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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2401932

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2401932

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2401932
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantJEANNOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, M. B A, représenté par Me Jeannot, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre les effets de la décision implicite par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour jusqu'à la décision à intervenir au fond ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer, pendant le temps de l'instruction de sa demande de titre de séjour, un récépissé sans mention " X se disant ", pour une durée d'au moins six mois, dans le délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, avec autorisation de travail, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard jusqu'à la décision au fond ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite compte tenu de la gravité de l'atteinte portée à ses droits ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'elle est entachée d'incompétence ; qu'elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète n'a pas exercé l'étendue de son pouvoir ; qu'elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son dossier de demande de titre de séjour était complet ; qu'elle méconnaît plusieurs libertés fondamentales en l'empêchant de mener une vie privée et familiale normale, de travailler et de vivre dans des conditions décentes.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2024, la préfète de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les conclusions tendant à la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour sont sans objet dès lors que son récépissé de demande de titre de séjour a été renouvelé et qu'un titre de séjour valable du 23 mai 2024 au 22 mai 2025 a été fabriqué le 6 juin 2024.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2024.

Vu :

- la requête enregistrée le 26 juin 2024 sous le n° 2401934 par laquelle M. A demande au tribunal d'annuler la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant malien, s'est vu délivrer, à la suite de l'annulation par un jugement du tribunal administratif de Nancy du 22 juin 2023 de l'arrêté du 21 décembre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle avait refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui avait fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, un récépissé de demande de titre de séjour valable du 26 juillet 2023 au 25 janvier 2024. Par la présente requête, il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre les effets de la décision implicite par laquelle la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour et d'enjoindre à la préfète de lui délivrer un tel récépissé.

Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Lorsque le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête ou lorsque les écritures en défense révèlent une irrecevabilité manifeste. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement, constater un non-lieu ou rejeter la demande comme manifestement irrecevable, sans tenir d'audience.

4. Il résulte de l'instruction que la préfète de Meurthe-et-Moselle a remis à M. A, le 9 avril 2024, un récépissé de demande de titre de séjour valable du 26 janvier 2024 au 25 juillet 2024 et qu'elle a, au surplus, délivré à l'intéressé une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " le 6 juin 2024. Il suit de là que les conclusions de M. A tendant à la suspension d'une décision implicite de refus de renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour étaient dépourvues d'objet à la date d'introduction de sa requête en référé et, par suite, manifestement irrecevables et qu'elles ne peuvent en conséquence qu'être rejetées. Il en va de même de ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que de celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Jeannot.

Copie en sera adressée, pour information, à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Fait à Nancy, le 11 juillet 2024.

Le juge des référés,

B. Coudert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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