vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1910726 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ALEXIS IHOU-AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et un mémoire récapitulatif produit à la demande du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistrés le 20 décembre 2019, les 13 janvier, 21 janvier, 19 octobre, 27 octobre, 19 novembre, 2 décembre, 13 décembre 2020 et le 29 juin 2022, M. B A, représenté par Me Ihou, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les titres de perception, d'un montant respectif de 1 560,30 euros, 349,65 euros, 78,12 euros et 664,30 euros, émis à son encontre respectivement les 17 octobre, 21 octobre, 28 novembre et 23 décembre 2019 par la rectrice de l'académie de Lille ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- les titres de perception en litige constituent des actes administratifs, alors même qu'ils tendent au recouvrement, pour partie, d'indemnités journalières de sécurité sociale, de sorte que seule la juridiction administrative est compétente pour connaître de conclusions tendant à leur annulation ;
- l'administration lui a versé, par erreur, un plein traitement au titre de ses périodes de congé de maladie alors qu'il bénéficiait, durant celles-ci, d'indemnités journalières ; cette circonstance révèle l'existence d'une " décision positive " qui ne peut être retirée et constitue une faute justifiant l'annulation des titres en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2020, la rectrice de l'académie de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de la requête tendant au remboursement des jours de carence appliqués par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- les conclusions de la requête tendant à l'annulation des titres de perception en litige en ce qu'ils portent sur le recouvrement des indemnités journalières de sécurité sociales sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;
- aucun des moyens soulevés à l'encontre des titres de perception en litige n'est fondé ;
- ses services n'ont commis aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ; aucun élément produit n'est de nature à faire présumer que M. A ait été victime d'une discrimination.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 février 2021 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Christian, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A s'est vu reconnaître la qualité de travailleur handicapé par la maison départementale des personnes handicapées du Nord (MDPH 59) au titre de la période du 26 novembre 2015 au 30 juin 2020. Il a été recruté, en qualité d'enseignant contractuel en économie et gestion du 1er septembre 2017 au 31 août 2019, et a été affecté à temps complet au lycée Paul Hazard à Armentières au titre de l'année scolaire 2017-2018 puis à temps partiel au lycée Raymond Queneau à Villeneuve d'Ascq au titre de l'année scolaire 2018-2019. Il a été placé en congé de maladie ordinaire du 5 septembre au 24 septembre 2018, du 6 novembre au 20 décembre 2018, du 8 janvier au 7 février 2019, du 26 février au 4 avril 2019, du 23 avril au 29 mai 2019 et du 4 juin au 6 juin 2019, puis en congé de paternité et d'accueil de l'enfant du 11 juin au 21 juin 2019. Les 17 octobre, 21 octobre, 28 novembre et 23 décembre 2019, la rectrice de l'académie de Lille a émis à son encontre quatre titres de perception de montants respectifs de 1 560,30 euros, 349,65 euros, 78,12 euros et 664,30 euros, afin de recouvrer des sommes qui lui ont été versées durant ces périodes de congé.
2. Par la présente requête, M. A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures résultant du mémoire récapitulatif qu'il a produit à la demande du tribunal en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, d'annuler ces titres de perception.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
3. Les articles L. 142-1 et L. 142-8 du code de la sécurité sociale attribuent compétence au tribunal judiciaire pour connaître des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale. En ce qui concerne les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des collectivités publiques, le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est lié, non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.
4. En vertu des articles L. 321-1 et suivants du code de la sécurité sociale, l'assurance maladie comporte pour l'assuré social le droit à une indemnité journalière s'il se trouve dans l'incapacité physique d'exercer ses fonctions, constatée par le médecin traitant, notamment du fait de maladie.
5. Enfin, aux termes de l'article 2 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat pris pour l'application des articles 7 et 7 bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " () / Les prestations en espèces versées par les caisses de sécurité sociale en matière de maladie (), paternité, () et maladies professionnelles () sont déduites du plein ou du demi-traitement maintenu par l'administration durant les congés prévus aux articles 12 à 15. / () ".
6. En l'espèce, il n'est pas contesté que la rectrice de l'académie de Lille a maintenu le traitement de M. A pendant ses congés de maladie et de paternité, conformément aux dispositions précitées du décret du 17 janvier 1986 et que les titres exécutoires en litige mettent notamment à la charge du requérant des trop-perçus de rémunération du fait de la perception d'indemnités journalières de sécurité sociale pendant lesdits congés. L'action de M. A dirigée contre ces titres exécutoires, en tant qu'ils sont pris pour l'application du code de la sécurité sociale, est ainsi fondée sur les droits que le requérant estime tenir de sa qualité d'assuré social. Un tel litige relève par nature de la compétence des juridictions judiciaires.
7. Il suit de là que les conclusions de la requête tendant à l'annulation des titres exécutoires en litige, en tant qu'ils mettent à sa charge des sommes correspondant à des trop-perçus d'indemnités journalières de sécurité sociale, doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, dans sa version applicable au présent litige : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. / Toutefois, la répétition des sommes versées n'est pas soumise à ce délai dans le cas de paiements indus résultant soit de l'absence d'information de l'administration par un agent de modifications de sa situation personnelle ou familiale susceptibles d'avoir une incidence sur le montant de sa rémunération, soit de la transmission par un agent d'informations inexactes sur sa situation personnelle ou familiale. / () ".
9. Il résulte de ces dispositions qu'une somme indûment versée par une personne publique à l'un de ses agents au titre de sa rémunération peut, en principe, être répétée dans un délai de deux ans à compter du premier jour du mois suivant celui de sa date de mise en paiement sans que puisse y faire obstacle la circonstance que l'éventuelle décision créatrice de droits qui en constitue le fondement ne puisse plus être retirée. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer l'existence d'aucune décision créatrice de droit.
10. En second lieu, le fait que les sommes dont le recouvrement est recherché par les titres exécutoires en litige ne résulterait que d'une erreur de l'administration alors que M. A a toujours été " de bonne foi " est sans incidence sur la légalité de ces actes. En outre, dans les circonstances de l'espèce, dès lors ces créances correspondent à des versements ponctuels sur des périodes de temps limitées, ces derniers ne caractérisent aucune inertie fautive de l'administration.
11. Il résulte tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des titres en litiges.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête tendant à l'annulation des titres exécutoires émis à l'encontre de M. A les 17 octobre, 21 octobre, 28 novembre et 23 décembre 2019 par la rectrice de l'académie de Lille sont, en tant que ces titres mettent à sa charge des sommes correspondant à des trop-perçus d'indemnités journalières de sécurité sociale, rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à Me Ihou.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Lille.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marjanovic, président,
M. Even, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
G. C
Le président,
Signé
V. MARJANOVIC
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°1910726
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026