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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2000205

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2000205

lundi 6 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2000205
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSCP BIGNON LEBRAY & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 janvier 2020 et les 4, 5, 7 juillet et 8 août 2022, Mme D B, représentée par Me Dubrulle, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2019 par lequel le maire de la commune de Fresnes-sur-Escaut a accordé à l'association marocaine cultuelle et culturelle de Fresnes un permis de construire n° PC 059253 19 A0002 pour la démolition d'une partie d'un hangar et d'un garage et la réalisation d'une mosquée par extension et changement de destination d'un bâtiment existant en vue de la réalisation d'une salle de prières et de salles de cours ainsi que de bureaux sur un terrain sis 24, rue du maréchal Soult, parcelle cadastrée AP743, ensemble la décision rejetant implicitement son recours gracieux formé le 11 septembre 2019 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Fresnes-sur-Escaut la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a intérêt à agir ;

- sa requête n'est pas tardive ;

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- le dossier est incomplet dès lors qu'il ne comporte pas d'attestation d'étude par un expert ou un architecte de prise en compte des risques naturels prévue par les dispositions du plan de prévention des risques miniers et de l'article R. 411-16-1 du code de l'urbanisme ; l'avis de l'architecte des bâtiments de France sur le projet situé en zone tampon de protection UNESCO ne figure pas au dossier ; le dossier ne comporte pas d'étude d'impact concernant le bruit, le projet se situant en zone bruit ;

- le projet méconnait les dispositions du plan de prévention des risques miniers dès lors qu'il prévoit une augmentation du nombre de personnes présentes sur le site ;

- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article R.421-28 du code de l'urbanisme;

- il méconnaît les dispositions relatives aux établissements recevant du public (ERP) ainsi que celles de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme dès lors que l'établissement objet du permis délivré est considéré, à tort, comme un établissement de 5ème catégorie et que les dispositions des articles R.111-19 et suivants du code de la construction et de l'habitation ont été méconnues, les exigences de l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public n'ayant pas été prises en compte dans la notice d'accessibilité et aucune place de stationnement réservée aux personnes handicapées n'étant prévue ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme et de l'article UB3 du règlement du plan d'occupation des sols (POS) de la commune de Fresnes-sur-Escaut dès lors que les 6 places de stationnement du projet ne disposent d'aucun accès, que les services de défense contre l'incendie ne disposent pas d'un accès suffisant par la rue de l'Escaut desservant le projet et que les conditions d'accès à la rue de l'Escaut et au projet et les conditions de circulation rue de l'Escaut sont extrêmement dangereuses ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA7 du POS de la commune de Fresnes-sur-Escaut, dès lors que la construction, implantée audelà de la bande des 20 mètres et d'une hauteur de plus de 3,20 mètres, est implantée sur environ 3 mètres en limite séparative Nord et Sud et sur environ 9 mètres en retrait de moins de 3 mètres avec les limites séparatives Nord et Sud.

Par des mémoires en défense enregistrés le 19 novembre 2020 et le 23 septembre 2022, la commune de Fresnes-sur-Escaut, représentée par Me Pavot, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause à ce que la somme de 6 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir :

- à titre principal, que la requête est irrecevable car tardive et dès lors que Mme B ne justifie pas d'un intérêt à agir ;

- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés et que si le tribunal considère que le projet méconnaît les dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public, ce vice pourrait être régularisé par l'octroi d'une dérogation préfectorale.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2020, l'association marocaine cultuelle et culturelle de Fresnes, représentée par Me Deramaut, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour Mme B de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des moyens tirés de l'incomplétude du dossier en l'absence de l'attestation d'étude par un expert ou un architecte de prise en compte des risques naturels prévue par les dispositions du plan de prévention des risques miniers et de l'article R. 411-16-1 du code de l'urbanisme, de l'avis de l'architecte des bâtiments de France sur le projet situé en zone tampon de protection UNESCO et d'étude d'impact concernant le bruit, le projet se situant en zone bruit, de la méconnaissance des dispositions du plan de prévention des risques miniers dès lors que le projet prévoit une augmentation du nombre de personnes présentes sur le site et de la méconnaissance des dispositions de l'article R.421-28 du code de l'urbanisme, ces moyens ayant été présentés plus de deux mois après la communication aux parties du premier mémoire en défense, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.

En application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur un éventuel sursis à statuer dans l'attente de la régularisation des vices tenant à la méconnaissance des dispositions de l'article R.123-19 du code de la construction et de l'habitation et à celle des dispositions de l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public lors de leur construction et des installations ouvertes au public lors de leur aménagement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'urbanisme ;

- l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public ;

- l'arrêté du 21 avril 1983 portant approbation de dispositions complétant le règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public (ERP types V et W) ;

- l'arrêté du 8 décembre 2014 fixant les dispositions prises pour l'application des articles R. 111-19-7 à R. 111-19-11 du code de la construction et de l'habitation et de l'article 14 du décret n° 2006-555 relatives à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public situés dans un cadre bâti existant et des installations existantes ouvertes au public ;

- l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements recevant du public lors de leur construction et des installations ouvertes au public lors de leur aménagement

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,

- les observations de Me Hau, substituant Me Dubrulle, représentant Mme B ;

- et les observations de Me Delannoy, substituant Me Pavot, représentant la commune de Fresnes-sur-Escaut.

Considérant ce qui suit :

1. L'association marocaine cultuelle et culturelle de Fresnes a déposé un dossier de demande de permis de construire n° PC 059253 19 A0002 le 27 février 2019, complété le 26 avril 2019, auprès des services de la mairie de Fresnes-sur-Escaut, en vue de la démolition d'une partie d'un hangar et d'un garage et de la réalisation d'une mosquée par extension et changement de destination d'un bâtiment existant, incluant la réalisation d'une salle de prières et de salles de cours ainsi que de bureaux, sur un terrain sis 24, rue du maréchal Soult, parcelle cadastrée AP743. Par un arrêté du 12 juillet 2019, le maire de la commune de Fresnes-sur-Escaut a délivré le permis de construire sollicité. Par sa requête, Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2019 du maire de la commune de Fresnes-sur-Escaut, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur les fins de non-recevoir :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R.600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. ". Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutient la commune de Fresnes-sur-Escaut, Mme B a notifié le 24 septembre 2019 à l'association pétitionnaire une copie de son recours gracieux dirigé contre l'arrêté attaqué du 12 juillet 2019 et préalablement notifié à la commune de Fresnes-sur-Escaut le 11 septembre 2019. Un tel recours, formé dans le délai de recours contentieux et valablement notifié au pétitionnaire, a eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux. En raison du silence gardé pendant deux mois par l'administration, ce recours a par ailleurs fait l'objet d'une décision implicite de rejet. La requête de Mme B enregistrée au greffe du tribunal le 10 janvier 2020 l'a ainsi été dans le délai de recours contentieux. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne () n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".

5. Il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est propriétaire indivise sur le territoire de la commune de Fresnes-sur-Escaut d'une maison d'habitation, sise 4 rue du Maréchal Soult, parcelle cadastrée AP751. Si, eu égard à la configuration des lieux, l'intéressée ne peut être regardée comme une voisine immédiate du projet contesté, il apparaît toutefois que celui-ci vise à remplacer une mosquée implantée à une centaine de mètres du bien détenu par la requérante et que l'une des entrées du futur bâtiment se situera désormais dans la rue de la requérante, à 57 mètres de sa propriété. En raison de la proximité de la construction projetée, de sa capacité d'accueil ainsi que des nuisances sonores et des difficultés de stationnement et de circulation qui peuvent être engendrées par la concentration simultanée d'environ 300 personnes, à plusieurs moments de la journée, fréquentant la salle de prières et les salles de cours de la mosquée, le projet en cause est susceptible de porter atteinte aux conditions de jouissance de son bien par Mme B. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de la requérante doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la recevabilité des moyens présentés les 4 et 5 juillet 2022 :

7. Aux termes de l'article R.600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, () les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. () ".

8. Dans des mémoires enregistrés les 4 et 5 juillet 2022, Mme B soutient, d'une part, que le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors qu'il ne comporte pas l'attestation d'étude par un expert ou un architecte de prise en compte des risques naturels prévue par les dispositions du plan de prévention des risques miniers et celles de l'article R. 411-16-1 du code de l'urbanisme, que l'avis de l'architecte des bâtiments de France sur le projet situé en zone tampon de protection UNESCO n'y figure pas et qu'il ne comprend pas d'étude d'impact concernant le bruit, le projet se situant en zone bruit, d'autre part que le projet méconnait les dispositions du plan de prévention des risques miniers dès lors qu'il prévoit une augmentation du nombre de personnes présentes sur le site et enfin que l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article R.421-28 du code de l'urbanisme dès lors que le projet étant classé en zone tampon Patrimoine Mondial de l'Humanité de l'UNESCO, il ne peut valoir permis de démolir tacite et que l'architecte des bâtiments de France n'a pu rendre un avis éclairé sur le projet. Toutefois, ces moyens ont été présentés postérieurement à l'expiration du délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme courant en l'espèce à compter de la communication aux parties des premiers mémoires en défense de la commune et de l'association pétitionnaire, intervenue simultanément le 14 décembre 2020. Ils doivent par suite être écartés en tant qu'ils sont irrecevables.

En ce qui concerne la compétence du signataire :

9. Par un arrêté du maire de Fresnes-sur-Escaut du 1er avril 2014 régulièrement affiché et transmis au représentant de l'Etat dans le département, M. A E, maire adjoint délégué, signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation de signature concernant tous " courriers, pièces et actes concernant les travaux et l'urbanisme ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du attaqué manque en fait et doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne le respect de la législation relative aux établissements recevant du public :

10. D'une part, aux termes de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, dans sa version applicable au litige : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative qui vérifie leur conformité aux règles prévues aux articles L. 111-7, L. 123-1 et L. 123-2. / Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa délivrance a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente mentionnée à l'alinéa précédent () ". Aux termes de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente, qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 123-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions () ". Aux termes de l'article R. 123-19 du code de la construction et de l'habitation tel qu'applicable au litige : " Les établissements sont, en outre, quel que soit leur type, classés en catégories, d'après l'effectif du public et du personnel. L'effectif du public est déterminé, suivant le cas, d'après le nombre de places assises, la surface réservée au public, la déclaration contrôlée du chef de l'établissement ou d'après l'ensemble de ces indications. / Les règles de calcul à appliquer sont précisées, suivant la nature de chaque établissement, par le règlement de sécurité. / Pour l'application des règles de sécurité, il y a lieu de majorer l'effectif du public de celui du personnel n'occupant pas des locaux indépendants qui posséderaient leurs propres dégagements. / Les catégories sont les suivantes : / () / 3e catégorie : de 301 à 700 personnes ; / 4e catégorie : 300 personnes et au-dessous, à l'exception des établissements compris dans la 5e catégorie ; / 5e catégorie : établissements faisant l'objet de l'article R. 123-14 dans lesquels l'effectif du public n'atteint pas le chiffre minimum fixé par le règlement de sécurité pour chaque type d'exploitation ". Aux termes de l'article R 123-14 du même code, dans sa version applicable au litige : " Les établissements dans lesquels l'effectif du public n'atteint pas le chiffre fixé par le règlement de sécurité pour chaque type d'établissement sont assujettis à des dispositions particulières déterminées dans le règlement de sécurité () ". Aux termes de l'article PE 2 de l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public (ERP), les établissements de culte de cinquième catégorie sont les établissements dans lesquels l'effectif du public admis est inférieur à 300 personnes sur l'ensemble des niveaux. Enfin, aux termes de l'article V2 de l'arrêté du 21 juin 1983 : " L'effectif maximal du public admis est déterminé selon la densité d'occupation suivante : / a) Établissements comportant des sièges : / Une personne par siège ou une personne par 0,50 mètre de banc. / b) Établissements ne comportant pas de siège : / Deux personnes par mètre carré de la surface réservée aux fidèles ".

11. Il résulte de ces dispositions que l'évaluation de l'effectif du public admissible ne dépend pas des conditions d'exploitation des locaux mais des caractéristiques des établissements mentionnées à l'article R. 123-19 et précisées pour chaque catégorie par les dispositions applicables du règlement de sécurité.

12. Il ressort des pièces du dossier que le projet comprend en rez-de-chaussée une salle de prière, des salles de cours et un bureau pouvant accueillir du public à hauteur de 319 personnes et 3 membres du personnel, au 1er étage des bureaux et une salle de réunion pouvant accueillir 8 membres du personnel et au deuxième étage des bureaux pouvant accueillir 3 membres du personnel. L'attestation d'effectif du maître d'ouvrage du 25 février 2019 indique toutefois que la salle de prière accueillera 280 personnes et que, pendant les heures de prières, aucune autre activité impliquant l'accueil du public ne sera autorisée dans les locaux de l'établissement. La commission intercommunale de Valenciennes métropole pour la sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les ERP, lors de sa séance du 23 avril 2019, a classé l'établissement comme type V-R, 5ème catégorie, avec un effectif de 280 personnes, considérant que " selon la déclaration du maitre d'ouvrage, l'activité de culte et l'activité d'enseignement ne se déroulent pas en même temps, il n'y a donc pas lieu de cumuler les effectifs. C'est donc l'effectif de l'activité de culte qui est pris en compte pour la détermination du classement de l'établissement ". Toutefois ainsi qu'il a été mentionné au point précédent, les conditions d'exploitation des locaux par l'association pétitionnaire sont indifférentes pour ce qui est du calcul de l'effectif total du public susceptibles d'y être admis. Ainsi et nonobstant l'avis précité de la commission intercommunale de sécurité, le maire n'a pas procédé à une évaluation correcte de cet effectif en l'arrêtant à moins de 300. Par suite, dès lors que la prise en compte d'un effectif plus important aboutit nécessairement à un changement de catégorie de l'établissement et donc du régime juridique qui lui est applicable, Mme B est fondée à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R.123-19 du code de la construction et de l'habitation.

13. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-19-13 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au présent litige : " L'autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant le public prévue à l'article L. 111-8 est délivrée au nom de l'Etat par : / a) Le préfet, lorsque celui-ci est compétent pour délivrer le permis de construire ou lorsque le projet porte sur un immeuble de grande hauteur ; / b) Le maire, dans les autres cas. ". En outre, l'article R. 111-19-14 du code de la construction et de l'habitation dans sa rédaction applicable au présent litige prévoit que : " L'autorisation ne peut être délivrée que si les travaux projetés sont conformes : / a) Aux règles d'accessibilité aux personnes handicapées prescrites, pour la construction ou la création d'un établissement recevant du public, à la sous-section 4 de la présente section ou, pour l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public existant, à la sous-section 5 de la même section ; / b) Aux règles de sécurité prescrites aux articles R. 123-1 à R. 123-21 ".

14. Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 8 décembre 2014 visé ci-dessus : " Dispositions relatives aux cheminements extérieurs. / I. - Usages attendus : () Lorsqu'il existe plusieurs cheminements, le ou les cheminements accessibles sont signalés de manière adaptée. Les principaux éléments structurants du cheminement sont visuellement repérables et détectables à la canne blanche ou au pied par les personnes ayant une déficience visuelle () / II. - Caractéristiques minimales : Les cheminements extérieurs accessibles aux personnes handicapées répondent aux dispositions suivantes : 1° Repérage et guidage : Une signalisation adaptée est mise en place à l'entrée du terrain de l'opération, à proximité des places de stationnement pour le public, ainsi qu'en chaque point d'un cheminement accessible où un choix d'itinéraire est donné à l'usager. / Les éléments de signalisation répondent aux exigences définies à l'annexe 3. / Le revêtement d'un cheminement accessible présente un contraste visuel et tactile par rapport à son environnement permettant sa détection à la canne blanche ou au pied. A défaut, le cheminement comporte sur toute sa longueur un repère continu, tactile, pour le guidage à l'aide d'une canne, et visuellement contrasté par rapport à son environnement pour faciliter le guidage des personnes malvoyantes. () La largeur minimale du cheminement accessible est de 1,20 m libre de tout obstacle, sans préjudice des prescriptions prévues par le règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public. () ". Aux termes de l'article 3 du même arrêté : " Dispositions relatives au stationnement automobile. / Le présent article s'applique à tout parc de stationnement automobile intérieur ou extérieur à l'usage du public et dépendant d'un établissement recevant du public ou d'une installation ouverte au public ainsi qu'aux parcs de stationnement en ouvrage, enterrés ou aériens. () ".

15. Il ressort des pièces du dossier que le projet contesté a pour objet la création d'un établissement recevant du public dans des bâtiments existants. Dans ces conditions, il est soumis aux dispositions de l'article R.111-19-7 et suivants du code de la construction et de l'habitation, qui dans leur version applicable au présent litige, relèvent de la sous-section 5 concernant les " dispositions applicables aux établissements recevant du public situés dans un cadre bâti existant et aux installations ouvertes au public existantes " de la section 3 du chapitre Ier du titre Ier du livre Ier de la partie réglementaire du code de la construction et de l'habitation. Dès lors, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article R.111-19 du code de la construction et de l'habitation relevant de la section 4 concernant les " dispositions applicables lors de la construction d'établissements recevant du public ou de l'aménagement d'installations ouvertes au public " ou des dispositions de l'arrêté du 20 avril 2017 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des établissements publics recevant du public lors de leur construction. En tout état de cause, si la requérante soutient que l'accessibilité des personnes handicapées au projet n'est pas assurée, les obligations en la matière étant définies par l'arrêté du 8 décembre 2014 susvisé, elle n'assortit pas son argumentation relative, d'une part, au choix et à l'aménagement du cheminement permettant d'accéder à l'entrée principale par rapport à la continuité de la chaîne de déplacement avec les services de transports en commun et, d'autre part, au non-respect par les différents plans du dossier des caractéristiques minimales applicables aux cheminements extérieurs, des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et notamment de la note d'accessibilité, que le projet prévoit, contrairement à ce que soutient la requérante, pour les cheminements extérieurs, un cheminement ou un repère continu contrasté tactilement et visuellement et pour le cheminement libre de tout obstacle un repérage visuel ou tactile ou par un prolongement au sol des éléments implantés ou en saillie de plus de 15 cm. Pour les seuils et ressauts du cheminement, il est prévu un repérage des éléments structurants du cheminement par les malvoyants. En outre, le portillon d'accès rue de l'Escaut dispose d'une largeur de 1,40 mètres. Enfin, il ressort des pièces du dossier que les six places de stationnement prévues par le projet sont destinées au fonctionnement de l'établissement (personnels et livraisons) et ne sont pas accessibles au public. Les dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 8 décembre 2014 ne leur sont ainsi pas applicables. Mme B n'est par suite pas fondée à soutenir que l'accessibilité des personnes handicapées au projet attaqué n'est pas garantie.

En ce qui concerne la sécurité publique :

16. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la parcelle d'implantation du projet est classée en zone UA. Dans ces conditions, la requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article UB3 du règlement du plan d'occupation des sols de la commune de Fresnes-sur-Escaut.

17. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les places de stationnement du projet ne sont pas accessibles au public. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la configuration de la rue de l'Escaut les rend inaccessibles.

18. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article UA3 du règlement du plan d'occupation des sols de la commune, dans sa version applicable au litige : " Les caractéristiques des accès doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, brancardage ".

19. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre du projet, les véhicules de secours et d'incendie disposent de deux accès distincts, l'un situé rue du Maréchal Soult et l'autre rue de l'Escaut. La requérante n'établit pas ni même n'allègue que ces accès, en tant qu'ils constituent la portion franchissable de la limite séparant l'unité foncière sur laquelle est projetée l'opération de construction de la voie de desserte, seraient insuffisants. Par ailleurs, si l'accès à la mosquée, par la rue de l'Escaut, se fait avec une faible visibilité par un portail nécessitant une manœuvre des véhicules à angle droit, au regard du faible nombre de voitures accédant au site compte tenu de la présence des seules six places de stationnement prévues, non ouvertes au public, et de la faible fréquentation de la rue de l'Escaut, le caractère dangereux de l'accès à la mosquée par le rue de l'Escaut n'est pas établi.

20. D'autre part, en ce qui concerne les conditions de desserte, il ressort des pièces du dossier que la rue de l'Escaut, dans laquelle le stationnement n'est pas autorisé, présente une largeur d'au moins six mètres depuis son embouchure jusqu'à l'accès à la mosquée. A supposer même que le stationnement irrégulier des riverains réduise ponctuellement la largeur de la voie à 3 mètres, comme le soutient la requérante, cette largeur est suffisante pour le passage des engins d'incendie et de secours. Si par ailleurs l'accès à la rue de l'Escaut se présente sous la forme d'un angle droit, que cette rue ne dispose pas de trottoir, qu'elle comporte une piste cyclable dont le sens de circulation est à l'inverse de celui des voitures et qu'elle peut, certains jours, être encombrée de poubelles, ces circonstances ne permettent pas d'établir, à elles seules, son caractère dangereux. Il n'est au demeurant pas établi que les personnes fréquentant la mosquée l'emprunteront de façon massive, l'accès à la mosquée par cette rue ne comportant pas de parking accessible au public, d'autres parkings existants à proximité sans nécessité de l'emprunter pour s'y rendre et le secteur étant en outre desservi par les transports en commun. Par suite, la dangerosité des conditions de desserte et d'accès du projet par la rue de l'Escaut n'est pas établie.

21. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'atteinte portée par le projet à la sécurité publique doit être écarté.

En ce qui concerne l'article UA7 du règlement du plan d'occupation des sols :

22. Aux termes de l'article UA7 du règlement du plan d'occupation des sols de la commune de Fresnes-sur-Escaut, dans sa version applicable au litige : " Implantation par rapport aux limites séparatives. / Marges latérales et de fonds de terrain. La distance horizontale de tout point d'un bâtiment au point le plus proche des limites séparatives du terrain doit être au moins égale à la moitié de sa hauteur et jamais inférieure à 3 mètres. Toutefois : 1. A l'intérieur d'une bande de 20 mètres de profondeur mesurée à partir de l'alignement, ou de la limite séparative qui s'y substitue, la construction en limite séparative est autorisée. / 2. A l'extérieur de cette bande de 20 mètres, visée ci-dessus : Lorsqu'il s'agit de bâtiments dont la hauteur n'excède pas 3,20 mètres avec tolérance de 1,50 mètres pour murs-pignons, cheminées, saillies et autres éléments de la construction reconnus indispensables () ".

23. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan d'occupation des sols régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.

24. En l'espèce, le projet concerne des travaux réalisés sur une construction existante, consistant pour partie en une extension d'un bâtiment existant et pour partie en la destruction d'un hangar dont les murs mitoyens sont conservés, ce hangar étant pour partie, implanté en limite séparative, au-delà de la bande des 20 mètres, soit en méconnaissance des dispositions de l'article UA7 précité. Les travaux, dès lors qu'ils modifient la hauteur de la toiture du hangar ne sont pas étrangers à ces dispositions. Toutefois, si le projet maintient une implantation en limites séparatives Nord et Sud pour la partie du bâtiment comportant des toits à versant, cette implantation ne portera plus que sur une longueur de 3,39 mètres, en lieu et place d'une longueur actuelle de 15,68 mètres, du fait de l'implantation de la partie du projet traitée en toit terrasse en retrait des limites séparatives. Dans ces conditions, le projet rend l'immeuble plus conforme aux dispositions méconnues et c'est, dès lors, à bon droit que le maire de la commune a délivré le permis de construire. Le moyen doit, par suite, être écarté.

Sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

25. En vertu de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".

26. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

27. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que seul le moyen mentionné au point 12 du présent jugement et tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R.123-19 du code de la construction et de l'habitation est de nature à justifier l'annulation du permis de construire litigieux. Il résulte cependant de l'instruction que ce vice est susceptible d'être régularisé par une modification du projet qui n'implique pas de lui apporter un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Dès lors, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à l'association marocaine cultuelle et culturelle de Fresnes et à la commune de Fresnes-sur-Escaut un délai de quatre mois à compter de la notification de la présente décision aux fins d'obtenir un nouvel avis de la commission de sécurité et la régularisation du permis en litige sur ce point.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de Mme B jusqu'à l'expiration du délai de quatre mois courant à compter de la notification du présent jugement, imparti à l'association marocaine cultuelle et culturelle de Fresnes et à la commune de Fresnes-sur-Escaut pour transmettre au tribunal la mesure de régularisation qu'implique le vice mentionné au point 12 du présent jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à la commune de Fresnes-sur-Escaut et à l'association marocaine cultuelle et culturelle de Fresnes.

Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Chevaldonnet, président,

- Mme Grard, première conseillère,

- Mme Leclère, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

E. C

Le président,

Signé

B. CHEVALDONNET

La greffière,

Signé

M. F

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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