mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1908732 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | chambre 1 |
| Avocat requérant | GUILMAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 octobre 2019, Mme B A, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 mai 2019 par lequel le maire de la commune de Cappelle-la-Grande a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 22 novembre 2018, ainsi que la décision du 19 août 2019 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Cappelle-la-Grande de la placer rétroactivement en congé de maladie imputable au service à compter du 22 novembre 2018, dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la commune de Cappelle-la-Grande à lui verser de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé ;
- la commune a commis une erreur d'appréciation en ne reconnaissant pas comme étant imputable au service l'accident survenu le 22 novembre 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2020, la commune de Cappelle-la-Grande, représentée par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme A le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Borget, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, adjointe administrative principale de 2ème classe titulaire, exerce les fonctions de responsable du service culture et évènementiel de la commune de Cappelle-la-Grande. A la suite d'un entretien professionnel s'étant tenu le 22 novembre 2018 avec le directeur général des services et le directeur des services techniques de la commune, Mme A a été placée en arrêt de travail et a, le 3 décembre 2018, sollicité la reconnaissance de son congé de maladie en accident de service. Après qu'une expertise médicale a été diligentée et que la commission de réforme a été saisie pour avis, la commune a, par un arrêté du 6 mai 2019, refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 22 novembre 2018. Elle a également, par une décision du 19 août 2019, rejeté le recours gracieux de Mme A. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 mai 2019 et la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir/ () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. L'arrêté contesté vise l'ensemble des lois et règlements dont il est fait application, en particulier la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et expose précisément les éléments de fait ayant conduit la commune à refuser de reconnaître l'imputabilité au service de l'arrêt maladie ayant suivi l'entretien professionnel du 22 novembre 2018. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa rédaction applicable à la date de la décision en litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".
5. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des témoignages produits par la commune en défense, que lors de l'entretien du 22 novembre 2018 le directeur général des services et le directeur des services techniques aient tenu des propos ou aient adopté un comportement qui auraient excédé l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. La circonstance que la teneur de cet entretien aurait provoqué chez Mme A un état dépressif réactionnel n'est pas, par elle-même, de nature à établir qu'elle aurait été victime d'un accident de service. Par suite, en refusant de reconnaître comme étant imputable au service la pathologie dont souffre Mme A, la commune n'a pas fait une inexacte appréciation des dispositions précitées de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 6 mai 2019 portant refus de reconnaissance d'imputabilité au service de " l'accident " invoqué par Mme A et de la décision du 19 août 2019 rejetant le recours gracieux de l'intéressée, doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction de rétablissement des droits de la requérante.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Cappelle-la-Grande, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme A, la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A une somme de 300 euros à verser à la commune de Cappelle-la-Grande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Cappelle-la-Grande une somme de 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Cappelle-la-Grande.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Leguin, présidente,
- M. Borget, premier conseiller,
- Mme Zoubir, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
J. BORGET
La présidente,
signé
A-M. LEGUIN La greffière,
signé
S. MAUFROID
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026