination, et en prononçant à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par Me Gharzouli sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et au préfet de la Moselle.
Lu en audience publique, le 1er février 2023, à 15 heures 26.
La magistrate désignée,
L. BLe greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300304
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026