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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2502224

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2502224

mardi 9 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2502224
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantSCP BOUVIER - JAQUET - ROYER - PEREIRA-BARBOSA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nancy a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante géorgienne, qui contestait le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français et les décisions subséquentes prises par la préfète de Meurthe-et-Moselle. La juridiction a examiné les moyens soulevés, notamment ceux tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais les a écartés comme non fondés. Le tribunal a estimé que la décision attaquée était suffisamment motivée et que la situation personnelle et familiale de l'intéressée ne justifiait pas une admission exceptionnelle au séjour. En conséquence, l'ensemble des conclusions de la requête a été rejeté.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2025, Mme A... B..., représentée par Me Pereira, demande au tribunal :

de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 16 juin 2025 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office de la mesure d’éloignement ;

d’enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » en application des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 500 euros à Me Pereira au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation par son conseil à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle, notamment au regard des critères posés par l’article R. 221-11 du code du travail ;
- elle est entachée d’un vice de procédure en l’absence de communication de l’avis rendu par la commission du titre de séjour sur sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de l’article L. 435-1 du même code ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de l’article L. 414-13 du même code ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle au regard des dispositions de l’article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est illégale dès lors qu’un titre de séjour de plein droit doit lui être délivré sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision d’octroi d’un délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit d’être entendue, consacré par le code des relations entre le public et l'administration et l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et le principe général des droits de la défense ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation quant à la fixation du délai ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :
- elle a été prise en méconnaissance de son droit d’être entendue, consacré par le code des relations entre le public et l'administration et l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et le principe général des droits de la défense ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2025, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle par une décision du 28 juillet 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Siebert, rapporteur,
- et les observations de Me Pereira représentant Mme B....


Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissante géorgienne née le 5 octobre 1980, est entrée régulièrement dans l’espace Schengen par la République Tchèque le 12 septembre 2013, sous couvert d’un visa Schengen valable douze jours. Par une décision du 29 mai 2015, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d’asile déposée le 10 octobre 2013, rejet confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 3 décembre 2015. Par une demande du 30 septembre 2022, Mme B... a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 juin 2025, dont la requérante demande l’annulation, la préfète de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d’exécution d’office de la mesure d’éloignement.

Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle par une décision du 28 juillet 2025. Par suite, il n’y a pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant à son admission à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : « Les personnes physiques (…) ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; (…) ». Aux termes de l’article L. 211-5 du même code : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ».

L’arrêté en litige vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont la préfète a fait application ainsi que les éléments constitutifs de la situation personnelle de Mme B..., tels que portés à la connaissance de l’administration. Par ailleurs, les dispositions précitées n’imposaient pas à la préfète de motiver spécialement sa décision en s’écartant de l’avis favorable rendu par la commission du titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.

En deuxième lieu, il ressort de l’arrêté en litige, qui mentionne notamment que la demande d’autorisation de travail dont se prévalait Mme B... concernait un restaurant ayant définitivement fermé le 30 octobre 2024, que la préfète de Meurthe-et-Moselle a procédé à un examen particulier de sa situation personnelle.

En troisième lieu, aux termes de l’article R. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Devant la commission du titre de séjour, l'étranger fait valoir les motifs qu'il invoque à l'appui de sa demande d'octroi ou de renouvellement d'un titre de séjour. Un procès-verbal enregistrant ses explications est transmis au préfet avec l'avis motivé de la commission. L'avis de la commission est également communiqué à l'intéressé ».

Il ressort des pièces du dossier que l’avis rendu par la commission du titre de séjour sur la situation de Mme B... a été communiqué par la préfète de Meurthe-et-Moselle à l’intéressée par un courrier du 27 novembre 2024, notifié le 3 décembre 2024. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : / 1° N'ayant pas satisfait à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français dans les formes et les délais prescrits par l'autorité administrative ; (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que, saisi d’une demande d’admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de Meurthe-et-Moselle a également examiné spontanément le droit au séjour de Mme B... au regard de l’article L. 423-23 du même code. Toutefois, après avoir refusé son droit au séjour sur ces deux fondements, la préfète s’est également fondée sur le 1° de l’article L. 432-1-1 précité, dès lors que l’intéressée n’avait pas exécuté deux précédentes obligations de quitter le territoire français édictées à son encontre et devenues définitives, ce qu’elle ne conteste pas. Dans ces conditions, la préfète, qui n’a pas fait une inexacte application de cet article, pouvait se fonder sur ce seul motif pour refuser de faire droit à la demande de titre de séjour. Par suite, les moyens tirés de l’inexacte application des dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l’erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions des articles L. 435-1 et L. 414-13 du même code doivent être écartés.

En cinquième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir d’ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

Mme B... se prévaut de ce qu’elle réside depuis douze ans sur le territoire français, de la présence de membres de sa famille et de ce qu’elle justifie d’une insertion professionnelle qui lui permet d’être autonome financièrement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l’intéressée, divorcée, vit en concubinage avec un compatriote en situation irrégulière et ayant fait l’objet de plusieurs mesures d’éloignement. Si la commission du titre de séjour a relevé que son fils, C... B... né le 29 novembre 2004 et actuellement en situation régulière, réside au sein du même domicile, elle n’étaye pas à l’instance la teneur de leur relation. En outre, la fille de la requérante, Milena B..., née le 22 avril 1999 et résidant à Strasbourg, a déposé une demande d’admission exceptionnelle au séjour toujours en instruction et aucune pièce n’expose davantage la teneur de leur relation familiale. S’agissant de la mère de Mme B..., il ressort des pièces du dossier que celle-ci est retournée vivre en Géorgie après le rejet de sa demande d’asile. Par ailleurs, si Mme B... justifie d’une activité professionnelle en qualité d’employée à domicile pour service à la personne au titre du dispositif du chèque emploi-service universel du mois d’octobre 2020 jusqu’à l’année 2024, elle était par la suite sans emploi. A ce titre, la promesse d’embauche dont elle se prévaut et la demande d’autorisation de travail en tant que cuisinière dans un restaurant géorgien qui l’accompagne concernent un établissement qui a définitivement fermé en octobre 2024, de sorte que, à la date de l’arrêté en litige, Mme B... était sans emploi. Enfin, l’intéressée n’allègue aucun autre lien particulier qu’elle aurait noué en France, notamment d’ordre amical, malgré la durée de sa présence sur le territoire, ni aucune circonstance particulière de nature à faire obstacle à ce qu’elle poursuive normalement sa vie privée et familiale dans son pays d’origine où elle a vécu au moins jusqu’à l’âge de quarante-quatre ans. Dans ces conditions, la préfète de Meurthe-et-Moselle n’a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme B... en édictant la décision attaquée. Par suite, le moyen doit être écarté.

En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation de la situation de Mme B... doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l’annulation de la décision attaquée par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de séjour doit être écarté.

En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de Meurthe-et-Moselle n’aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme B... au regard de l’article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces dernières dispositions n’interdisant que l’éloignement de tout étranger mineur de dix-huit ans. Par suite, le moyen doit être écarté.

En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que le moyen tiré de ce que Mme B... ne pouvait être éloignée dès lors qu’elle pouvait se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

En dernier lieu, Mme B... ne peut utilement soutenir qu’elle ne pouvait être éloignée au regard des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces dispositions ne prévoyant pas la délivrance d’un titre de séjour de plein droit. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision d’octroi d’un délai de départ volontaire :

En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l’annulation de la décision attaquée par voie de conséquence de l’illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 612-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ».

Dès lors que le délai de trente jours accordé à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français constitue le délai de départ volontaire de droit commun, l’absence de prolongation de ce délai n’a pas à faire l’objet d’une motivation spécifique, à moins que l’étranger ait expressément demandé le bénéfice d’une telle prolongation. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B... aurait formulé une telle demande, de sorte qu’elle ne peut utilement soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée. Par suite, le moyen doit être écarté.

En troisième lieu, il ressort des termes de l’arrêté en litige que la préfète de Meurthe-et-Moselle s’est interrogée sur la possibilité, au regard de la situation personnelle de Mme B..., de prolonger le délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen particulier de sa situation personnelle doit être écarté.

En quatrième lieu, si, aux termes de l’article 41 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne : « Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l’Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d’être entendue avant qu’une mesure individuelle qui l’affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; (...) », il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union européenne que cet article s’adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l’Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d’un Etat membre est inopérant.

Par ailleurs, il résulte des dispositions des livres VI et VII du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution de la décision par laquelle l’autorité administrative signifie à un étranger l’obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Dès lors, l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration ne saurait être utilement invoqué à l’encontre d’une décision portant obligation de quitter le territoire français, ni à l’encontre des mesures accessoires, notamment celle relative au délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu’être écarté comme inopérant.

Enfin, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d’être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l’Union. Toutefois, le droit de l’intéressé d’être entendu, qui n’impose pas à l’autorité administrative de mettre l’étranger à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l’obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de séjour, est ainsi satisfait avant que n’intervienne le refus de titre de séjour. Dans ces conditions, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que son droit d’être entendue aurait été méconnu avant que ne soit prise la mesure d’éloignement litigieuse et les mesures subséquentes, notamment celle portant octroi d’un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen doit être écarté.

En dernier lieu, en se bornant à se prévaloir de sa situation familiale, Mme B... ne démontre pas que la décision attaquée serait entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de l’article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :

En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 21 à 23, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d’être entendu doit être écarté.

En second lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ».

En se bornant à alléguer qu’un retour en Géorgie l’exposerait à des risques de traitements inhumains et dégradants contraires aux stipulations précitées, Mme B... n’assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.

Il résulte de tout de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation et d’injonction sous astreinte présentées par Mme B... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :


Article 1er :
Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B... tendant à son admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B... est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B..., au préfet de Meurthe-et-Moselle et à Me Pereira.


Délibéré après l’audience publique du 18 novembre 2025 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Siebert, conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2025.


Le rapporteur,





T. SiebertLe président,





B. Coudert

La greffière,





I. Varlet


La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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