jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401923 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BOUTONNET |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête enregistrée le 25 juin 2024 à 17 heures 14 sous le n° 2401917, Mme A B demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 15 avril 2024, notifié le 30 avril 2024, par lequel le préfet de la Loire a fixé le pays à destination duquel elle sera reconduite en exécution de l'interdiction judiciaire du territoire français prononcée à son encontre ;
2) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation et méconnait les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
La requête a été communiquée au préfet de la Loire qui n'a pas produit de mémoire.
II - Par une requête sommaire enregistrée le 26 juin 2024 à 15 heures 35 et un mémoire complémentaire enregistré le 10 juillet 2024, sous le n° 2401923, Mme B demande au tribunal :
1) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de la Loire l'a maintenue en rétention administrative ;
2) d'enjoindre au préfet de la Loire de lui délivrer une attestation d'asile et de lui permettre de se maintenir sur le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) conformément aux dispositions de l'article L. 777-2 du code de justice administrative ;
3) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il ne lui a pas été notifié dans une langue qu'elle comprend ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation quant au caractère dilatoire de sa demande d'asile ;
- il porte atteinte au principe du contradictoire tel que garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- il est entaché d'un vice de procédure, son droit à l'information ayant été méconnu ;
- elle dispose de garanties de représentation.
La requête a été communiquée au préfet de la Loire qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Audrey Jouguet, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Boutonnet, avocat commis d'office représentant Mme B, qui reprend les moyens et conclusions des deux requêtes susvisées et fait valoir en outre que Mme B dispose d'un ancrage personnel sur le territoire français, puisqu'elle est en couple avec M. D, résidant à Lyon et que son frère est en situation régulière en France, qu'elle exprime ses craintes pour sa sécurité en cas de retour au Nigéria, et souligne qu'elle souffre de pathologies nécessitant des traitements réguliers dont le suivi n'est pas assuré dans son pays d'origine ;
- les observations de Mme B, qui indique qu'elle souhaite quitter le centre de rétention et retrouver une vie normale, et qu'elle a tenté, lors de son incarcération, de régulariser sa situation ;
- et les observations de M. F, représentant le préfet de la Loire, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés ; il souligne plus particulièrement que l'intéressée n'apporte aucun élément de nature à démontrer d'une part la gravité des pathologies dont elle se prévaut et les suivis dont elle ferait l'objet, et d'autre part, la réalité des risques qu'elle encourt en cas de retour au Nigéria, que sa demande d'asile a fait l'objet d'un refus en 2016, que sa première demande de réexamen a été déclarée irrecevable en 2019, et que l'OFPRA a de nouveau déclaré irrecevable le second réexamen qu'elle a sollicité le 24 juin 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience le 11 juillet 2024 à 14 heures 25, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante nigériane née le 19 décembre 1988 à Delta State (Nigéria), serait entrée en France le 16 septembre 2013 pour y solliciter le statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 29 février 2016 et de la CNDA du 1er décembre 2016. Par une décision du 6 août 2019, confirmée par la CNDA le 15 novembre 2021, l'OFPRA a déclaré irrecevable sa demande de réexamen. Par un jugement du tribunal judiciaire de Lyon du 21 mai 2021, Mme B a été condamnée à sept ans d'emprisonnement et à titre complémentaire, à une interdiction définitive du territoire français, pour des faits de proxénétisme aggravé commis en bande organisée, traite d'être humain commise en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime, blanchiment aggravé et concours à une opération de placement, dissimulation ou conversion du produit d'un délit. La requérante a été incarcérée du 22 novembre 2019 au 20 juin 2024. Par un arrêté du 15 avril 2024, notifié le 30 avril 2024, le préfet de la Loire a pris à son encontre un arrêté fixant le pays de renvoi. Mme B a par ailleurs été placée en rétention au jour de sa sortie d'écrou, le 20 juin 2024. Le 24 juin 2024, elle a sollicité un nouveau réexamen de sa demande d'asile. Estimant que cette demande était présentée dans le seul but de faire échec à son éloignement, le préfet de la Loire a, par un arrêté du 26 juin 2024, ordonné son maintien en rétention. Par les deux requêtes susvisées, qu'il convient de joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement, Mme B demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté fixant le pays de renvoi :
2. En premier lieu, par un arrêté du 13 juillet 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 24 juillet 2023, le préfet de la Loire a donné délégation à M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relatives notamment à la police des étrangers. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entachée la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision fixant le pays à destination duquel Mme B doit être reconduite en exécution de la mesure d'interdiction définitive du territoire français dont elle a fait l'objet, vise notamment les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle mentionne que la requérante est de nationalité nigériane et précise que l'intéressée d'une part, a été condamnée par le juge judiciaire à une peine complémentaire d'interdiction définitive du territoire français et que d'autre part, elle n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cette décision comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et ne peut, dès lors, qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 641-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La peine d'interdiction du territoire français susceptible d'être prononcée contre un étranger coupable d'un crime ou d'un délit est régie par les dispositions des articles 131-30, 131-30-1 et 131-30-2 du code pénal ". En vertu du deuxième alinéa de l'article 131-30 du code pénal, auquel renvoie l'article L. 641-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'interdiction du territoire français prononcée contre un étranger coupable d'un crime ou d'un délit " entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière ", le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou sa réclusion.
5. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office () d'une peine d'interdiction du territoire français () ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
6. Il résulte de ces dispositions, qu'aussi longtemps que la personne condamnée n'a pas obtenu de la juridiction qui a prononcé la condamnation pénale le relèvement de cette peine, l'autorité administrative est tenue de pourvoir à son exécution sauf à solliciter du ministère public la levée de ses réquisitions aux fins d'exécution, spécialement au cas où le renvoi exposerait l'étranger à des traitements inhumains ou dégradants prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Mme B soutient que son retour au Nigéria l'exposerait à des traitements contraires aux textes susvisés et qu'elle encourt des risques pour sa sécurité et sa sureté. Toutefois, en se bornant à invoquer le dépôt de plaintes de femmes nigérianes en France et la crainte de vengeances et de persécutions de la part de leurs familles au Nigéria, ainsi que l'attitude vengeresse de son grand-oncle, sans produire aucun élément de nature à établir le caractère réel, personnel et actuel des risques allégués, et sans démontrer être dans l'impossibilité de bénéficier de la protection des autorités nigérianes, Mme B n'établit pas la réalité des risques personnels invoqués. En outre, si l'intéressée soutient qu'elle souffre d'endométriose et d'une pathologie à l'œil suite à un accident de travail, qui nécessitent un traitement quotidien, elle n'établit ni la réalité de ces pathologies, ni que les traitements évoqués ne seraient pas disponibles dans son pays d'origine ou que leur interruption entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants doivent être écartés.
8. En dernier lieu, si Mme B soutient également que l'arrêté contesté a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale normale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à la supposer établie, l'atteinte à ce droit découle, en tout état de cause, non de la décision qui se borne à prévoir le renvoi de l'intéressé dans son pays d'origine, mais du prononcé par le juge pénal de la peine d'interdiction du territoire, qui fait obstacle à sa libre circulation sur le territoire de la république française et lui interdit d'y revenir. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du 15 avril 2024 par lequel le préfet de la Loire a fixé le pays à destination duquel elle sera reconduite en exécution de l'interdiction judiciaire du territoire français.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'arrêté portant maintien en rétention administrative :
10. En premier lieu, par un arrêté du 13 juillet 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 24 juillet 2023, le préfet de la Loire a donné délégation à M. Dominique Schuffenecker, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relatives notamment à la police des étrangers. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entachée la décision attaquée doit être écarté.
11. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Il vise notamment les dispositions de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que la seconde demande de réexamen de sa demande d'asile présentée par la requérante postérieurement à son placement en rétention, a été introduite dans le seul but de faire échec à son éloignement. Par suite, alors que le préfet n'a pas à mentionner tous les éléments relatifs à la situation de l'étranger, cet arrêté comporte ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Cette motivation révèle également que le préfet de la Moselle a procédé à un examen particulier de la situation de Mme B. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de cette décision et du défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressée doivent, par suite, être écartés.
12. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Mme B ne peut ainsi utilement faire valoir que la décision contestée n'aurait pas été notifiée dans une langue qu'elle comprend et qu'elle n'a pas pu bénéficier de l'assistance d'un interprète. Par suite, ce moyen doit être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ () ".
14. Mme B soutient que la demande de réexamen de sa demande d'asile déposée le 24 juin 2024 n'a pas été présentée à des fins dilatoires, mais en raison de ses craintes en cas de renvoi dans son pays le Nigéria, où elle redoute d'une part, des vengeances et des persécutions de la part des familles des femmes nigérianes ayant porté plainte contre elle en France pour proxénétisme, et d'autre part, la violence de son grand-oncle qui aurait empoisonné sa grand-mère. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme B a sollicité l'asile pour la première fois en 2016 et que sa demande a fait l'objet d'une décision de rejet par l'OFPRA en date du 29 février 2016, confirmée par la CNDA le 1er décembre 2016. Elle a sollicité le réexamen de cette demande en 2019, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité de l'OFPRA le 6 août 2019, confirmée par la CNDA le 15 novembre 2021. Il ressort également des pièces du dossier que la requérante a refusé à trois reprises, les 9 et 18 janvier et le 13 février 2024 de se présenter devant les services de l'unité d'identification des services de la police aux frontières, en vue d'obtenir une audition avec des observations, une fiche d'évaluation relative à la détection de vulnérabilité, une photographie ainsi que des empreintes. En outre, comme il a été précisé au point 7 du présent jugement, Mme B n'apporte aucun élément précis et circonstancié permettant d'étayer ses déclarations au sujet des risques qu'elle encourt en cas de retour au Nigéria. Enfin, par une décision du 1er juillet 2024, l'OFPRA a de nouveau déclaré irrecevable la demande de réexamen déposée par l'intéressée le 24 juin 2024. Dans ces conditions, le préfet de la Loire n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en estimant que la demande de réexamen de sa demande d'asile présentée en rétention par Mme B n'avait d'autre but que de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre.
15. En cinquième lieu, Mme B invoque l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et allègue qu'en l'absence d'audition portant spécifiquement sur ses craintes en cas de retour dans son pays d'origine, la décision de maintien en rétention a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière et en violation du respect du principe du contradictoire dans la procédure préalable. La requérante ne précise toutefois pas en quoi elle disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la décision de la maintenir en rétention et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à y faire obstacle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe contradictoire garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.
16. En sixième lieu, Mme B soutient qu'elle n'a pas reçu les informations qui doivent être données à un étranger souhaitant demander l'asile en application des dispositions de l'article R. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Toutefois, la méconnaissance de la procédure relative à la demande d'asile d'un étranger placé en rétention administrative est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée portant maintien en rétention. Dès lors le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas reçu l'information prévue par les dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
17. En dernier lieu, Mme B ne peut utilement soutenir qu'elle présenterait des garanties de représentation à l'appui de la contestation de la mesure de maintien en rétention dès lors qu'il ressort des dispositions précitées de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le maintien en rétention administrative n'est pas conditionné par l'absence de garanties de représentation suffisantes mais est prononcé lorsque l'étranger placé en rétention administrative présente une demande d'asile dans le seul but de faire échec à une mesure d'éloignement. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
18. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de la Loire l'a maintenue en rétention administrative.
Sur les conclusions à fin d'injonction et les frais du litige :
19. D'une part, le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il s'ensuit que les conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 dans les requêtes n° 2401917 et n° 2401923 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2401917 et n° 2401923 présentées par Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Loire.
Lu en audience publique le 11 juillet 2024 à 14 heures 45.
La magistrate désignée,
A. CLa greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2401917, 2401923
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026