Le Tribunal Administratif de Nancy, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'une décision rectorale refusant la prolongation d'activité au-delà de la limite d'âge. Le juge estime que le requérant ne démontre pas le caractère d'urgence, sa perte de revenus n'étant pas suffisamment justifiée, et que ses moyens ne créent pas un doute sérieux sur la légalité de l'acte. La décision est rendue en application des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2026, M. A... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 12 février 2026 par laquelle le recteur de l’académie de Nancy-Metz a refusé la prolongation de son activité au-delà de la limite d’âge.
Il soutient que :
- la condition d’urgence posée par l’article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite dès lors que la décision contestée va engendrer une perte de revenus ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- repose sur un motif inopérant ;
- la décision est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.
Vu :
- la requête enregistrée le 11 mars 2026 sous le n° 2600847 par laquelle M. B... demande au tribunal d’annuler la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
M. B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 9 février 2026 par laquelle le recteur de l’académie de Nancy-Metz a refusé de reconduire la prolongation de son activité au-delà de la limite d’âge.
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
D’une part, la condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
A l’appui de sa demande de suspension de la décision en litige, qui ne produira ses effets qu’au 14 septembre 2026, M. B... invoque une perte de revenus sans autre précision ni état des charges auxquelles il doit faire face. Il ne justifie ainsi pas que l’exécution de la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. La condition d’urgence n’est par suite pas remplie.
D’autre part, les moyens tirés de ce que la décision contestée est insuffisamment motivée, repose sur un motif inopérant et est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ne sont pas propres à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Par suite, la requête de M. B... doit être rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Nancy, le 13 mars 2026.
La présidente, juge des référés,
V. Ghisu-Deparis
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.