mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302128 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SISSON MÉLANIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 et 27 juillet 2023, M. D B, représenté par Me Sisson, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2023 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office.
Il soutient que :
- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- le préfet ne pouvait fonder cette décision sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, seul le 4° du même article pouvant constituer la base légale de la décision contestée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Grandjean a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant kosovien né le 14 mars 1991, est entré en France en 2002. Il s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 22 août 2007 sur le fondement de l'unité de la famille, sa mère ayant obtenu le statut de réfugié à titre principal. L'OFPRA a, par une décision du 27 octobre 2022, retiré le statut de réfugié au requérant sur le fondement du 2° de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 juillet 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de ces décisions.
2. En premier lieu, il résulte des mentions de l'arrêté que celui-ci est signé par le sous-préfet de Val-de-Briey. Par un arrêté en date du 8 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet de Meurthe-et-Moselle a donné délégation à M. C A, sous-préfet de Briey, aux fins de signer les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué, qui comporte de manière suffisamment précise et non stéréotypée les considérations de droit et de fait qui le fondent, que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation du requérant avant de lui faire obligation de quitter le territoire français.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que si M. B a obtenu le statut de réfugié le 22 août 2007 et un titre de séjour à sa majorité valable du 3 novembre 2009 au 2 novembre 2019. Il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé a eu un fils né le 23 novembre 2010 en France de sa relation avec une compagne qui résiderait désormais en Allemagne. M. B n'établit pas, alors qu'il ne verse à l'instance qu'un bulletin scolaire de celui-ci relatif au troisième trimestre de l'année scolaire 2017/2018 et un certificat de scolarité pour l'année scolaire 2022/2023 qu'il ait maintenu des liens étroits avec son fils qui vit chez sa propre mère et au bénéfice duquel une mesure éducative en milieu ouvert a été ordonnée par le juge des enfants pour assurer le suivi des mesures nécessaires à son bon développement. Le requérant ne produit aucun autre élément de nature à démontrer les liens qu'il entretiendrait avec les membres de sa famille en situation régulière en France ni aucune autre attache privée sur le territoire français. Enfin, il ressort des mentions du casier judiciaire de M. B que celui-ci a été condamné à de multiples reprises pour des faits délictueux commis entre les mois de février 2010 et d'août 2022 et que sa présence en France constitue ainsi une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de fait susceptible d'influer sur sa décision en ne mentionnant pas dans l'arrêté attaqué qu'il n'a plus aucun lien avec le Kosovo dont il ne connaît pas la langue, ni que le préfet aurait insuffisamment motivé la mesure d'éloignement en ne faisant pas mention de cette absence d'attaches dans son pays d'origine ni de la présence de sa famille proche en France.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / () ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 27 octobre 2022, l'OFPRA a retiré à M. B le statut de réfugié qui lui avait été accordé le 22 août 2007. Ce dernier, qui n'était pas demandeur d'asile, ne peut ainsi utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel fixe les cas dans lesquels un demandeur d'asile perd, à la suite de la décision de rejet par l'OFPRA de sa demande d'asile, le droit au maintien sur le territoire français prévu par l'article L. 541-1 du même code à compter de l'introduction de sa demande d'asile, ni soutenir que le préfet aurait dû fonder sa décision sur les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. D'autre part, le requérant ne bénéficiant plus du statut de réfugié qui, ainsi qu'il vient d'être dit, lui a été retiré, le préfet a pu sans erreur de droit fonder sa décision sur le fondement des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que M. B représente une menace à l'ordre public.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 10 octobre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026