mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2302759 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | AARPI GARTNER & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 18 septembre 2023 sous le n° 2302759, la SAS FB Aménagement, représentée par Me Lamouille, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 23 mars 2023 par lequel le maire de la commune de Gérardmer a refusé de lui délivrer un permis d'aménager, ensemble le rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Gérardmer de lui délivrer l'autorisation de lotir sollicitée dans un délai de trois mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Gérardmer la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- la motivation de l'arrêté, qui fait référence à une ordonnance du tribunal administratif étrangère au projet, à un avis du service de l'environnement et des risques dont le maire ne s'est pas approprié le contenu et qui ne précise pas l'état du dossier qui ferait obstacle à la délivrance du permis, est irrégulière et insuffisante ;
- le maire s'est estimé à tort en situation de compétence liée eu égard à l'avis défavorable du service de l'environnement et des risques ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de l'atteinte à la zone humide en méconnaissance de l'article 1UH du règlement du plan local d'urbanisme, d'une erreur de fait, en l'absence de travaux de remblais, déblais, imperméabilisation de l'emprise concernée pour la création de l'accès, la direction départementale des territoires des Vosges ayant validé le principe de la création de l'accès ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, le terrain d'assiette étant situé en dehors de toute zone humide remarquable identifiée au SDAGE Rhin-Meuse ou par les études Memoris de la direction départementale des territoires des Vosges, et le bureau d'études mandaté dans le cadre de la déclaration " Loi sur l'eau " ayant conclu à l'absence de toute zone humide sur le terrain ; le classement en zone humide à protéger par le plan local d'urbanisme en 2012 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ; l'article 1UH n'a légalement pu interdire tous les aménagements, même légers, dès lors qu'ils ne seraient pas incompatibles avec la sensibilité du milieu, et que l'emprise est située en zone urbaine soumise au principe de constructibilité ; la dérogation n'est pas proportionnée à l'objectif poursuivi ;
- le refus du maire est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2024, la commune de Gérardmer, représentée par Me Zoubeidi-Defert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés et, à titre subsidiaire, que le motif de l'arrêté contesté visant l'ordonnance du tribunal administratif pourra être neutralisé.
II. Par une requête enregistrée le 7 novembre 2023 sous le n° 2303217, la SAS FB Aménagement, représentée par Me Lamouille, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 26 mai 2023 par lequel le maire de la commune de Gérardmer a refusé de lui délivrer un permis de construire, ensemble le rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Gérardmer de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai de trois mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Gérardmer la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- la motivation de l'arrêté, qui fait référence à une ordonnance du tribunal administratif étrangère au projet et ne précise pas l'état du dossier qui ferait obstacle à la délivrance du permis, est irrégulière et insuffisante ;
- l'arrêté est illégal en ce qu'il est fondé sur un refus de permis d'aménager qui est illégal ; et en tout état de cause, le projet ne comprend pas de travaux d'aménagement ni d'équipements communs de sorte que la demande aurait dû être instruite ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de l'atteinte à la zone humide en méconnaissance de l'article 1UH du règlement du plan local d'urbanisme, d'une erreur de fait, en l'absence de travaux de remblais, déblais, imperméabilisation de l'emprise concernée pour la création de l'accès, la direction départementale des territoires des Vosges ayant validé le principe de la création de l'accès ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, le terrain d'assiette étant situé en dehors de toute zone humide remarquable identifiée au SDAGE Rhin-Meuse ou par les études Memoris de la direction départementale des territoires des Vosges, et le bureau d'études mandaté dans le cadre de la déclaration " Loi sur l'eau " ayant conclu à l'absence de toute zone humide sur le terrain ; le classement en zone humide à protéger par le plan local d'urbanisme en 2012 est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ; l'article 1UH n'a légalement pu interdire tous les aménagements, même légers, dès lors qu'ils ne seraient pas incompatibles avec la sensibilité du milieu, et que l'emprise est située en zone urbaine soumise au principe de constructibilité ; la dérogation n'est pas proportionnée à l'objectif poursuivi ;
- le refus du maire est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 février 2024, la commune de Gérardmer, représentée par Me Zoubeidi-Defert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés et, à titre subsidiaire, que le motif de l'arrêté contesté visant l'ordonnance du tribunal administratif pourra être neutralisé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin-Rance, rapporteure,
- et les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2302759 et n° 2303217 portent sur des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour y statuer par un même jugement.
2. Le 19 janvier 2022, la société FB Aménagement a déposé une demande de permis d'aménager en vue de créer trois lots à bâtir sur des terrains d'une superficie totale de 3 240 m², cadastrés G1672 et G0315, sis sur les Hauts de la Haie Griselle sur le territoire de la commune de Gérardmer (Vosges). Cette demande a fait l'objet d'une décision de rejet le 11 mars 2022. Les demandes de permis de construire déposées le 26 janvier 2022 ont également été rejetées. Le 7 avril 2022 la société a déposé un dossier de déclaration au titre de la loi sur l'eau. Le 1er juillet 2022, elle a déposé une demande de certificat d'urbanisme opérationnel pour la création de trois lots à bâtir qui a également été rejetée. Le 19 janvier 2023, la société a déposé une nouvelle demande de permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de deux lots sur les mêmes parcelles. Le 14 mars 2023, elle a déposé une demande de permis de construire une maison d'habitation sur le lot n° 1. Par arrêté du 23 mars 2023, le maire de la commune de Gérardmer a refusé de délivrer le permis d'aménagement sollicité. Et par arrêté du 26 mai 2023, il a refusé de délivrer le permis de construire sollicité. La société pétitionnaire demande l'annulation de ces arrêtés et des décisions rejetant ses recours gracieux.
Sur les conclusions en annulation dirigées contre le refus de permis d'aménager :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction issue de la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. Cette transmission peut s'effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat. () Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. La preuve de la réception des actes par le représentant de l'Etat dans le département ou son délégué dans l'arrondissement peut être apportée par tout moyen. () La publication ou l'affichage des actes mentionnés au premier alinéa sont assurés sous forme papier. () ".
4. Le refus de permis d'aménager en litige est signé par M. B A, adjoint au maire. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, par un arrêté du 7 juillet 2020, transmis aux services du contrôle de légalité de la préfecture des Vosges le 8 juillet 2020 et régulièrement publié dans l'édition n° 3-2020 du mois de septembre 2020 du recueil des actes administratifs de la commune de Gérardmer, le maire de Gérardmer a délégué à M. A sa signature en matière " de permis de construire, certificats d'urbanisme et autres autorisations d'occupation du sol ", et que, d'autre part, le maire de la commune a attesté le 9 décembre 2021 de la permanence de l'accessibilité du recueil à l'accueil de la mairie et que la mise à disposition du public de ce recueil a fait l'objet d'un communiqué de presse affiché en mairie du 18 novembre 2020 au 2 février 2021, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction alors applicable. L'arrêté du 7 juillet 2020 portant délégation à M. A revêtait ainsi, à la date de l'arrêté du 23 mars 2023, un caractère exécutoire. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le refus de permis d'aménager qui lui a été opposé serait entaché d'un vice d'incompétence de son signataire.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6 ".
6. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que celui-ci indique que le projet comprend des accès en zone humide pour les deux lots créés et mentionne l'interdiction des travaux de remblais, déblais, drainage, imperméabilisation, construction et stockage dans une telle zone, prévue par l'article 1UH du règlement du plan local d'urbanisme. Il vise également l'avis du service de l'environnement et des risques en date du 26 janvier 2023, en précisant son sens défavorable. Au vu de ces éléments, qui démontrent que le maire a instruit la demande de permis sans opposer une incomplétude du dossier, l'arrêté du 23 mars 2023, comprend les éléments de droit et de faits sur lesquels il se fonde et est, par suite, suffisamment motivé. La circonstance que l'arrêté fasse également référence aux termes d'une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif étrangère aux parties en présence est sans incidence sur la régularité de l'arrêté contesté. Si l'arrêté indique qu'" en outre, () le projet ne peut être accepté en l'état ", il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire ait, ce faisant, entendu opposer un motif distinct de celui précédemment énoncé. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas de cette motivation que le maire de la commune de Gérardmer se soit estimé en situation de compétence liée par rapport à l'avis défavorable du service de l'environnement et des risques.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / () ". Aux termes de l'article 1UH du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Gérardmer, dans sa rédaction issue de la modification approuvée le 11 juillet 2022 : " Les occupations et utilisations du sol suivantes sont interdites : () dans les zones humides, reportées sur le document de zonage : - les remblais et les déblais quelle qu'en soit la surface et l'épaisseur, sauf dans les cas de restauration du milieu. Les travaux de restauration et d'entretien des zones humides doivent être conduits de façon à conserver ou permettre la reconstitution de la richesse du milieu et veiller à son renouvellement spontané. - le drainage ; les imperméabilisations ; les constructions ; les stockages ".
9. Il est constant que le plan de zonage de la commune fait état de la présence d'une zone humide en partie Est des parcelles G1672 et G0315. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du dossier réalisé par le bureau d'études Jacquel et Châtillon pour le compte du pétitionnaire dans le cadre de la déclaration au titre de la loi sur l'eau en décembre 2021, que cette zone humide est constituée par le talus longeant le chemin de Miselle et reçoit les écoulements d'une source à Balsamine de l'Himalaya en amont du site. Il ressort également des pièces du dossier que le projet d'aménagement prévoit des accès privatifs directement sur le chemin de Miselle avec des voies drainantes. Ainsi, contrairement à ce que soutient la société requérante, au vu de la configuration des lieux, le maire de la commune n'a commis aucune erreur d'appréciation en estimant que les accès ainsi prévus emportaient nécessairement des travaux ou des aménagements impactant la zone humide. Le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions de l'article 1UH doit par suite être écarté.
10. En cinquième lieu, il ressort de la notice explicative de la révision du plan local d'urbanisme (PLU) approuvée le 11 juillet 2022 que la commune de Gérardmer a modifié le règlement applicable à la zone UH et intégré aux documents graphiques annexés la carte des zones humides issue d'une étude réalisée sur le bassin versant amont de la Vologne afin de rendre le PLU compatible avec le schéma régional d'aménagement de développement durable et d'égalité des territoires de la région Grand Est suivant les modalités du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux du Bassin Rhin-Meuse. Ces documents ayant pour objectif de maintenir ou de restaurer les fonctionnalités des milieux naturels et zones humides en les préservant contre les atteintes qui pourraient y être apportées, la commune de Gérardmer a souhaité, conformément aux orientations de son projet d'aménagement et de développement durables du 5 octobre 2012, renforcer la préservation des zones humides à enjeux d'urbanisation. Au vu de ce parti d'urbanisme qu'il appartient à l'autorité locale seule de définir, les dispositions de l'article 1UH qui tendent seulement à empêcher que toute construction ou utilisation du sol empiète sur les zones humides répertoriées ne sont entachées d'aucune erreur manifeste d'appréciation. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de ces dispositions du plan local d'urbanisme.
11. En sixième lieu, ni le permis d'aménager contesté, ni le plan local d'urbanisme dont la société requérante excipe de l'illégalité, ne constituent des décisions dans le domaine de l'eau au sens de l'article L. 212-1 du code de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de ce que la zone humide présente sur le terrain d'assiette ne serait pas recensée par le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux doit être écarté comme étant inopérant. Et la requérante ne peut davantage utilement se prévaloir de ce que les cartographies réalisées par la direction départementale des territoires des Vosges n'auraient pas recensé cette zone humide.
12. Enfin, le projet d'aménagement en litige ayant été légalement apprécié au vu des dispositions du PLU dans sa rédaction révisée du 11 juillet 2022, la société requérante ne peut utilement se prévaloir d'un précédent projet d'aménagement sur les mêmes parcelles ayant fait l'objet d'un rejet le 11 mars 2022. Le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
13. Il résulte de ce qui précède que la société FB Aménagement n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 23 mars 2023 par lequel le maire de la commune de Gérardmer a refusé de lui délivrer un permis d'aménager, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions d'annulation dirigées contre le refus de permis de construire :
14. En premier lieu pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 26 mai 2023 doit être écarté.
15. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise l'article R. 442-18 du code de l'urbanisme et l'article 1UH du règlement du plan local d'urbanisme et mentionne les circonstances, d'une part, que le projet de construction porte sur le lot n° 1 d'un lotissement qui n'a pas été autorisé et, d'autre part, que l'accès de la construction projetée est prévu en zone humide. Il comprend ainsi les éléments de droit et de fait sur lesquels il se fonde. La circonstance que l'arrêté fasse également référence aux termes d'une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif étrangère aux parties en présence est sans incidence sur la régularité de l'arrêté contesté. Si l'arrêté indique qu'" en outre, () le projet ne peut être accepté en l'état ", il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire ait, ce faisant, entendu opposer un motif distinct de celui précédemment énoncé. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté litigieux doit être écarté.
16. En troisième lieu, le terrain d'assiette du projet de construction est le lot n° 1 du lotissement ayant fait l'objet du refus de permis d'aménager opposé le 23 mars 2023. Ainsi qu'il a été exposé au point 9, les dispositions de l'article 1 UH font obstacle à la réalisation de travaux de déblais, de remblais et de drainage sur le talus humide protégé situé sur la partie Est du terrain d'assiette longeant le chemin de Miselle. Il ressort des pièces du dossier que le projet de construction prévoit un accès par cette zone protégée en aménageant sous voirie un bassin. Au vu de ces éléments, le maire de la commune n'a commis aucune erreur d'appréciation en estimant que le projet méconnait les prescriptions de l'article 1UH.
17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10 à 12 du présent jugement, les moyens tirés des exceptions d'illégalité de l'article 1UH du plan local d'urbanisme et du détournement de pouvoir doivent être écartés.
18. Il résulte de ce qui précède que la société FB Aménagement n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 mai 2023 par lequel le maire de la commune de Gérardmer a refusé de lui délivrer un permis de construire, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
19. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
21. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gérardmer, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que sollicite la société FB Aménagement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
22. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société requérante le versement à la commune de Gérardmer d'une somme globale de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2302759 et n° 2303217 de la société FB Aménagement sont rejetées.
Article 2 : La société FB Aménagement versera à la commune de Gérardmer une somme de 2 000 (deux mille) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Gérardmer présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société FB Aménagement et à la commune de Gérardmer.[MRF1]
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La rapporteure,
F. Milin-Rance
Le président,
B. Coudert
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
[MRF1]Notifier 2 fois avec voies et délais différentes pour les deux affaires
Nos 2302759,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026