mercredi 28 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2400385 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | JACQUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 22 février 2024, M. A B, représenté par Me Jacquin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 5 février 2024 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité et lui a interdit le retour pendant une durée de 24 mois, ensemble l'arrêté du même jour l'assignant à résidence ;
3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une carte de séjour portant la mention vie privée et familiale, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois, sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre les deux arrêtés :
- ils sont entachés d'un défaut de compétence de leur auteur ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français sans délai :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle a été prise en méconnaissance des 3° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il présente des garanties de représentation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant, tel que protégé par l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'erreur de droit puisqu'il justifie de circonstances humanitaires ;
- elle porte une attente disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale et méconnaît l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, les nouvelles dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étant pas entrées en vigueur ;
- les modalités de présentation aux servies de police ne sont pas suffisamment motivées ;
- elles ne sont pas nécessaires et proportionnées ;
- elle contrevient à sa liberté de circulation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 février 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Milin-Rance pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin-Rance, magistrate désignée,
- et les observations de Me Jacquin représentant M. A B, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et souligne qu'il a fait une demande d'admission au séjour en décembre 2023 en faisant valoir sa durée de présence sur le territoire français depuis 9 ans, sa vie commune avec son épouse depuis décembre 2017, la naissance de leur enfant en 2019, sa contribution à l'entretien et l'éducation de celui-ci et son intégration dans la société française. Son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public puisqu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation judiciaire. La préfète a omis de prendre en compte les promesses d'embauche dont il dispose. Il justifie entretenir des liens stables sur le territoire français, notamment avec ses frères. L'interdiction de retour méconnait l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'obligation de pointage auprès des services de police deux fois par semaine est disproportionnée. L'assignation à résidence est dépourvue de base légale puisque les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'étaient pas entrées en vigueur à la date de l'arrêté. La mesure n'est ni adaptée ni nécessaire puisqu'il présente des garanties de représentation.
- La préfète de Meurthe-et-Moselle n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique conformément à l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 22 juillet 1988, de nationalité algérienne, a déclaré être arrivé en France en 2015 sous le couvert d'un visa touristique. Il a été interpellé par les services de la police aux frontières en poste à Villers-lès-Nancy le 5 février 2024 et placé en garde-à-vue dans le cadre d'une procédure pour usage de faux document. Il a fait l'objet, le même jour, d'un arrêté pris par la préfète de Meurthe-et-Moselle l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour une durée de 24 mois, et d'un arrêté portant assignation à résidence. Il conteste ces deux arrêtés.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à plusieurs décisions :
4. En premier lieu, l'arrêté est signé par Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture, auquel la préfète de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature par un arrêté en date du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
5. En second lieu, l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour comprend les éléments de droit et de faits sur lesquels il se fonde. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation doivent être écartés.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A B a été mis en cause le 3 septembre 2016 pour avoir commis des faits de vol à l'étalage et vol en réunion à Roanne et Mably, le 2 mai 2019 pour des faits de vol simple à Saint-Etienne, le 23 mai 2020 pour des faits de vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt à Bouthéon, le 17 février 2022 pour des faits d'altération frauduleuse de la vérité dans un écrit, commis à Saint-Etienne. Par ailleurs, l'intéressé a été interpellé par les services de la police aux frontières de Villers-lès-Nancy le 5 février 2024, pour des faits de faux et usage de faux documents administratifs. Il ressort du procès-verbal d'audition établi le 5 février 2024 que l'intéressé a reconnu avoir, en décembre 2022, effectué une demande de protection universelle maladie en remettant aux services de la CPAM de la Loire la copie d'un faux titre de séjour libellé à son nom et comportant sa photographie, et utilisé ce faux document pour s'inscrire dans des agences de travail intérimaires qui lui ont donné des missions à Laxou, Nancy et Pont-à-Mousson. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces mises en cause, que le requérant ne conteste pas sérieusement en se bornant à soutenir qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation judiciaire, ait donné lieu à une relaxe ou à un classement sans suite pour insuffisance de charge. Au vu de l'ensemble de ces éléments, du nombre et de la réitération des faits reprochés, la préfète de Meurthe-et-Moselle, qui ne s'est pas uniquement fondée sur la consultation du traitement des antécédents judiciaires, n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni méconnu les dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que le comportement de M. A B représentait une menace pour l'ordre public. Elle pouvait pour se seul motif opposer au requérant une obligation de quitter le territoire français.
8. En deuxième lieu, si le requérant fait valoir qu'il a déposé une demande de titre de séjour sur laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle n'aurait pas statué, outre qu'il ne justifie pas qu'une telle demande était en cours d'instruction à la date de l'arrêté contesté, il ressort des termes de l'arrêté contesté que la préfète, qui a examiné l'ensemble de sa situation personnelle et familiale eu égard aux conséquence d'un éloignement, mais également au vu de la possibilité d'une régularisation de son séjour, a légalement pu fonder sa décision sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En troisième lieu, indépendamment de l'énumération donnée par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une mesure d'éloignement, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure de reconduite à la frontière à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi ou une convention internationale prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière.
10. Aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968: " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord () / b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ; / ". Et aux termes de l'article 9 du même accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5,7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. / Ce visa de long séjour accompagné de pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent ".
11. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A B justifierait du visa de long séjour requis par les stipulations précitées de l'article 9 de l'accord franco-algérien, de sorte qu'il ne justifie pas d'un droit à se voir délivrer un certificat de résidence algérien sur le fondement du b) de l'article L. 611-7.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Si M. A B soutient qu'il est présent en France depuis 2015, qu'il s'est marié religieusement avec une ressortissante algérienne et que, de leur union, est né un enfant en 2019 dont il participe à l'entretien et l'éducation, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa compagne justifierait d'un droit au séjour en France. S'il fait valoir qu'il bénéficie de promesses d'embauche, ces éléments ne permettent pas, au vu des motifs exposés au point 7 du présent jugement, et le requérant ne démontrant pas être dans l'impossibilité de reconstituer sa vie privée et familiale dans son pays d'origine, de démontrer que la décision d'éloignement porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
14. En dernier lieu, aucune circonstance ne fait obstacle à ce que l'enfant du requérant l'accompagne en Algérie, pays dont sa compagne a également la nationalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
15. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet " et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; ()".
16. Ainsi qu'il a été exposé au point 7, le comportement de M. A B représente une menace pour l'ordre public. Par suite, pour ce seul motif, la préfète de Meurthe-et-Moselle était en droit de lui refuser un délai de départ volontaire, sans qu'il soit besoin d'examiner les garanties de représentation dont il fait état.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
17. Le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'interdiction de retour.
18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () " et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
19. Il ressort des pièces du dossier que M. A B a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour d'un an, édictée par le préfet de la Loire le 18 février 2022 et demeurée non exécutée. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 12 ci-dessus du présent jugement, le comportement du requérant présente une menace pour l'ordre public et il ne démontre pas avoir développé en France des attaches anciennes, intenses et stables. En l'absence d'aucune circonstance susceptible de constituer une circonstance humanitaire au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de Meurthe-et-Moselle n'a commis aucune erreur de droit ni aucune erreur d'appréciation en lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée de 24 mois.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
20. Le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'assignation à résidence.
21. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () " et aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. " Il appartient au préfet de déterminer les lieux dans lesquels l'étranger est astreint à résider ainsi que la périodicité des présentations de ce dernier aux services de police.
22. Pour assigner M. A B à résidence, la préfète s'est fondée sur le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur la circonstance qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui lui a été notifiée le 5 février 2024. Contrairement à ce que soutient le requérant, les dispositions du 1° de l'article L. 731-1, dans leur rédaction issue de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 dont le 2° du VI de l'article 72 est entré en vigueur à la date de sa publication, permettaient à la préfète de statuer sur ce fondement.
23. Si le requérant soutient que la mesure contestée ne serait ni nécessaire ni proportionnée, il ne justifie d'aucune circonstance susceptible de faire obstacle à ce qu'il honore l'obligation de pointage qui lui est faite. Par suite, les moyens tirés de ce que l'assignation à résidence porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale et à sa liberté d'aller et de venir et de circuler, doivent être écartés.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 février 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pendant 24 mois et de l'arrêté du même jour l'assignant à résidence, et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais d'instance, doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : M. A B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de Meurthe-et-Moselle
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2024.
La magistrate désignée,
F. Milin-RanceLa greffière,
L. Rémond
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026