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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2601056

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2601056

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2601056
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nancy, statuant en référé-liberté, rejette la demande de suspension de la suppression du compte informatique d'une étudiante par l'université de Lorraine. Le juge estime que la condition d'urgence, exigée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, n'est pas caractérisée, car la requérante n'a pas démontré les conséquences immédiates de cette suppression sur sa situation. La requête est donc rejetée en application de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il soit besoin d'examiner l'atteinte à une liberté fondamentale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mars 2026, Mme A... B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision de l’université de Lorraine de supprimer son compte informatique ;

2°) d’enjoindre à l’université de Lorraine d’y procéder sans délai, de sorte que son compte informatique ne soit pas supprimé automatiquement le 28 mars 2026.

Elle soutient que :

- l’urgence est caractérisée dès lors que la suppression de son compte informatique est programmée pour le samedi 28 mars 2026 ;
- la décision porte une atteinte grave et manifestement illégale à ses droits et libertés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référés.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

Lorsqu’un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l’article L. 521-2 précité, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.

En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience, notamment lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie.

En se bornant à relever que la décision de fermeture de son compte informatique doit intervenir dès le 28 mars 2026, sans aucune précision ni justification quant aux incidences d’une telle fermeture sur sa situation personnelle, Mme B..., qui avait été informée en décembre 2025 que son compte était prolongé jusqu’au 28 mars 2026, ne justifie pas de circonstances permettant de caractériser l’urgence à ce qu’une mesure de sauvegarde d’une liberté fondamentale soit ordonnée dans un délai de quarante-huit heures ou à très bref délai. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Nancy, le 26 mars 2026.

Le juge des référés,





B. Coudert


La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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