lundi 29 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300462 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 février 2023, Mme A B conteste les décisions des 15 et 20 décembre 2022 par lesquelles la caisse d'allocations familiales des Vosges a refusé de lui accorder la remise de sa dette d'un montant total de 3 402 euros correspondant à des indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité au titre de la période allant du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022, ainsi que la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales des Vosges a rejeté sa demande de remise de dette correspondant à un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 228,67 euros au titre de l'année 2021.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi dès lors qu'elle ignorait qu'il fallait déclarer la pension de réversion qui lui a été accordée à la suite du décès de son conjoint ;
- le quotient familial retenu dans les décisions contestées est erroné ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2023, la caisse d'allocations familiales des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 juillet 2023, le département des Vosges conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié du revenu de solidarité active (RSA), de la prime d'activité et de l'aide exceptionnelle de fin d'année. Le 29 juin 2022, la requérante a informé la caisse d'allocations familiales (CAF) des Vosges de ce qu'elle avait omis de déclarer la pension de réversion qu'elle perçoit depuis le décès de son conjoint. La CAF des Vosges, ayant procédé à la régularisation de la situation de Mme B, lui a notifié, par une décision du 19 septembre 2022, des indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité d'un montant de 3 402 euros au titre de la période allant du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022 et, par une décision du 24 septembre 2022, un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 228,67 euros au titre de l'année 2022. Par deux courriers du 11 octobre 2022, Mme B a demandé à bénéficier de la remise de ces indus. Par trois décisions des 15 et 20 décembre 2022, la CAF des Vosges a rejeté sa demande s'agissant des indus de RSA et de prime d'activité et, par une décision implicite née du silence gardé par l'administration pendant plus de deux mois sur la demande de Mme B, la CAF a rejeté sa demande de remise s'agissant de l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année mis à sa charge. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler ces décisions, et, d'autre part, de lui accorder une remise partielle ou totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () " Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () " Aux termes de l'article 6 du décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active : " I. - Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue. () "
3. En premier lieu, si la requérante soutient que le quotient familial qui lui a été notifié par les services de la CAF au début de l'année 2023 diffère de celui mentionné dans la décision en litige, cette différence tient aux modalités de calcul qui divergent dans le cadre de l'examen des demandes de remise de dette, des prestations versées et dans celui de la communication avec les allocataires. Par suite, et alors que la CAF des Vosges justifie en défense des modalités de calcul du quotient familial au sens des dispositions de l'article D. 553-1 du code la sécurité sociale et ayant permis l'édiction des décisions attaquées, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'administration se serait fondée sur un quotient familial erroné.
4. En second lieu, Mme B soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette dès lors qu'elle vit seule et qu'elle a dû mettre un terme à son activité d'autoentrepreneur, laquelle n'était plus viable. Toutefois, et alors que l'intéressée ne produit aucun justificatif de ses ressources et de ses charges, le département soutient en défense, sans être contredit, que Mme B perçoit mensuellement la somme de 2 351,33 euros tandis qu'elle doit s'acquitter d'un loyer de 588 euros. Dans ces conditions, et à supposer même que la bonne foi de Mme B puisse être regardée comme établie, l'intéressée ne démontre pas qu'elle se trouverait dans une situation telle qu'elle serait dans l'impossibilité de rembourser l'indu mis à sa charge. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle devrait se voir accorder la remise de sa dette.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au département des Vosges.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales des Vosges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
La greffière,
L. Bourger La République mande et ordonne à la préfète des Vosges et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026