jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2001118 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ITINERAIRES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 février 2020 et le 12 mars 2021, la société Kiabi et Cie, représentée par Me Bolleau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 12 décembre 2019 du conseil communautaire de la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre approuvant la modification de son plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;
2°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération attaquée est entachée de vices de forme et de procédure en raison de l'insuffisance de l'évaluation environnementale eu égard aux recommandations formulées par l'autorité environnementale dans son avis en matière de consommation d'espace, de biodiversité et de pollution atmosphérique et alors que le contenu de cette évaluation environnementale ne répond pas aux exigences de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme dès lors que les scénarios alternatifs quant à la consommation d'espace sont inexistants, que celle-ci présente des lacunes sur l'évaluation environnementale des sites Natura 2000 et qu'aucune mesure d'évitement, de réduction ou de compensation pour la protection de la biodiversité n'est prévue ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de réalisation d'une nouvelle enquête publique, les modifications du projet survenues postérieurement à l'enquête publique ayant bouleversé l'économie générale du projet ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de transmission aux conseillers communautaires de la note explicative de synthèse prévue par l'article L.2121-12 du code général des collectivités territoriales ;
- les justifications du rapport de présentation sont insuffisantes au regard des dispositions de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, en l'absence d'orientations générales, de critères ou d'identification de secteurs préférentiels des futures opérations d'aménagement commercial et artisanal, de présentation et d'étude des scénarios alternatifs de développement économique et de structuration du territoire induisant une consommation foncière moindre pour l'habitat ; en limitant les bâtiments à destination de commerce à 4 000 m² par bâtiment, le plan local d'urbanisme interdit l'évolution de l'existant pour les commerces dépassant ce seuil ;
- la délibération contestée méconnait les dispositions de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme eu égard à l'annulation par le tribunal administratif de Lille du schéma de cohérence territoriale (SCoT) Sambre-Avesnois ;
- elle est illégale en raison de l'annulation du SCoT Sambre-Avesnois et de la mise en œuvre par le PLUi d'un schéma jugé illégal ;
- le règlement écrit et le règlement graphique ne retranscrivent pas l'objectif relatif à la prise en compte de modes de déplacements alternatifs à l'usage individuel de la voiture présent dans le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) ;
- le PADD est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il ne fixe aucune orientation générale concernant l'implantation des futurs équipements commerciaux ni de secteurs d'implantation préférentielle objectivement définis sans que le règlement ne puisse fixer l'orientation générale pour remplacer ce document ; les schémas d'aménagement des OAP sont limités et ne reprennent pas les conditions à prévoir en matière d'équipement commercial au sens des article L. 141-16 et L. 141-17 du code de l'urbanisme ; la hiérarchisation des sites commerciaux ne présente aucune clarté ;
- le classement des parcelles BL n° 55, 176 et 177 à Hautmont et AM n° 86 à Louvroil en zone UEa est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il méconnait le principe de la liberté du commerce et de l'industrie, que les commerces de détails étant autorisés dans ce secteur, l'implantation d'activités de services et de restauration aurait également dû être autorisée, qu'il est incohérent avec l'objectif de " besoins de proximité " énoncé dans le PADD et alors que les parcelles en litige sont incluses dans les limites actives actuelles de la zone d'activité commerciale de Val de Sambre où elles forment une dent creuse.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 octobre 2020 et le 8 juillet 2021, la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre, représentée par la SELARL Itinéraires avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 7 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de l'illégalité du SCoT Sambre-Avesnois est inopérant ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, les parties ont été invitées à présenter des observations sur un éventuel sursis à statuer dans l'attente de la régularisation des vices tenant à l'insuffisance de l'évaluation environnementale et à la méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire enregistré le 6 mars 2023, la communauté d'agglomération
Maubeuge-Val de Sambre a présenté des observations sur cet éventuel sursis à statuer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevaldonnet,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,
- et les observations de Me Ducros, substituant Me Bolleau et représentant la société Kiabi et Cie, et de Me Plenet, représentant la communauté d'agglomération
Maubeuge-Val de Sambre.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 12 décembre 2019, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre (CAMVS) a approuvé son plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi). Par sa requête, la société Kiabi et Cie, propriétaire des parcelles cadastrées BL n° 55, 176, 177, 178 et 180 à Hautmont et section AM n° 86 à Louvroil, demande au tribunal d'annuler la délibération du 12 décembre 2019.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de article L. 104-2 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Font également l'objet de l'évaluation environnementale prévue à l'article L. 104-1 les documents suivants qui déterminent l'usage de petites zones au niveau local : / 1° Les plans locaux d'urbanisme : / a) Qui sont susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, compte tenu notamment de la superficie du territoire auquel ils s'appliquent, de la nature et de l'importance des travaux et aménagements qu'ils autorisent et de la sensibilité du milieu dans lequel ceux-ci doivent être réalisés ; / b) Qui comprennent les dispositions des plans de déplacements urbains mentionnés au chapitre IV du titre Ier du livre II de la première partie du code des transports () ". Aux termes de l'article L. 104-4 du même code : " Le rapport de présentation des documents d'urbanisme mentionnés aux articles L. 104-1 et L. 104-2 : / 1° Décrit et évalue les incidences notables que peut avoir le document sur l'environnement ; / 2° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, dans la mesure du possible, compenser ces incidences négatives ; / 3° Expose les raisons pour lesquelles, notamment du point de vue de la protection de l'environnement, parmi les partis d'aménagement envisagés, le projet a été retenu. ". Aux termes de l'article L. 104-5 de ce code :
" Le rapport de présentation contient les informations qui peuvent être raisonnablement exigées, compte tenu des connaissances et des méthodes d'évaluation existant à la date à laquelle est élaboré ou révisé le document, de son contenu et de son degré de précision et, le cas échéant, de l'existence d'autres documents ou plans relatifs à tout ou partie de la même zone géographique ou de procédures d'évaluation environnementale prévues à un stade ultérieur. ".
Enfin aux termes de l'article R. 151-3 dudit code, dans sa rédaction applicable au litige :
" Au titre de l'évaluation environnementale lorsqu'elle est requise, le rapport de présentation :
/ 1° Décrit l'articulation du plan avec les autres documents d'urbanisme et les plans ou programmes mentionnés à l'article L. 122-4 du code de l'environnement avec lesquels il doit être compatible ou qu'il doit prendre en compte ; / 2° Analyse les perspectives d'évolution de l'état initial de l'environnement en exposant, notamment, les caractéristiques des zones susceptibles d'être touchées de manière notable par la mise en œuvre du plan ; / 3° Expose les conséquences éventuelles de l'adoption du plan sur la protection des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement, en particulier l'évaluation des incidences Natura 2000 mentionnée à l'article L. 414-4 du code de l'environnement ; / 4° Explique les choix retenus mentionnés au premier alinéa de l'article L. 151-4 au regard notamment des objectifs de protection de l'environnement établis au niveau international, communautaire ou national, ainsi que les raisons qui justifient le choix opéré au regard des solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographique du plan ; / 5° Présente les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si possible, compenser, s'il y a lieu, les conséquences dommageables de la mise en œuvre du plan sur l'environnement ; / 6° Définit les critères, indicateurs et modalités retenus pour l'analyse des résultats de l'application du plan mentionnée à l'article L. 153-27 et, le cas échéant, pour le bilan de l'application des dispositions relatives à l'habitat prévu à l'article L. 153-29. Ils doivent permettre notamment de suivre les effets du plan sur l'environnement afin d'identifier, le cas échéant, à un stade précoce, les impacts négatifs imprévus et envisager, si nécessaire, les mesures appropriées ; / 7° Comprend un résumé non technique des éléments précédents et une description de la manière dont l'évaluation a été effectuée. / Le rapport de présentation au titre de l'évaluation environnementale est proportionné à l'importance du plan local d'urbanisme, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu'aux enjeux environnementaux de la zone considérée () ".
3. En l'espèce, pour justifier de l'insuffisance de l'évaluation environnementale qu'elle invoque, la société Kiabi et Cie fait principalement état des remarques et recommandations émises par l'autorité environnementale dans son avis du 12 juin 2019, sans toutefois produire un exemplaire de l'évaluation environnementale telle que soumise à cette autorité. Elle ne permet ainsi pas au tribunal d'apprécier les différences susceptibles d'exister entre cette version ayant donné lieu à l'avis dont elle se prévaut et celle incluse dans le rapport de présentation du PLUi soumis à l'approbation des membres du conseil communautaire lors de la séance du 12 décembre 2019 de cette assemblée. Elle n'établit pas que ces remarques et recommandations générales, l'avis en cause n'étant doté d'aucune force contraignante, n'ont pas été ultérieurement prises en compte de manière suffisante et que le rapport précité n'a pas été, postérieurement à l'émission de l'avis dont la société requérante se prévaut, modifié et complété dans sa partie portant sur l'évaluation environnementale.
4. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que ce rapport, tel qu'il a été soumis aux membres de l'assemblée délibérante, inclut une évaluation environnementale qui, à propos de la consommation d'espace, comporte une analyse globale de l'évolution des zones du PLUi retranscrit notamment sous la forme d'un tableau faisant état d'un " bilan des surfaces " retraçant l'actuelle et la future utilisation des sols en fonction de leur destination.
Une partie III. 1 intitulée " Justification des choix retenus et analyse des différents scénarios et hypothèse " expose en outre les principales orientations retenues en ce qui concerne l'utilisation des sols ainsi que les raisons qui ont présidé à ces choix. Dans les réponses apportées aux avis des personnes publiques, dont il n'est pas établi, ni même allégué qu'elles n'ont pas été annexées au rapport de présentation critiqué, la communauté d'agglomération a pu développer les motifs de ses choix en matière de périurbanisation en développant des " pôles de proximité ".
Elle rappelle en outre la nécessité d'étendre les surfaces dédiées aux activités économiques, quand bien même les zones déjà créées ne seraient pas pleinement occupées, des projets d'occupation existants d'ores et déjà pour ce qui est des zones actuelles. Elle indique en outre que ces choix ont été faits " en priorisant les sites au sein de la trame bâtie et en localisant les sites à l'écart des enjeux naturels, agricoles et paysagers ". Les allégations de la société quant à l'insuffisance de la présentation des friches existantes et de leur potentiel foncier sont quant à elles dépourvues des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
5. S'agissant de la biodiversité, l'évaluation environnementale inclut un
" état initial de l'environnement " et présente de façon détaillée les zonages d'inventaires et les zonages naturels, une cartographie de ces zones ainsi que des zones humides.
Les nombreuses cartes produites permettent d'appréhender les effets du PLUi au regard de ces divers zonages, les sites interceptant des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique de type 1 ayant au surplus fait l'objet d'un diagnostic complémentaire. Une analyse des habitats naturels, de la faune et de la flore est également présente. L'évaluation mentionne encore les différentes tendances affectant les paysages du territoire, les objectifs du PLUi à leur égard, les mesures prises ainsi que l'impact du plan sur ces derniers. Les allégations de la société requérante quant à l'insuffisance de ces éléments ne sont étayées par aucun élément factuel, localisé et circonstancié. Pour ce qui est de la pollution atmosphérique, le diagnostic ainsi que les effets potentiels du PLUi sur la qualité de l'air, les énergies renouvelables, les déplacements et le climat tels qu'ils sont exposés notamment au sein du diagnostic " Climat air énergie " présentent un caractère suffisant, celui-ci comprenant notamment un rappel de l'indice de la qualité de l'air sur l'année 2017 ainsi qu'une évolution des émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012 et différentes données en matière de pollution aérienne. Dans ses réponses à l'avis de la MRAE, la CAMVS mentionne aussi les éléments retenus afin de réduire l'usage de la voiture thermique et notamment les aménagements prévus à cet effet avec la mise en place d'emplacements dédiés aux véhicules électriques, la création d'un parking dédié au covoiturage et celle de parkings dédiés au vélo dans les projets d'habitat collectif. Par suite et eu égard à la seule argumentation dont le tribunal est saisi sur ce point, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les dispositions du 2° de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme ont été méconnues.
L'évaluation comporte en outre une étude d' " incidence sur le réseau Natura 2000 " qui " expose les problèmes posés par l'adoption du plan sur la protection " de ces zones particulières, conformément aux dispositions du 3° du R. 151-3 du code de l'urbanisme, quand bien même elle ne comporterait pas de démonstration du caractère adapté du règlement des zones naturelles N en vue de la protection du site Natura 2000.
6. Il ressort encore des pièces du dossier que les mesures envisagées pour éviter, réduire et, si nécessaire, compenser les conséquences dommageables de la mise en œuvre du plan contesté en vue de préserver la biodiversité sont décrites de manière exhaustive en fonction de chacun des secteurs concernés. Les allégations de la société requérante sur l'insuffisance de ces mesures, s'agissant notamment du site 7 sur la commune de Bachant et du site A sur la commune de Berlaimont, qui n'ont, en tout état de cause, pas trait à l'éventuel vice de forme entachant le rapport de présentation critiqué, sont insuffisamment étayées. Par suite, la société Kiabi et Cie n'est pas fondée à soutenir que l'évaluation environnementale méconnaît les dispositions du 5° de l'article R. 151-3 5° du code de l'urbanisme.
7. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'évaluation mentionne dans sa partie intitulée " Analyse des résultats de l'application du PLUi " les indicateurs prévus par le 6° de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme. Ces indicateurs présentent les objectifs poursuivis, les données analysées, leur origine, l'échéance à laquelle celles-ci seront analysées ainsi que l'unité de la donnée. A ce titre, ils sont suffisants et adaptés. La seule circonstance que ne sont pas mentionnés les personnes en charge du suivi des mesures, le budget alloué pour les opérations de suivi ou encore les objectifs de performance, n'est pas de nature à établir que ces indicateurs ne permettraient pas de suivre les effets du plan sur l'environnement, d'identifier, le cas échéant, les impacts négatifs imprévus, ni d'envisager, si nécessaire, les mesures appropriées conformément au 6° de l'article R. 151-3 du code de l'urbanisme.
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 7 du présent jugement que le moyen tiré de l'existence d'un vice de forme tenant à l'insuffisance de l'évaluation environnementale doit être écarté.
9. En deuxième lieu, les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une évaluation environnementale ne sont susceptibles de vicier la procédure, et donc d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette étude, que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.
10. Compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus et alors que la société requérante n'établit pas ni même n'allègue que les compléments à l'évaluation environnementale élaborés postérieurement à l'avis de l'autorité environnementale n'auraient pas été mis à la disposition du public ainsi que des membres de l'assemblée délibérante, le moyen tiré du vice de procédure tenant aux inexactitudes, omissions ou insuffisances affectant l'évaluation environnementale doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme :
" Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire. ". Aux termes de l'article L. 153-21 du même code, dans sa version applicable au litige : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale ; () ".
12. Il résulte de ces dispositions que le projet de PLUi ne peut subir de modifications, entre la date de sa soumission à l'enquête publique et celle de son approbation, qu'à la double condition que ces modifications ne remettent pas en cause l'économie générale du projet et qu'elles procèdent de l'enquête. Doivent être regardées comme procédant de l'enquête les modifications destinées à tenir compte des réserves et recommandations du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, des observations du public et des avis émis par les autorités, collectivités et instances consultées et joints au dossier de l'enquête.
13. D'une part, il ressort des pièces du dossier que contrairement à ce qui est soutenu, la délibération contestée mentionne la nature et le contenu des modifications apportées au projet postérieurement à l'enquête publique qui s'est tenue du 5 septembre au 7 octobre 2019.
Il apparaît ainsi que le projet a été modifié en ce qui concerne la consommation projetée d'espace, les perspectives de développement en matière de création de logement, la densité et le phasage des orientations d'aménagement et de programmation (OAP), le phasage des zones à urbaniser ainsi qu'en ce qui concerne la règlementation des secteurs de tailles et de capacité d'accueil limitées et la limitation de certaines sous-destinations parmi les équipements d'intérêt collectifs et services publics en zone Naturelle et Agricole mais aussi la prise en compte du commerce et des mobilités alternatives à la voiture individuelle. L'ensemble de ces modifications procède de l'enquête et notamment des recommandations émises par les personnes publiques associées ainsi que la commission d'enquête publique, la société n'établissant pas au demeurant, ni même n'alléguant que l'une de ces modifications serait étrangère à l'enquête.
14. D'autre part, l'ajout de définitions de la consommation foncière, de l'artificialisation des sols et des enveloppes urbaines ne constitue qu'une précision relative au cadre méthodologique employé pour l'élaboration du projet et n'a pas pour effet de remettre en cause son économie générale. Il en est de même en ce qui concerne la fixation d'un objectif de production de 6 591 logements en lieu et place des 6 930 initialement prévus, cette diminution de 4,89 % répondant en outre aux avis formulés dans le cadre de l'enquête publique recommandant de limiter la consommation foncière. L'introduction d'un phasage en ce qui concerne les orientations d'aménagement et de programmation (OAP), qui fait suite à l'avis émis par le préfet du Nord quant au rythme de consommation foncière envisagé, a pour objet de distinguer des zones à urbaniser à plus ou moins long terme. Cette modification, qui n'a trait qu'à un nombre limité de zones soit les OAP sectorielles à destination d'habitation au sein des communes périurbaines, ne restreint en outre pas la construction d'habitation mais vise uniquement à l'harmoniser dans le temps sur les territoires concernés. Dans ces conditions, l'ajout d'un tel phasage ne remet pas en cause l'économie générale du projet. Enfin, si les surfaces classées en zone agricole sont désormais de 3 905 hectares contre 3 343 hectares initialement et que le zonage de 2,2 % de l'ensemble du territoire a évolué, de telles modifications de la destination des sols ne sont pas de nature à remettre en cause l'économie générale du projet eu égard notamment aux seules superficies en cause. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'adoption de la délibération attaquée aurait dû être précédée d'une nouvelle enquête publique, en raison des modifications apportées au projet à l'issue de l'enquête initialement menée. Le moyen doit, ainsi, être écarté.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article L. 2121-13 du même code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ".
16. Il résulte de ces dispositions, rendues applicables aux conseils communautaires des établissements publics de coopération intercommunale comportant au moins une commune de 3 500 habitants et plus par l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales, que le défaut d'envoi avec la convocation de la note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire ou le président de l'établissement public n'ait fait parvenir aux membres du conseil, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat.
17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que préalablement à la tenue de la séance du 12 décembre 2019 du conseil communautaire, les membres de cette instance se sont vus remettre une note explicative de synthèse telle que prévue par les dispositions précitées. Ils ont toutefois été mis en mesure de télécharger par le biais de la plate-forme i-delibRE le projet de délibération en litige, ce projet rappelant notamment l'historique de la procédure d'élaboration du PLUi, les orientations arrêtées dans le cadre du projet d'aménagement et de développement durables (PADD), les conclusions de la commission d'enquête publique y compris l'existence de réserves et recommandations, le sens des avis des personnes publiques associées et les modifications apportées au projet postérieurement à l'enquête publique. Il apparaît par ailleurs que les différents documents constitutifs du projet de PLUi, les avis des communes et des personnes publiques associées ainsi que le dossier soumis à enquête publique et le rapport et l'avis de la commission d'enquête ont aussi été mis à la disposition des élus sur la plateforme dématérialisée précitée. La société requérante n'apporte aucun élément susceptible de remettre en cause les mentions de la délibération et de la convocation sur ces différents points. Dans ces circonstances, les élus ont disposé, en temps utile, d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
18. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements et de services.
/ En zone de montagne, ce diagnostic est établi également au regard des besoins en matière de réhabilitation de l'immobilier de loisir et d'unités touristiques nouvelles. / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'approbation du plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. / Il établit un inventaire des capacités de stationnement de véhicules motorisés, de véhicules hybrides et électriques et de vélos des parcs ouverts au public et des possibilités de mutualisation de ces capacités. ".
19. Il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation du PLUi contesté est fondé sur un diagnostic commercial qui présente une analyse détaillée de l'offre commerciale et procède à une analyse de l'offre et de la demande en étudiant les principaux pôles commerciaux et les polarités commerciales alentours. Les localisations préférentielles sont, elles aussi, analysées à travers la présentation des différents pôles commerciaux de proximité à renforcer ainsi que la mise en avant d'axes de travail pour y parvenir. S'agissant de l'absence de scénarios alternatifs suffisants de développement économique telle qu'invoquée par la société requérante, l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme précité n'implique pas la présentation de tels scénarios. Par ailleurs, et ainsi qu'il a été dit ci-dessus à propos de l'évaluation environnementale qui est au nombre des éléments constitutifs du rapport de présentation, la consommation foncière induite par le plan attaqué est présentée de façon détaillée incluant notamment diverses cartes et des tableaux. Ainsi, les différents documents constituant le rapport de présentation comportent des scénarios de structuration du territoire et justifient les choix opérés par le PLUi en vue d'assurer un équilibre des projets de développement et des enjeux environnementaux du territoire. Enfin, si le rapport de présentation mentionne l'impossibilité d'implanter des bâtiments commerciaux de plus de 4 000 m² au sein des pôles de proximité et les pôles intermédiaires, la société requérante ne précise pas en quoi cette circonstance traduirait une insuffisance du rapport de présentation, une telle interdiction ne concernant au demeurant que les pôles de proximité et les pôles intermédiaires et est cohérente au regard des orientations du PADD selon lequel la centralité autour de Maubeuge doit être privilégiée tout en réduisant l'étalement urbain et les logiques de concurrences entre commerces sur l'ensemble du territoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme doit être écarté.
20. En sixième lieu, si par un jugement n° 1707711 du 2 mai 2019, le tribunal administratif de céans a annulé la délibération du 3 juillet 2017 par laquelle le comité syndical du syndicat mixte du SCoT Sambre-Avesnois a approuvé le schéma de cohérence territoriale Sambre-Avesnois, par un arrêt n° 19DA01514 du 26 janvier 2021, la cour administrative d'appel de Douai a annulé ce jugement. Cet arrêt, dont la portée est rétroactive, a pour effet que ce SCoT doit être regardé comme n'ayant jamais cessé d'exister et de produire ses effets. Par suite, la société requérante ne peut utilement se prévaloir de l'annulation du SCoT Sambre-Avesnois par le tribunal administratif de Lille, le PLUi en cause se devant d'être compatible avec ce schéma pour l'application des dispositions de l'article L. 134-4 du code de l'urbanisme, ni des modalités de prise en compte de cette annulation par la communauté d'agglomération dans le cadre de l'élaboration de son document d'urbanisme. Elle n'est pas non plus fondée à soutenir que le PLUi attaqué est entaché d'illégalité en raison de la prise en compte des objectifs et orientations du SCoT précité, la cour ayant au demeurant jugé dans son arrêt précité que le document d'orientation et d'objectifs dudit SCoT définissait avec suffisamment de précision les localisations préférentielles des commerces sur son territoire au regard des prescriptions de l'article L .141-16 du code de l'urbanisme. La société requérante ne saurait donc utilement invoquer l'existence de lacunes sur ce point en se référant au seul jugement du tribunal annulé. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la délibération contestée méconnait les dispositions de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme en raison de l'annulation par le tribunal administratif de Lille du SCoT Sambre-Avesnois et que le PLUi met en œuvre un schéma jugé illégal. Ces moyens doivent ainsi être écartés.
21. En septième lieu, aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit :
/ () / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. / Il peut prendre en compte les spécificités des anciennes communes, notamment paysagères, architecturales, patrimoniales et environnementales, lorsqu'il existe une ou plusieurs communes nouvelles. ".
Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à
L. 101-3. ".
22. Pour apprécier la cohérence exigée au sein du PLU entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
23. D'une part, le PADD du plan en litige comporte un axe 1
" Une destination " Sambre " ", dont l'orientation 2 prévoit de " réinventer le rapport aux infrastructures routières ", ainsi qu'un axe 3 " Un territoire préservé et valorisé ", dont l'orientation 5 prévoit d' " encourager les modes actifs dans les déplacements quotidiens et touristiques en renforçant et en connectant les itinéraires cyclables et piétons ".
Le règlement du PLUi contesté permet quant à lui la création d'un parking dédié au covoiturage et prescrit la création d'un nombre minimal d'emplacements cyclables pour les projets d'habitats collectifs. La carence alléguée par la société requérante en ce qui concerne l'absence totale de prise en compte par le règlement des orientations du PADD relatives au développement des modes de déplacement alternatifs à l'usage individuel de la voiture n'est ainsi pas établie.
Par suite et en tout état de cause, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'incohérence du règlement écrit et graphique au regard des orientations du PADD.
24. D'autre part, il ressort des pièces du dossier qu'afin de hiérarchiser l'armature commerciale sur le territoire de la CAMVS, le PADD fixe cinq orientations tendant à
" affirmer le rôle commercial majeur du centre-ville de Maubeuge (par soucis d'équilibre avec le centre commercial Val de Sambre) ", " conforter les pôles intermédiaires de centralités (qui offrent des alternatives aux pôles monofonctionnels de grandes ou moyennes surfaces) ", " assurer un maillage raisonné des services de proximité aux habitants (limiter le maillage et mieux le répartir afin de répondre aux besoins courants) ", " limiter la dispersion des commerces le long des axes de flux (éviter les implantations d'opportunité ; implantations conditionnées au sein du pôle supérieur) " et " concentrer les établissements à fort rayonnement (centre-ville de Maubeuge, espace commercial Val de Sambre dans ses limites actives actuelles) ".
Il comprend en outre une carte répertoriant l'emplacement des centralités commerciales et sites commerciaux majeurs, intermédiaires et de proximité et identifie les zones pour lesquelles l'ouverture d'activités est conditionnée au respect de l'armature urbaine.
Cette hiérarchisation des sites commerciaux est reprise au sein des autres documents constitutifs du PLU. Ainsi, contrairement à ce qu'allègue la société requérante, le PADD comporte des orientations générales permettant de définir objectivement l'implantation des nouvelles surfaces commerciales en conformité avec le parti d'aménagement retenu, sans que les nouveaux équipements commerciaux ne soient tenus de s'implanter dans les centres-villes.
Enfin, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, ni d'aucun principe que le PADD doive fixer des critères en termes de surface de vente, de nature du commerce ou encore de fréquence d'achat, la stratégie commerciale étant au demeurant déclinée au sein des " justifications du projet " constitutives du PLU. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'établissement des orientations du PADD.
25. En huitième lieu, aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme :
" Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. ".
Aux termes de l'article R. 151-27 du même code : " Les destinations de constructions sont :
/ () / 3° Commerce et activités de service ; () ". Aux termes de l'article R. 151-28 de ce code : " Les destinations de constructions prévues à l'article R. 151-27 comprennent les
sous-destinations suivantes : / () 3° Pour la destination " commerce et activités de service " : artisanat et commerce de détail, restauration, commerce de gros, activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle, cinéma, hôtels, autres hébergements touristiques ; () ". Enfin, aux termes de l'article R. 151-30 dudit code : " Pour des raisons de sécurité ou salubrité ou en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, le règlement peut, dans le respect de la vocation générale des zones, interdire : / 1° Certains usages et affectations des sols ainsi que certains types d'activités qu'il définit ; / 2° Les constructions ayant certaines destinations ou sous-destinations. ".
26. Il appartient aux auteurs d'un PLUi de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à modifier le zonage ou les activités autorisées dans une zone déterminée, pour les motifs énoncés par les dispositions citées ci-dessus. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
27. D'une part, la délibération contestée classe les parcelles BL n° 55, 176 et 177 à Hautmont et AM n° 86 à Louvroil, en zone UEa au sein de laquelle les activités économiques sont autorisées, à l'exception toutefois de celles de service où s'effectuent l'accueil d'une clientèle, de restauration et de cinéma. Eu égard au constat établi par la CCI Grand Hainaut Hauts-de-France de l'existence d'un déséquilibre commercial sur le territoire communautaire, le PADD fixe pour objectif de " concentrer les établissements à fort rayonnement () à savoir () l'espace commercial Val de Sambre, dans ses limites actives actuelles " dès lors que l'offre globale proposée est " aujourd'hui trop uniquement orientée vers le centre commercial
Val de Sambre et les espaces commerciaux attenants ". Il ressort des pièces du dossier que les parcelles précitées, vierges de toute construction, sont situées en limite sud-est de la zone commerciale Val de Sambre. Eu égard à leur positionnement géographique, leur classement s'inscrit dans le parti d'urbanisme arrêté par la communauté d'agglomération afin de favoriser une implantation des activités interdites au sein de la zone UEa dans les centres-villes, notamment celui de Maubeuge et d'en limiter la concentration au sein des zones périphériques en vue d'assurer une meilleure attractivité des centres-villes et bourgs. En outre, les parcelles en litige, situées ainsi qu'il vient d'être dit à proximité immédiate du pôle commercial le plus dynamique de la communauté d'agglomération, ne sauraient répondre à un besoin de commerce de proximité, contrairement à ce qui est soutenu, ni ne constituent, en raison de leurs caractéristiques et notamment leur éloignement de plus de 50 mètres d'un bâti, des dents creuses pour l'application du PLUi en cause qui justifieraient la possibilité de développer tout type d'activité dans le prolongement du centre commercial Val de Sambre. Enfin, la circonstance que les trois parcelles situées sur le territoire de la commune d'Haumont étaient classées en zone UX par le précédent document d'urbanisme de cette collectivité et n'étaient pas soumises à de telles interdictions est sans incidence sur le bien-fondé du classement contesté dès lors que les auteurs du PLUi ne sont pas liés par le classement antérieur des parcelles, un propriétaire ne disposant d'aucun droit au maintien dudit classement. Dans ces conditions, le classement en zone UEa des parcelles BL n° 55, 176 et 177 à Hautmont et AM n° 86 à Louvroil ne saurait être regardé comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
28. D'autre part, il est de la nature de toute réglementation d'urbanisme de distinguer des zones où les possibilités de construire sont différentes ainsi que des zones inconstructibles. Dès lors que le classement du site en litige en zone AUEa n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et répond au parti d'urbanisme de la communauté d'agglomération, il ne saurait constituer une rupture d'égalité ou entraîner une atteinte excessive à la liberté du commerce et de l'industrie, nonobstant la circonstance que le classement contesté limiterait les possibilités de la société Kiabi et Cie en ce qui concerne l'exploitation de ses parcelles.
29. En neuvième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 151-30 du code de l'urbanisme : " Pour des raisons de sécurité ou salubrité ou en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, le règlement peut, dans le respect de la vocation générale des zones, interdire : / 1° Certains usages et affectations des sols ainsi que certains types d'activités qu'il définit ; / 2° Les constructions ayant certaines destinations ou
sous-destinations. ".
30. En l'espèce l'interdiction de certaines activités au sein de la zone UEa est, compte tenu de ce qui a été mentionné aux points 24 et 27 du présent jugement, cohérente avec les orientations du PADD qui visent à restreindre l'implantation des activités de service où s'effectuent l'accueil d'une clientèle, de restauration ainsi que de cinéma au sein des zones commerciales périphériques existantes ou à créer, et respecte la vocation générale assignée à la zone UEa. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 151-30 du code de l'urbanisme doit être écarté.
31. Il résulte de tout ce qui précède que la société Kiabi et Cie n'est pas fondée à demander l'annulation de la délibération du 12 décembre 2019 par laquelle le conseil communautaire de la CAMVS a approuvé son PLUi.
Sur les frais liés au litige :
32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté d'agglomération
Maubeuge-Val de Sambre, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Kiabi et Cie demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Kiabi et Cie une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Kiabi et Cie est rejetée.
Article 2 : La société Kiabi et Cie versera à la communauté d'agglomération
Maubeuge-Val de Sambre la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Kiabi et Cie et à la communauté d'agglomération Maubeuge Val de Sambre.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
B. CHEVALDONNET
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
E. GRARD
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Nord ce en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026