jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2000802 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | COLSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 janvier 2020, M. C B, représenté par Me Colson, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser, au titre de l'indemnité de fin de contrat, la somme de 6 656,77 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 octobre 2019 et de leur capitalisation ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille lui a refusé le bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et de le renvoyer devant l'administration pour la liquidation de la somme due à ce titre, qui sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 octobre 2019 et de leur capitalisation ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la relation de travail à l'issue de son contrat de praticien contractuel n'ayant pas été poursuivie dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, il a droit à une indemnité de fin de contrat d'un montant de 6 656,77 euros, conformément à l'article L. 1243-8 du code du travail ;
- son refus de bénéficier du renouvellement de son contrat à durée déterminée ne peut être analysé comme une privation volontaire d'emploi dès lors qu'il a exécuté son contrat jusqu'à son terme.
La requête a été communiquée au centre hospitalier universitaire de Lille, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- et les observations de Me Colson, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté par le centre hospitalier universitaire de Lille, pour une durée de six mois, en qualité de praticien contractuel à temps plein à compter du 1er novembre 2018. Ce contrat à durée déterminée a été renouvelé par avenant jusqu'au 31 octobre 2019. M. B demande au tribunal, d'une part, de condamner le centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser la somme de 6 656,77 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat et, d'autre part, d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de cet établissement lui a refusé le bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi.
Sur les conclusions à fins de condamnation et d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 6152-418 du code de la santé publique : " Les dispositions du code du travail sont applicables aux praticiens contractuels en tant qu'elles sont relatives à l'indemnité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail et aux allocations d'assurance prévues à l'article L. 5424-1 du code du travail ".
En ce qui concerne l'indemnité de fin de contrat :
3. Aux termes de l'article L. 1243-8 du code du travail : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. / Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié. / Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant ". Aux termes de l'article L. 1243-10 de ce code : " L'indemnité de fin de contrat n'est pas due : / () / 3° Lorsque le salarié refuse d'accepter la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente ; / () ".
4. Il est constant que M. B, qui a cessé de travailler pour le centre hospitalier universitaire de Lille au terme de son contrat à durée déterminée, n'a pas refusé d'accepter la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée. Le requérant est dès lors fondé à demander la condamnation de cet établissement, qui ne saurait utilement, ainsi qu'il l'a fait dans la décision du 7 octobre 2019, se prévaloir, pour faire échec à l'application des dispositions précitées, du refus de l'intéressé d'accepter le renouvellement de son contrat à durée déterminée et d'une " mesure institutionnelle mise en place [en son] sein ", à lui verser la somme de 6 656,77 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat prévue par ces dispositions.
5. M. B a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de fin de contrat mentionnée au point précédent, et ce, à compter du 7 octobre 2019, date de réception de sa réclamation par le centre hospitalier universitaire de Lille.
6. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 30 janvier 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 7 octobre 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
En ce qui concerne l'allocation d'aide au retour à l'emploi :
7. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits au revenu de remplacement des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer. Il en va notamment ainsi en ce qui concerne les agents publics privés d'emploi.
8. Les praticiens contractuels à temps plein peuvent prétendre, en application de l'article L. 5424-1 du code du travail, à une allocation d'assurance lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire. Pour l'application des dispositions de cet article, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de déterminer si les circonstances dans lesquelles un contrat de travail à durée déterminée n'a pas été renouvelé permettent de l'assimiler à une perte involontaire d'emploi. À ce titre, et ainsi que le prévoit désormais le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020, l'agent qui refuse le renouvellement de son contrat de travail ne peut être regardé comme involontairement privé d'emploi, à moins que ce refus soit fondé sur un motif légitime, qui peut être lié notamment à des considérations d'ordre personnel ou au fait que le contrat a été modifié de façon substantielle et sans justification par l'employeur.
9. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la seule circonstance que le contrat de travail à durée déterminée de M. B ait pris fin à son terme le 31 octobre 2019 ne permet pas de regarder l'intéressé comme ayant été involontairement privé d'emploi. Dans ces conditions, alors qu'il ne se prévaut d'aucun motif de nature à justifier son refus de bénéficier d'un nouveau renouvellement de son contrat à durée déterminée, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille a refusé de lui accorder le bénéfice d'une allocation d'aide au retour à l'emploi.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille le versement à M. B d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Lille est condamné à verser à M. B la somme de 6 656,77 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat, majorée des intérêts au taux légal à compter du 7 octobre 2019. Les intérêts échus à la date du 7 octobre 2020, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Lille versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au centre hospitalier universitaire de Lille.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Bonhomme, première conseillère,
- Mme Caldoncelli-Vidal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
F. BONHOMMELe président-rapporteur,
Signé
O. A
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026