jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2300814 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | ISSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mars 2023 à 8 heures 11, M. B A, représenté par Me Issa, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 14 mars 2023 par lequel le préfet de la Meuse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois et l'a assigné à résidence dans le département de la Meuse à compter du 14 mars 2023 avec obligation de se présenter les lundis, mercredis et vendredis entre 9 heures et 10 heures à la brigade de gendarmerie de Saint-Mihiel ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Meuse de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et subsidiairement de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ce qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- son droit d'être entendu protégé par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'a pas été respecté ;
- la décision ne lui a pas été notifiée dans un langue qu'il comprend ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- il ne présente aucun risque de fuite ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision ne tient pas compte des quatre critères énoncés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée, quant à l'existence d'une précédente mesure d'éloignement et quant à l'existence de circonstances humanitaires ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'existence d'une menace à l'ordre public ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- la décision sera annulée en conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- l'obligation de pointage n'est pas justifiée et elle est incompatible avec sa vie privée et familiale et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'est pas limitée dans le temps ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision porte atteinte à sa liberté constitutionnelle d'aller et venir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, le préfet de la Meuse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Marini, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Issa, représentant M. A qui conclut aux même fins par les mêmes moyens et précise que M. A est un ressortissant kosovar issu de la communauté rom. Il est en France depuis 2016, accompagné de son épouse et de ses deux enfants qui sont scolarisés en France. Sa fille est née en France. Toute sa famille est en France et l'aide comme le prouve les attestations produites. Le préfet soutient qu'il constitue une menace à l'ordre public dès lors qu'il a été interpellé pour conduite sans permis. Toutefois, il n'a pas été condamné et n'a fait l'objet d'aucune condamnation en France. Il n'a aucun casier judiciaire. Son comportement ne représente pas une menace suffisamment grave et ne porte pas atteinte aux intérêt fondamentaux de la nation. S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet n'a fait aucune référence à une précédente mesure d'éloignement ni à la menace à l'ordre public. La décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de ses attaches familiales en France et de sa durée de présence sur le territoire. Le préfet n'a pas précisé la durée de l'assignation à résidence qui est donc illimitée et est ainsi illégale. L'obligation de pointage n'est pas motivée et n'est pas justifiée. Elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 11 octobre 1974, ressortissant kosovar, a déclaré être entré irrégulièrement en France le 10 octobre 2016 pour y solliciter l'asile. Il est apparu que M. A avait présenté des demandes d'asile en Allemagne et en Belgique où il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Par un arrêté du 2 juin 2017, il a été assigné à résidence pour organiser son retour vers son pays. Par un arrêté du 8 mars 2020, confirmé par un jugement du 16 mars 2020 du présent tribunal, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français. M. A a fait l'objet d'un contrôle routier le 14 mars 2023 et a été retenu pour des faits de conduite sans permis. Par un arrêté en date du 16 mars 2023, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Meuse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a assigné à résidence dans le département de la Meuse à compter du 14 mars 2023 avec obligation de se présenter les lundis, mercredis et vendredis entre 9 heures et 10 heures à la brigade de gendarmerie de Saint-Mihiel.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et alors qu'il n'a pas encore été statué sur la demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
4. En premier lieu, par un arrêté du 7 mars 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet de la Meuse a donné délégation à M. Robbe-Grillet, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer notamment les décisions en matière d'éloignement des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit, dès lors, être écarté.
5. En deuxième lieu, les décisions attaquées mentionnent l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.
6. En troisième lieu, les conditions de notification des décisions attaquées sont sans incidence sur leur légalité. Le moyen tiré de l'irrégularité de cette notification ne peut donc qu'être écarté comme inopérant.
7. En quatrième lieu, le droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Ce droit ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
8. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle est prise une décision faisant grief que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.
9. En l'espèce, s'il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition en date du 13 mars 2023 que M. A aurait été informé qu'il était susceptible de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et d'une assignation à résidence, il ne se prévaut d'aucun élément pertinent qu'il aurait été empêché de faire valoir et qui aurait pu influer sur le contenu des décisions contestées.
10. En cinquième lieu, il ne ressort pas des termes des décisions attaquées que le préfet de la Meuse n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A.
En ce qui concerne les moyens dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; ".
12. Si M. A soutient que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, il ressort des termes mêmes de la décision contestée que cette dernière est également fondée sur la circonstance qu'il est entré irrégulièrement en France et se maintient irrégulièrement sur le territoire, ce que ne conteste pas le requérant. Par suite, pour ce seul motif, le préfet était fondé à adopter la mesure contestée. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
14. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en 2016. Il fait valoir la présence de son épouse et de ses enfants en France. Toutefois, il ne produit aucun élément relatif à sa vie de famille et en tout état de cause ne conteste pas que son épouse séjourne également irrégulièrement en France. Sa durée de présence en France s'explique en partie par la circonstance qu'il n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement. Il ne produit aucun élément d'insertion en France et il est défavorablement connu des services de police pour des faits de conduite sans permis et sans assurance. Par suite, la décision attaquée ne saurait être regardée comme étant entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens dirigées contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
16. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été interpellé pour des faits de conduite sans permis. Il n'est pas contesté qu'il avait déjà été interpellé pour des faits de même nature le 21 août 2022 ainsi que pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance. Il se maintient irrégulièrement sur le territoire français et ne démontre pas avoir entrepris des démarches pour régulariser sa situation. Le préfet de la Meuse n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public résultant du comportement de M. A, et a légalement pu refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne les moyens dirigées contre la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, le requérant n'établissant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale en raison de l'illégalité de la mesure précédente.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
19. M. A n'établit pas qu'il serait exposé à des menaces pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine, ni qu'il y encourrait des traitements inhumains ou dégradants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
20. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14, la décision fixant le pays de renvoi ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnait pas les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
22. En premier lieu, la décision contestée vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle l'irrégularité du séjour de l'intéressé en France ainsi que l'irrégularité du séjour de son épouse. Dans ces conditions, bien que la décision contestée ne mentionne pas l'existence d'une précédente mesure d'éloignement qui n'a pas été exécutée, ce qui n'est pas contesté par le requérant, elle comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit, par suite, être écarté.
23. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, lorsque l'intéressé fait l'objet d'une obligation de quitter sans délai le territoire français, l'autorité administrative doit assortir cette mesure d'éloignement d'une interdiction de retour sur ce territoire, sauf lorsque des circonstances humanitaires s'y opposent. M. A ne se prévaut d'aucune circonstance humanitaire.
24. En troisième lieu, M. A a déclaré être entré irrégulièrement en France en octobre 2016. Il se prévaut de la présence en France de son épouse et de ses enfants. Toutefois, il ne produit aucun élément relatif à sa vie de famille et en tout état de cause ne conteste pas que son épouse séjourne également irrégulièrement en France. Sa durée de présence en France s'explique en partie par la circonstance qu'il n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement. Il ne produit aucun élément d'insertion en France et il est défavorablement connu des services de police pour des faits de conduite sans permis et sans assurance. Par suite, compte tenu des conditions de séjour en France ainsi rappelées, le préfet de la Meuse n'a pas commis une erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois.
En ce qui concerne les moyens dirigées contre la décision portant assignation à résidence :
25. En premier lieu, le requérant n'établissant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à soutenir que la décision l'assignant à résidence serait illégale en raison de l'illégalité de la mesure précédente.
26. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ", et aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée ".
27. Il résulte des dispositions précédentes que la durée maximale de quarante-cinq jours s'applique de plein droit à une mesure d'assignation à résidence prise sur le fondement de l'article L. 731-1, de sorte qu'une telle mesure ne saurait continuer à s'appliquer au-delà. La décision contestée qui vise l'article L. 731-1 et l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève que M. A est dans l'attente de la mise en place de son éloignement. Il ne saurait, dès lors, être regardé comme ayant été pris pour une durée illimitée du seul fait qu'il ne comporte pas de durée précise. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision méconnait les dispositions de l'article L. 731-1 au motif qu'elle ne mentionne pas la durée de l'assignation doit être écarté.
28. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet impose au requérant de se présenter les lundis, mercredis et vendredis entre 9 heures et 10 heures à la brigade de gendarmerie de Saint-Mihiel. M. A se prévaut de la présence en France de sa femme et de ses enfants. Toutefois, il n'établit pas que cette circonstance ne lui permettrait pas d'honorer son obligation de pointage. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas qu'en assortissant son assignation à résidence de ces conditions de présentation, le préfet de la Meuse aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect d'une vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ni que cette décision serait préjudiciable à sa libre circulation.
29. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2023 du préfet de la Meuse. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et à fin d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Issa et au préfet de la Meuse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La magistrate désignée,
C. C
La greffière
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601396
Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant arménien, visant à annuler son arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et l'interdiction de retour d'un an prononcée par le préfet du Gard. La juridiction a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le requérant, célibataire sans enfant, n'apportait pas d'éléments suffisants pour établir des liens familiaux ou privés stables en France au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a toutefois accordé à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle en raison de l'urgence.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601647
Le Tribunal Administratif de Nîmes rejette la requête de M. D... visant à annuler son arrêté d'éloignement. Le tribunal estime que la décision préfectorale, fondée sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers, est légale, notamment car le signataire était compétent et que le requérant n'apporte pas d'éléments suffisants pour établir une vie privée et familiale en France protégée par l'article 8 de la CEDH. Les autres moyens, concernant le pays de destination et l'interdiction de retour, sont également écartés.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601266
Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière et d'assignation à résidence pris à l'encontre d'un ressortissant algérien. Le tribunal a admis le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Sur le fond, il a examiné la légalité des mesures au regard notamment du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601220
Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre plusieurs arrêtés préfectoraux ordonnant la reconduite à la frontière de M. B... Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés, notamment concernant la légalité de la signature, la motivation des décisions et le respect des droits de l'intéressé, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026