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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2301537

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2301537

mardi 28 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2301537
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantSELARL AXIO AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 mars 2023 et un mémoire complémentaire enregistré le 7 février 2024, Mme B A épouse C, représentée par Me Merll, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite née le 15 octobre 2022, par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer un récépissé dans l'attente, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du préfet de Meurthe-et-Moselle le versement à son conseil, en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Elle soutient que :

- le préfet a omis de lui délivrer un récépissé en méconnaissance de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet a commis une erreur d'appréciation et une erreur de droit en écartant ses documents d'état-civil comme étant non probants et sans avoir vérifié leur conformité auprès des autorités étrangères compétentes, ni avoir saisi le bureau de la fraude documentaire.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 10 novembre 2023 et le 12 février 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une décision en date du 23 juin 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle présentée par Mme A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 ;

- le décret n° 2020-1370 du 10 novembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Milin-Rance a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, née le 8 décembre 1983, de nationalité guinéenne, est entrée en France le 15 septembre 2019 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour pour rejoindre son époux, M. C, ressortissant guinéen titulaire d'une carte de résident de longue durée. Le 6 février 2020, son époux a sollicité le bénéfice du regroupement familial sur place qui lui a été refusé par décision du 24 février 2020. Le 17 décembre 2020, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté en date du 26 avril 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande. Par courrier du 13 juin 2022, réceptionné par les services de la préfecture le 15 juin 2022, elle a de nouveau sollicité son admission exceptionnelle au séjour en faisant valoir sa vie privée et familiale. Elle demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet pendant quatre mois.

Sur les conclusions en annulation :

2. En premier lieu, le moyen tiré de ce que le préfet aurait omis de délivrer à Mme A un récépissé le temps de l'instruction de sa demande d'admission au séjour est sans incidence sur la légalité de la décision contestée.

3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. () ". En l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois, une décision implicite de rejet se trouve entachée d'illégalité.

4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A ait sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de Meurthe-et-Moselle pendant quatre mois à la suite de sa demande d'admission au séjour réceptionnée le 15 juin 2022. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil () des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

6. La force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.

7. D'autre part, aux termes de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, dans sa rédaction applicable au litige : " () II Sauf engagement international contraire, tout acte public établi par une autorité étrangère et destiné à être produit en France doit être légalisé pour y produire effet. La légalisation est la formalité par laquelle est attestée la véracité de la signature, la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. Un décret en Conseil d'Etat précise les actes publics concernés par le présent II et fixe les modalités de la légalisation ". Aux termes de l'article 1er du décret du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis par une autorité étrangère alors en vigueur : " Sauf engagement international contraire, tout acte public établi par une autorité étrangère et destiné à être produit en France ou devant un ambassadeur ou chef de poste consulaire français doit être légalisé pour y produire effet. La légalisation est la formalité par laquelle est attestée la véracité de la signature, la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. Elle donne lieu à l'apposition d'un cachet dont les caractéristiques sont définies par arrêté conjoint des ministres chargés de la justice et des affaires étrangères ".

8. A moins d'engagements internationaux contraires, la légalisation était imposée, s'agissant des actes publics étrangers destinés à être produits en France, sur le fondement de l'article 23 du titre IX du livre Ier de l'ordonnance de la marine d'août 1681, jusqu'à ce que ce texte soit abrogé par le II de l'article 7 de l'ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006. L'exigence de légalisation est toutefois demeurée, sur le fondement de la coutume internationale, reconnue par une jurisprudence établie du juge judiciaire, jusqu'à l'intervention du II de l'article 16 de la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019. Les 1er et 3ème alinéas de cet article ont été déclarés contraires à la Constitution, au motif qu'ils ne prévoient pas de voie de recours en cas de refus de légalisation d'actes d'état civil, par la décision n° 2021-972 QPC du 18 février 2022 du Conseil constitutionnel, qui a toutefois reporté au 31 décembre 2022 la date de leur abrogation. Par une décision n° 448296, 448305, 454144, 455519 du 7 avril 2022, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux, a annulé le décret n° 2020-1370 du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis par une autorité étrangère, pris pour l'application de ces dispositions législatives, en reportant la date et l'effet de cette annulation au 31 décembre 2022. Il en résulte que le II de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019 et l'article 1er du décret du 10 novembre 2020, qui se sont substitués à compter de leur entrée en vigueur comme fondement de l'exigence de légalisation à la coutume internationale, demeurent applicables jusqu'à cette date. Il résulte du II de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019 et de l'article 1er du décret du 10 novembre 2020 que, lorsqu'est produit devant l'administration un acte d'état civil émanant d'une autorité étrangère qui a fait l'objet d'une légalisation, sont en principe attestées la véracité de la signature apposée sur cet acte, la qualité de celui qui l'a dressé et l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. En cas de doute sur la véracité de la signature, sur l'identité du timbre ou sur la qualité du signataire de la légalisation, il appartient à l'autorité administrative de procéder, sous le contrôle du juge, à toutes vérifications utiles pour s'assurer de la réalité et de l'authenticité de la légalisation. En outre, la légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. Par suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

9. A la condition que l'acte d'état civil étranger soumis à l'obligation de légalisation et produit à titre de preuve devant l'autorité administrative ou devant le juge présente des garanties suffisantes d'authenticité, l'absence ou l'irrégularité de sa légalisation ne fait pas obstacle à ce que puissent être prises en considération les énonciations qu'il contient. En particulier, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative d'y répondre, sous le contrôle du juge, au vu de tous les éléments disponibles, sans exclure, au motif qu'ils ne seraient pas légalisés dans les formes requises, les actes d'état civil étrangers justifiant de l'identité.

10. Il ressort de ce qui vient d'être exposé qu'à la date de la décision contestée dans le présent litige, soit le 15 octobre 2022, les dispositions du II de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019 et du décret du 10 novembre 2020 étaient applicables aux actes établis par les autorités guinéennes pour justifier de l'état civil de Mme A.

11. A l'appui de sa demande d'admission au séjour présentée le 15 juin 2022, Mme A a présenté un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance n° 7665/2020 établi le 30 juin 2020 par le tribunal de première instance de Dixinn et la copie d'un extrait du registre de l'état-civil de la commune de Dixinn valant acte de naissance établi le 4 septembre 2020 sous le n° 3771 sur la base du jugement supplétif.

12. La préfète de Meurthe-et-Moselle oppose en défense que ces documents avaient été présentés en décembre 2020 lors de la précédente demande d'admission au séjour de Mme A, et ont donné lieu à un rapport d'expertise documentaire du 7 janvier 2021 concluant à leur caractère irrégulier. Il ressort de ce rapport que l'analyste en fraude documentaire et à l'identité des services de la police aux frontières a constaté, en ce qui concerne le jugement supplétif, que ce document n'est pas sécurisé et se présente sur du papier ordinaire au format A4, avec une impression intégralement au toner, une numérotation et des signatures manuscrites et une absence de cachet sec conférant un caractère irrégulier au document, nonobstant la présence de cachets humides et d'un timbre fiscal holographique conformes. Il est de plus relevé que ce document, qui ne présente pas la légalisation des services consulaires guinéens en France ni de celle du ministère des affaires étrangères guinéen, comporte une erreur dans l'orthographe du prénom du magistrat auteur du jugement, par comparaison avec le décret de sa nomination pris par le président de la République guinéenne en 2018. En ce qui concerne la copie de l'extrait du registre d'état civil tendant lieu d'acte de naissance, il est également constaté l'absence de double légalisation, et, qu'en l'absence d'original, aucun contrôle documentaire n'a pu être réalisé. Le caractère incomplet des informations présentes dans ce document au regard de l'article 184 du code civil guinéen a enfin été souligné.

13. Si la requérante produit à l'instance, pour justifier de l'orthographe du prénom du magistrat auteur du jugement supplétif, le décret présidentiel nommant celui-ci en 2021 comme conseiller à la cour suprême guinéenne, sa carte d'identité, son diplôme et sa carte professionnelle, ces documents ne sauraient valoir légalisation par les autorités compétentes au sens du II de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019.

14. Pour autant, la légalisation se bornant à attester de la régularité formelle de l'acte, son absence ne fait pas obstacle à ce que puissent être prises en considération les énonciations qu'il contient. Par suite, même si aucune disposition n'impose à la préfète de Meurthe-et-Moselle de saisir les autorités guinéennes aux fins de vérification, il lui appartient, pour renverser la présomption d'authenticité des actes d'état civil présentés, de démontrer que les anomalies relevées ôtent tout caractère probant aux informations qui y sont mentionnées, ou que celles-ci sont erronées ou falsifiés.

15. Or, au vu des éléments constatés par le rapport de la police aux frontières, et en particulier des tampons humides et du timbre fiscal holographique figurant sur le jugement supplétif sans qu'aucune anomalie n'y soit relevée, en l'absence de toute indication sur les sécurités que ce type de document doit comporter, les circonstances que le document produit ait été réalisé au toner sur du papier de format standard, qu'il soit démuni de tampon sec et que les signatures et numérotation soient manuscrites ne permettent pas de démontrer qu'il ne serait pas authentique. Le fait que l'extrait d'acte de naissance, dont les mentions reprennent les informations du jugement supplétif, ne comporte pas l'ensemble des informations prévues par l'article 174 du code civil guinéen ne suffit pas non plus à lui ôter tout caractère probant. Dans ces conditions, Mme A ayant par ailleurs produit la copie d'un passeport délivré par les autorités guinéennes le 14 mars 2016, reprenant les nom, prénom, date et lieu de naissance figurant sur le jugement supplétif, la requérante est fondée à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle a commis une erreur d'appréciation en estimant que les documents produits ne présentaient pas de garanties suffisantes d'authenticité.

16. Ceci étant, pour refuser de délivrer à Mme A un titre de séjour, la préfète de Meurthe-et-Moselle oppose en défense un second motif tiré de ce que les éléments de vie privée et familiale dont la requérante fait état ne permettent pas de justifier son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Aux termes de ces dispositions : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423 1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

17. La requérante fait valoir qu'elle réside en France depuis septembre 2019 avec son époux, titulaire d'une carte de résident de dix ans, et leur enfant né le 17 septembre 2020, et que ce dernier, bénéficiaire d'une allocation d'éducation de l'enfant handicapé, est régulièrement scolarisé. Toutefois, pour justifier de sa durée de présence et de sa communauté de vie, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que son mariage célébré en Guinée le 28 janvier 2018 ait été transcrit sur les registres de l'état civil français, Mme A produit un échéancier de fourniture d'électricité en date du 15 février 2021, trois feuilles de soins établies en décembre 2019, avril et mai 2020, deux avis de non-imposition au titre des revenus de 2019 et 2020, les bulletins de paie de son époux pour la période de novembre 2019 à novembre 2021, et le certificat de scolarité de son fils pour l'année 2023-2024, celui-ci étant domicilié à une adresse distincte de celle qu'elle a déclarée. Il ne ressort pas de ces seuls éléments, alors que la requérante n'est pas dépourvue de liens en Guinée où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-cinq ans et où résident ses parents et ses sept frères et sœurs, que la préfète ait méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour, Mme A ne contestant pas au surplus qu'elle pourrait bénéficier, ainsi que le fait valoir en défense la préfète de Meurthe-et-Moselle, de la procédure de regroupement familial.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de la décision implicite rejetant sa demande de titre de séjour doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte, ainsi, en tout état de cause, que de celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse C, à la préfète de Meurthe-et-Moselle et à Me Merll.

Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Milin-Rance, première conseillère,

Mme Grandjean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.

La rapporteure,

F. Milin-Rance

Le président,

B. Coudert

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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