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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2300414

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2300414

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2300414
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 3
Avocat requérantSCP LEVI-CYFERMAN - CYFERMAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée le 6 février 2023 sous le numéro n° 2300414, M. C A, représenté par Me Lévi-Cyferman, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour portant autorisation de travail ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les conclusions dirigées contre la décision implicite de refus de séjour doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 9 février 2024 par laquelle elle a expressément rejeté la demande de titre de séjour de M. A.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 décembre 2022.

II. Par une requête enregistrée le 19 avril 2024 sous le numéro n° 2401153, M. C A, représenté par Me Richard, demande au tribunal :

1°) de désigner un interprète en langue chinoise ;

2°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné ;

3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

Sur les moyens propres à la décision portant refus de séjour :

- le signataire de cette décision est incompétent ;

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît son droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

Sur les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :

- cette décision est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mars 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Philis, rapporteure ;

- et les observations de Me Richard, pour M. A.

La préfète de Meurthe-et-Moselle n'était ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant chinois né le 25 décembre 1972, est entré en France le 10 juin 2012, selon ses déclarations, en vue d'y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 17 décembre 2012, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 4 juillet 2013. Il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Il a sollicité son admission au séjour le 16 novembre 2021, de sorte qu'une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration sur sa demande. Après un avis défavorable de la commission du titre de séjour du 27 septembre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle a par un arrêté du 9 février 2024, refusé de délivrer un titre de séjour à M. A, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par les présentes requêtes n° 2300414 et n° 2401153 qu'il convient de joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement, M. A demande au tribunal d'annuler la décision implicite de refus de séjour né du silence gardé par l'administration sur sa demande ainsi que l'arrêté du 9 février 2024.

Sur les conclusions tendant à la désignation d'un interprète :

2. Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est prise sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du même code, les dispositions des articles L. 614-2 à L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoient pas qu'un interprète puisse être désigné au cours de la procédure applicable en l'absence d'assignation à résidence ou de placement en rétention. Par suite, les conclusions de M. A tendant à ce qu'un interprète soit désigné doivent être rejetées.

Sur l'étendue du litige :

3. Si le silence gardé par l'administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision expresse de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Dans ce cas, les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde. Il en résulte que les conclusions de la requête, dirigées contre la décision implicite par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande de titre de séjour doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 9 février 2024 par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a expressément rejeté cette demande.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte :

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant refus de séjour :

4. En premier lieu, par un arrêté du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Meurthe-et-Moselle le même jour, la préfète de Meurthe-et-Moselle a donné délégation à M. Julien Le Goff, secrétaire général, à l'effet de signer toutes les décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de Meurthe-et-Moselle, à l'exception des arrêtés de conflit. Dans ces conditions, M. B était compétent pour signer la décision portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision litigieuse comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle également que la préfète a procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen de la situation particulière de M. A doivent être écartés.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. " Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. M. A se prévaut de la durée de son séjour en France, de la présence des membres de sa famille sur le territoire français, des attaches amicales qu'il y a nouées, de ses efforts pour maîtriser la langue, en dépit de ses difficultés, et d'une action de bénévolat. Toutefois, il n'établit pas, par les attestations stéréotypées et non circonstanciées qu'il produit, l'intensité de ses liens en France. Il ne conteste pas l'irrégularité du séjour de son fils et de son ex-femme, lesquels ont fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. En outre, l'unique attestation de bénévolat ne peut suffire à justifier d'une bonne intégration en France, alors qu'il reconnaît lui-même ne pas maîtriser le français malgré l'importance de la durée de son séjour sur le territoire. Il s'est également maintenu sur le territoire malgré une précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet. Dans ces conditions et quand bien même ses parents sont décédés, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs de la décision attaquée. Il suit de là que M. A n'est pas fondé à soutenir qu'un titre de séjour devait lui être délivré sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou que la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en refusant de lui délivrer un titre de séjour.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".

9. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment au regard des éléments énoncés au point 7, que la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait fait une appréciation manifestement erronée de sa situation en estimant que l'admission au séjour de M. A ne répondait pas à des considérations humanitaires ou qu'il ne se justifiait pas de motifs exceptionnels. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. En cinquième lieu, faute pour M. A d'avoir présenté une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

11. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. D'une part, les moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par M. A à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écartée.

13. D'autre part, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Il résulte, toutefois, également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

14. M. A ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. En tout état de cause, à supposer le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu tel que garanti par le principe général du droit de l'Union rappelé ci-dessus soulevé, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant avait des éléments utiles à faire valoir de nature à avoir une influence sur le sens de la décision prise à son encontre et qu'il n'aurait pas pu mettre en avant lors du dépôt de sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par M. A à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écartée.

16. En deuxième lieu, la décision litigieuse comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle également que la préfète a procédé à un examen particulier de la situation du requérant au regard des éventuels risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". M. A ne produit aucun élément de nature à établir la réalité et le caractère personnel des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations, à le supposer soulevé, doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Sur les conclusions relatives aux dépens :

20. La présente instance ne comporte aucun dépens. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2300414 et n° 2401153 sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Lévi-Cyferman, à Me Richard et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Délibéré après l'audience publique du 30 mai 2024 à laquelle siégeaient :

M. Di Candia, président,

Mme Bourjol, première conseillère,

Mme Philis, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.

La rapporteure,

L. Philis

Le président,

O. Di Candia

Le greffier,

P. Lepage

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2300414, 2401153

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