jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2000339 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BALAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 16 janvier 2020 et les 4 décembre 2020, 19 avril 2021 et 12 mai 2021, l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq, représentée par Me Maachi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2019 par lequel le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq a refusé de lui délivrer le permis de construire n° PC 059 009 19 00048 pour l'extension du centre islamique sis 20 rue Baudouin IX, parcelle cadastrée NN n° 962 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Villeneuve d'Ascq de lui délivrer le permis de construire sollicité ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve d'Ascq la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation, dès lors qu'il ne précise pas que l'ensemble des organismes consultés sur son projet ont rendu un avis favorable ;
- la motivation de l'arrêté attaqué est erronée dès lors que le service départemental d'incendie et de secours a expressément rendu un avis favorable ;
- le maire a méconnu les dispositions de l'article 12 UB du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la communauté urbaine de Lille, dès lors que les besoins en stationnement de son projet sont assurés ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet n'implique pas la création d'un accès supplémentaire occasionnant une aggravation d'un risque quant à la sécurité publique ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors que les places de stationnement numérotées 78, 80, 81 et 82 respectent les dimensions requises par les dispositions de l'article 12 UB du règlement du PLU de la communauté urbaine de Lille ;
- son projet est conforme aux dispositions de l'article 12 UB du règlement du PLU de la communauté urbaine de Lille relative à la plantation d'arbres de haute tige ; en tout état de cause, la circonstance que le projet mentionne la plantation de 21 arbres de haute tige pour 82 places de stationnement ne permet pas de justifier le refus litigieux dès lors qu'une autorisation assortie d'une prescription aurait dû être délivrée ;
- l'arrêté est entaché d'inexactitude matérielle des faits concernant les motifs de refus invoqués tirés de l'incomplétude et de l'imprécision des éléments du dossier du fait de l'absence de correspondance de la pièce relative aux risques sismiques et para cycloniques avec l'attestation d'un contrôleur technique attendue, de l'absence de description des matériaux et coloris et du type de clôtures et de portails du projet empêchant la vérification de sa conformité avec les dispositions de l'article 11 UBb du règlement du plan local d'urbanisme, de l'absence de matérialisation sur le plan fourni au dossier d'un accès spécifique pour les pompiers et des contradictions du dossier quant à la superficie de l'unité foncière, le maire n'ayant pas sollicité de pièces complémentaires lors de la phase d'instruction du dossier ; en tout état de cause, ces motifs ne pouvaient justifier par eux seuls d'un refus de délivrance de permis de construire.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juin 2020, la commune de Villeneuve d'Ascq, représentée par Me Balaÿ et Roels, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq ne sont pas fondés.
Elle sollicite en outre des substitutions de motif, le projet, d'une part, présentant des ambiguïtés quant à l'assiette foncière du permis, d'autre part, devant être regardé comme une construction nouvelle nécessitant de déposer un dossier de demande de permis de construire concernant la totalité du bâtiment ; en outre, la présence des arbres réduit les surfaces des places de stationnement ; enfin, le positionnement des arbres sur l'aire de stationnement n'est pas conforme aux dispositions de l'article 12 UB.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- les observations de Me Maachi, représentant l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq,
- et les observations de Me Roels, représentant la commune de Villeneuve d'Ascq.
Une note en délibéré présentée pour l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq a été enregistrée le 20 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq est en charge depuis 2011 de la gestion d'un centre islamique construit entre 2005 et 2009, sis 20 rue Baudouin IX, parcelle cadastrée NN 962. Le 21 juin 2019, elle a déposé auprès des services de la commune de Villeneuve d'Ascq une demande de permis de construire en vue d'une extension de ce centre. Par un arrêté du 13 novembre 2019, le maire de Villeneuve d'Ascq a rejeté cette demande. Par sa requête, l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq demande au tribunal d'annuler l'arrêté municipal du 13 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la motivation :
2. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. ". Aux termes de l'article L. 424-3 du même code : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet () ". Aux termes de l'article A. 424-1 du même code : " La décision expresse prise sur une demande de permis de construire, d'aménager ou de démolir ou sur une déclaration préalable prend la forme d'un arrêté. ". Aux termes de l'article A. 424-2 du même code : " L'arrêté prévu au premier alinéa de l'article A. 424-1 : () d) Vise les avis recueillis en cours d'instruction et leur sens. "
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué ne mentionne pas le sens des avis recueillis préalablement à son édiction. Toutefois, une telle circonstance est sans incidence sur la légalité de cet arrêté, les dispositions de l'article A.424-2 du code de l'urbanisme précitées n'étant pas prescrites à peine de nullité du permis de construire en litige. Au demeurant, il n'est pas contesté que les avis qui n'ont pas été mentionnés ont été effectivement recueillis, l'association requérante n'ayant ainsi été privée d'aucune garantie. Si l'arrêté attaqué mentionne en outre l'avis favorable du service départemental d'incendie et de secours du Nord à propos du projet, sans en indiquer le caractère express, cette circonstance, à supposer même que cet avis ait été expressément rendu, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté. Le moyen tiré du défaut de motivation doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne le stationnement :
4. En premier lieu, aux termes du 5) du B) du II) de la section I de l'article 12 UB du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la communauté urbaine de Lille applicable au projet en vertu des dispositions du 1) du C) du II) de la section I du même article, dans sa version en vigueur à la date de l'arrêté contesté : " Pour les équipements publics ou privés remplissant une mission de service public d'enseignement, culturels, sanitaires, sportifs, le nombre de places de stationnement de véhicules, y compris les autocars, est déterminé en tenant compte de la nature des établissements, de leur situation géographique, de leur groupement, des possibilités de fréquentation simultanée ou en alternance et de la desserte en transports collectifs. / () / Le pétitionnaire doit prouver que les besoins en stationnement issus du projet sont assurés ".
5. En l'espèce, le projet litigieux consiste en l'extension de la mosquée de Villeneuve d'Ascq, comportant un centre cultuel et un lieu de culte, avec la création de trois niveaux incluant en rez-de-chaussée des bureaux, une médiathèque, des locaux techniques, des sanitaires, une salle d'ablution mortuaire et une salle polyvalente, au 1er étage des salles d'activités, une réserve, des bureaux et une salle polyvalente et en sous-sol des réserves, un réfectoire, un office et une salle d'ablution. Ces nouveaux locaux, qui entraînent une augmentation de la capacité d'accueil totale des locaux de 2 245 à 2 541 personnes, doivent permettre à l'association de développer des activités en matière d'aide aux devoirs, d'apprentissage ainsi que d'organisation de réunions associatives ou de manifestations publiques. Si le projet a pour conséquence une réduction de la capacité totale de places de stationnement internes qui passe de 122 à 82 places, il ressort toutefois des pièces du dossier que le site jouxte deux parkings publics de grande dimension, dont l'un donne directement accès au centre cultuel par un passage piéton protégé, dont l'association requérante soutient sans être contredite qu'ils sont le plus souvent inoccupés. Il apparaît en outre qu'il est accessible en transports en commun dès lors qu'il se trouve à 700 mètres d'une station de métro et qu'il est desservi par trois lignes de bus. Par ailleurs, il ressort du procès-verbal de la sous-commission départementale pour la sécurité publique du 12 septembre 2018 qui a rendu un avis favorable au projet lors d'une précédente demande de permis de construire, que la sous-commission départementale pour la sécurité publique du 24 septembre 2019 a fait sien, que les difficultés de stationnement aux abords du site existantes à la date de l'arrêté attaqué se limitent à deux séquences de 15 minutes le vendredi midi et en début d'après-midi, jour de prière, et de façon ponctuelle lors d'évènements spécifiques, sans que les activités accueillies dans l'extension projetée n'aient d'impact sur la fréquentation lors de ces mêmes périodes. Dans ces conditions, les besoins en stationnement issus du projet sont assurés. Ainsi, en refusant de délivrer le permis sollicité en se fondant sur le motif tiré de la méconnaissance par le projet des dispositions de l'article 12 UBb 0.60 du règlement du plan local d'urbanisme, le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq a fait une inexacte application de ces dispositions.
6. En second lieu, aux termes du IV de la section I de l'article 12 UB du règlement du PLU de la communauté urbaine de Lille, dans sa version applicable au litige : " Toute aire de stationnement au sol de plus de 150m2 doit être plantée à raison d'un arbre de haute tige pour quatre places, en disséminant ces arbres sur l'ensemble de l'aire, avec une circonférence de 25 à 30 cm mesurée à un mètre du sol, avec un cube de terre de deux mètres d'arrête ou volume équivalent, et avec une protection efficace contre le choc des véhicules. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit l'existence de 82 places de stationnement. Dès lors, les dispositions précitées impliquent la plantation de 20,5 arbres. Il ressort des pièces du dossier que l'association requérante a prévu de planter 21 arbres au titre de l'aire de stationnement associée au projet. Dans ces conditions, c'est à tort que le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq a fondé sa décision sur le motif tiré de la méconnaissance par le projet des dispositions du IV de la section I de l'article de l'article 12 UB du règlement du PLU de la communauté urbaine de Lille.
En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :
8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire serait incomplet ou que des pièces seraient insuffisantes, imprécises ou inexactes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité une décision de refus de permis de construire que dans le cas où ces omissions, inexactitudes ou insuffisances ont été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation.
S'agissant de l'incomplétude du dossier :
9. Aux termes de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. ". Aux termes de l'article R. 423-22 du même code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41. ". Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / () / e) Dans les cas prévus par les 4° et 5° de l'article R. 111-38 du code de la construction et de l'habitation, un document établi par un contrôleur technique mentionné à l'article L. 111-23 de ce code, attestant qu'il a fait connaître au maître d'ouvrage son avis sur la prise en compte, au stade de la conception, des règles parasismiques et paracycloniques prévues par l'article L. 563-1 du code de l'environnement ().".
10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune a sollicité des pièces complémentaires auprès de l'association pétitionnaire pendant le délai d'instruction de la demande de permis de construire de l'association requérante, courant en l'espèce à compter du 21 juin 2019, pour une durée de trois mois. Dans ces conditions, le dossier de demande de permis de construire doit être réputé complet au sens de l'article R.423-19 précité du code de l'urbanisme à l'issue de ce délai. Par suite, le maire ne pouvait légalement refuser de délivrer le permis de construire sollicité, motif pris de l'absence dans le dossier de demande de permis de construire de l'attestation prévue au e) de l'article R.431-16 du code de l'urbanisme.
S'agissant de l'insuffisante précision des pièces du dossier :
11. D'une part, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; () ".
12. En l'espèce, la notice architecturale du projet précise que l'objectif du projet d'extension est de donner " l'impression d'un bâtiment unique et indivisible ". Si cette mention est insuffisante au regard des dispositions précitées de l'article R.431-8 du code de l'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que le plan de masse du projet portait la mention " nouvelle clôture type clowill " et " portail autoportant ", que le plan de masse de la façade sud-est du projet indiquait que les menuiseries seraient en aluminium de couleur gris foncé et que la peinture de la façade se ferait dans le ton blanc. Enfin, le reportage photographique joint au dossier de demande de permis de construire permettait d'avoir une vue des clôtures et de leur couleur. Dans ces conditions, l'insuffisance des mentions dans la notice architecturale ne peut être regardée comme ayant été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation.
13. D'autre part, aux termes de l'article R.431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les côtes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. "
14. Il ne résulte pas de ces dispositions que le plan de masse devait faire figurer l'accès créé sur le boulevard du Breucq et exclusivement dédié au service départemental d'incendie et de secours, la notice de sécurité explicitant par ailleurs l'existence de cet accès.
15. Enfin, aux termes de l'article R.431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () c) La localisation et la superficie du ou des terrains ; () ".
16. En l'espèce, le formulaire Cerfa de demande de permis de construire mentionne que le terrain d'assiette du projet dispose d'une surface de 7 415 m2, celle-ci étant de 7 000 m² dans la notice de sécurité. Toutefois, les côtes portées sur le plan de masse du projet ainsi que la délimitation précise du terrain d'assiette par ce même plan permettaient à la commune de connaître la superficie de ce terrain. Dans ces conditions, la contradiction entre le formulaire Cerfa et la notice de sécurité inclus dans le dossier de demande de permis de construire ne peut être regardée comme ayant été de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation.
17. Il résulte de ce qui précède que le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq ne pouvait légalement fonder sa décision sur le motif tiré de l'insuffisance des pièces du dossier de demande de permis de construire.
En ce qui concerne le risque d'atteinte à la sécurité publique :
18. Aux termes de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
19. Pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus d'autorisation d'urbanisme sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, il appartient à l'autorité compétente en matière d'urbanisme, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
20. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet comporte la création d'un seul nouvel accès pour les usagers du centre sur le boulevard du Breucq et non de deux comme le mentionne l'arrêté litigieux. D'autre part, la sous-commission départementale de la sécurité publique du 12 septembre 2018 qui, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, a rendu un avis favorable au projet lors d'une précédente demande de permis de construire, dont la sous-commission départementale pour la sécurité publique du 24 septembre 2019 s'est approprié l'avis, a estimé que les ouvertures sur le parking n'occasionneront pas une aggravation des risques pour la sécurité publique, et qu'au contraire, elles permettront une meilleure fluidité de la circulation d'autant plus appréciable lors des moments de forte fréquentation. Il ne ressort d'aucune autre pièce du dossier que la création de ce nouvel accès est de nature à entrainer une aggravation des risques préexistants au regard de la sécurité publique. Par suite, le maire a fait une inexacte application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en se fondant sur les risques générés par la création de deux nouveaux accès au boulevard du Breucq depuis le parking du site de l'association requérante pour refuser le permis de construire sollicité.
21. Il résulte de ce qui précède que les motifs de l'arrêté attaqué cités aux points 6, 8, 11, 18 et 21 ne pouvaient légalement le justifier. Toutefois, le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq s'est également fondé pour rejeter la demande de l'association requérante, sur deux autres motifs.
22. En premier lieu, aux termes du 2) du I) de la section I de l'article 12 UB du règlement du PLU de la communauté urbaine de Lille, dans sa version applicable au litige : " Taille des places - Les places de stationnement doivent avoir pour dimensions minimales 2,30 mètres sur 5 mètres, avec un dégagement minimum de 5 mètres pour permettre les manœuvres. Ces dimensions doivent être libres de tout encombrement par des murs et piliers ".
23. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse du projet, que les places de stationnement n°s 78, 80, 81 et 82 ne respectent pas les dimensions minimales prévues par les dispositions précitées du règlement du PLU applicable en l'espèce. Dans ces conditions, le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq a pu légalement fonder sa décision sur la méconnaissance par le projet des dispositions du 2) du I) de la section I de l'article 12 UB du règlement du PLU. Le moyen doit dès lors être écarté.
24. En second lieu, le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq a aussi fondé sa décision sur le motif tiré de ce que la situation de l'unité foncière du projet, dans un virage sur la rue Baudouin IX et bordé du boulevard du Breucq, couplée à l'augmentation de la fréquentation du site induite par les travaux envisagés est de nature à entraîner une aggravation des risques préexistants au regard de la sécurité publique. Dans le cadre de ses écritures, l'association requérante ne conteste pas le bien-fondé d'un tel motif.
25. Il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur les motifs mentionnés aux points 24 et 25 du présent jugement, ou sur l'un ou l'autre d'entre eux.
26. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les demandes de substitution de motif présentées par la commune de Villeneuve d'Ascq, que les conclusions de l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 novembre 2019 par lequel le maire de la commune de Villeneuve d'Ascq a refusé de lui délivrer le permis de construire n° PC 059 009 19 00048 pour l'extension du Centre islamique sis 20 rue Baudouin IX, parcelle cadastrée NN n° 962 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
27. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villeneuve d'Ascq, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq la somme demandée par la commune de Villeneuve d'Ascq au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Villeneuve d'Ascq présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Centre islamique de Villeneuve d'Ascq et à la commune de Villeneuve d'Ascq.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Liénard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
E. A Le président,
Signé
B. CHEVALDONNETLa greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026