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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2001638

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2001638

vendredi 24 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2001638
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP MASSE-DESSEN, THOUVENIN, COUDRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 février, 8 mai 2020 et les 1er mars, 12 avril et 29 décembre 2021, Mme C A, représenté par la SCP G. Thouvenin, O. Coudray, M. B, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté n° MCC-0000043063 du 29 août 2019 par lequel le ministre de la culture a procédé à son recrutement et à son classement dans le corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d'architecture à compter du 1er septembre 2019, en tant que cet arrêté l'a classée au 1er échelon de la 2ème classe de ce corps avec une ancienneté de 11 mois et 29 jours ;

2°) d'annuler l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 par lequel le ministre de la culture l'a classée, à compter du 2 septembre 2019, au 2ème échelon de la 2ème classe de son corps sans aucune ancienneté ;

3°) d'annuler la décision implicite portant rejet de son recours gracieux formé à l'encontre de ces deux arrêtés du 29 août 2019 ;

4°) d'annuler l'arrêté, non daté, par lequel la ministre de la culture a retiré l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 ;

5°) d'annuler l'arrêté n° MCC-0000048454 du 25 février 2020 par lequel la ministre de la culture l'a classée, à compter du 1er septembre 2019, au 3ème échelon de la 2ème classe de son corps avec une ancienneté d'1 an et 2 jours ;

6°) d'annuler la décision par laquelle la ministre de la culture l'a classée, à compter du 1er novembre 2020, au 4ème échelon de la 2ème classe de son corps ;

7°) d'enjoindre à la ministre de la culture de réexaminer sa situation, de procéder à un nouveau classement et de reconstituer sa carrière en conséquence à compter du 1er septembre 2019, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

8°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées la classant aux 1er, 2ème et 3ème échelon de la 2ème classe du corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d'architecture et portant rejet de son recours gracieux ont été adoptées au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence de consultation préalable de la commission administrative paritaire compétente ;

- ces décisions sont entachées d'une erreur de fait et méconnaissent le décret n° 2018-105 du 15 février 2018 dès lors que n'ont pas été repris, pour le calcul de son ancienneté, l'ensemble des services qu'elle a accomplis, antérieurement à sa nomination, tant en qualité d'agent public non titulaire que dans le secteur privé dans des fonctions équivalentes ;

- elles sont illégales, par exception d'illégalité du décret n° 2018-105 du 15 février 2018 ; ce décret méconnaît le principe d'égalité de traitement des agents publics dès lors que ses dispositions relatives à la détermination de l'ancienneté reprise en cas de nomination dans le corps des maîtres de conférences de 2ème classe des écoles nationales supérieures d'architecture sont moins favorables que celles du décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 applicables aux maîtres de conférence relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur, alors que cette différence de traitement n'est justifiée par aucune différence objective de situation ; le décret n° 2018-105 du 15 février 2018 méconnaît en outre le droit de toute personne au respect de ses biens tel que garanti par les stipulations de l'article 1er du 1er protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales combinées à celles de l'article 14 de la même convention ;

- la décision, révélée par les mentions inscrites sur ses bulletins de paie, par laquelle la ministre de la culture l'a classée, à compter du 1er novembre 2020, au 4ème échelon de la 2ème classe de son corps doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation des arrêtés en litige des 29 août 2019 et 25 février 2020.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 février, 24 mars et 30 avril 2021, la ministre de la culture conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les dispositions de l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 ayant été retirées, les conclusions de la requête dirigées contre cet arrêté sont devenues sans objet ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés, pour le premier, de l'irrecevabilité des conclusions de Mme A tendant à l'annulation de l'acte portant retrait de l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 dès lors, d'une part, qu'elle ne justifie d'aucun intérêt à agir contre cet arrêté qui, au surplus, en portant retrait d'un arrêté contre lequel elle a formé un recours gracieux et dont elle demande l'annulation, ne lui fait pas grief et, d'autre part, que ces conclusions ne sont assorties d'aucun moyen dirigé à l'encontre de cet acte de retrait et, pour le second, du non-lieu à statuer, d'une part, sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté n° MCC-0000043063 du 29 août 2019 en tant qu'il classe Mme A au 1er échelon de la 2ème classe de son corps avec une ancienneté de 11 mois et 29 jours, d'autre part, sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision portant rejet du recours gracieux formé par Mme A.

Des observations, enregistrées le 24 février 2023, ont été présentées pour Mme A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son premier protocole additionnel ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2009-462 du 23 avril 2009 ;

- le décret n° 2018-105 du 15 février 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de M. Christian, rapporteur public,

- et les observations de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite de sa réussite au concours interne pour l'accès au corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d'architecture au titre de l'année 2019, Mme A a été recrutée, par un arrêté n° MCC-0000043063 du ministre de la culture en date du 29 août 2019, au 1er échelon de la 2ème classe du corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d'architecture, à compter du 1er septembre 2019, avec une ancienneté conservée de 11 mois et 29 jours, et affectée à l'école nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille sur le poste de maître de conférence dans le champ disciplinaire " Ville et territoires - Géographie et paysage ". Par un arrêté n° MCC-0000043075 daté du même jour, le ministre de la culture l'a promue au 2ème échelon de la 2ème classe de son corps, avec effet au 2 septembre 2019, sans ancienneté conservée. Par un courrier du 19 octobre 2019, reçu le 25 octobre suivant, Mme A a formé à l'encontre de ces deux arrêtés du 29 août 2019 un recours gracieux, en soutenant que la reprise de son ancienneté n'a pas été calculée en tenant compte de l'ensemble des services qu'elle a accomplis tant dans le secteur privé dans des fonctions équivalentes qu'en qualité d'agent public non titulaire. Par un arrêté non daté et par un second arrêté n° MCC-0000048454 du 25 février 2020, la ministre de la culture a, d'une part, retiré l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 et, d'autre part, promu Mme A, avec effet au 1er septembre 2019, au 3ème échelon de la 2ème classe de son corps avec une ancienneté conservée d'1 an et 2 jours. Mme A a été classée au 4ème échelon en novembre 2020.

2. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler l'arrêté n° MCC-0000043063 du 29 août 2019 en tant qu'il la classe au 1er échelon de la 2ème classe du corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d'architecture avec une ancienneté de 11 mois et 29 jours, d'annuler l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019, d'annuler la décision implicite portant rejet de son recours gracieux formé à l'encontre des deux arrêtés précités, d'annuler n° MCC-0000048454 du 25 février 2020, d'annuler l'arrêté, non daté, par lequel la ministre de la culture a retiré l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 et d'annuler, par voie de conséquence, la décision la classant au 4ème échelon de son corps à compter du mois de novembre 2020.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté n° MCC-0000043063 du 29 août 2019 en tant qu'il classe Mme A au 1er échelon de la 2ème classe de ce corps avec une ancienneté de 11 mois et 29 jours, et de la décision implicite portant rejet du recours gracieux formé, dans cette limite, contre cet arrêté :

3. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.

4. Par l'arrêté n° MCC-0000048454 du 25 février 2020, la ministre de la culture a classé Mme A, à compter du 1er septembre 2019, au 3ème échelon de la 2ème classe du corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d'architecture avec une ancienneté d'1 an et 2 jours. Ce classement s'est implicitement mais nécessairement substitué à celui prévu par l'arrêté n° MCC-0000043063 du 29 août 2019 de sorte qu'en application des principes rappelés au point précédent, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de cet arrêté du 29 août 2019, en tant qu'il classe Mme A au 1er échelon de la 2ème classe de son corps avec une ancienneté de 11 mois et 29 jours, sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer. Pour les mêmes motifs, il n'y a plus lieu de statuer sur la décision portant rejet du recours gracieux formé par Mme A contre ce même arrêté.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté par lequel la ministre de la culture a retiré l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 :

5. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie sur requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

6. Il ressort des pièces du dossier que, par une démarche dont aucune circonstance particulière n'a altéré le caractère volontaire, Mme A a formé à l'encontre de l'arrêté n°MCC-0000043075 du 29 août 2019 un recours gracieux, auquel a fait droit la décision en litige en procédant au retrait de cet arrêté. Dans ces circonstances, la requérante ne justifie d'aucun intérêt à agir contre la décision contestée, dont les conclusions tendant à l'annulation ne sont, en tout état de cause, assorties d'aucun moyen soulevé à son encontre, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de cet acte de retrait sont irrecevables et ne peuvent, pour ce motif, qu'être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 et de la décision portant rejet du recours gracieux formé contre cet arrêté :

7. Ainsi qu'il a été dit, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté non daté, la ministre de la culture a retiré l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 en litige. Les conclusions présentées par Mme A à l'encontre de cet acte de retrait étant rejetées par le présent jugement, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté précité du 29 août 2019 et de la décision implicite portant rejet du recours gracieux formé contre celui-ci ont perdu leur objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté n° MCC-0000048454 du 25 février 2020 et la décision classant Mme A au 4ème échelon de la 2ème classe de son corps :

8. Aux termes de l'article 14 du 15 février 2018 portant statut particulier du corps des professeurs et du corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d'architecture : " Les personnes nommées dans l'un des corps mentionnés à l'article 1er sont classées au 1er échelon de la 2e classe du corps au titre duquel un recrutement a été ouvert, sous réserve des dispositions des articles suivants. ". Aux termes de l'article 16 de ce décret : " Les personnes nommées dans l'un des corps mentionnés à l'article 1er du présent décret qui, avant leur nomination, avaient la qualité d'agent non titulaire de l'Etat, des collectivités locales ou de leurs établissements publics sont classées à un échelon de la 2e classe de ce corps déterminé en prenant en compte, sur la base des durées de service fixées pour l'avancement dans chacun des échelons de ce corps, une fraction de leur ancienneté de service, dans les conditions suivantes : / 1° Les services accomplis dans un emploi du niveau de la catégorie A sont retenus à raison de la moitié de leur durée jusqu'à douze ans et à raison des trois quarts au-delà de cette durée ; / () / Les dispositions du présent article ne peuvent avoir pour effet de placer les intéressés dans une situation plus favorable que celle résultant du classement à un échelon comportant un traitement égal ou, à défaut, immédiatement supérieur à celui perçu dans le dernier emploi d'agent non titulaire. ". Aux termes de l'article 18 du même décret : " Lorsque des personnes sont nommées dans l'un des corps mentionnés à l'article 1er après avoir exercé dans des organismes privés des fonctions d'un niveau équivalent à celui des fonctions exercées par les membres de ce corps, une fraction de la durée de ces services est prise en compte pour le calcul de l'ancienneté des intéressés dans ce corps, à raison du tiers de la durée de ces services si celle-ci est inférieure à douze ans et de la moitié de cette durée si elle excède douze ans. Le niveau de fonctions est apprécié par le conseil national des enseignants-chercheurs des écoles nationales supérieures d'architecture. / Les intéressés sont classés à un échelon de la 2e classe du corps déterminé en fonction des durées de service fixées pour l'avancement à l'ancienneté dans chacun des échelons. ".

9. Il ressort des pièces du dossier que, pour le calcul de son ancienneté conservée au 1er septembre 2019, l'administration a retenu, en application des dispositions de l'article 18 du décret du 15 février 2018, une fraction égale au tiers des services accomplis par Mme A dans le secteur privé, en qualité de paysagiste, du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2018, soit 1 461,5 jours retenus. La requérante soutient que l'administration aurait dû retenir, pour le calcul de son ancienneté, en appliquant les règles citées aux articles 16 et 18 du décret du 15 février 2018, l'ensemble des services qu'elle a accomplis tant dans le secteur privé qu'en qualité d'agent non titulaire de l'Etat ou, à défaut, une fraction égale à la moitié de l'ensemble des services qu'elle a accomplis dans le secteur privé, en qualité de paysagiste, du 1er avril 1995 au 31 décembre 2018.

10. Toutefois, aucune disposition du décret du 15 février 2018 ne prévoit une possibilité de cumul entre les différentes hypothèses dans lesquelles les services accomplis antérieurement par l'intéressée peuvent être pris en compte pour son classement. Par ailleurs, Mme A ne conteste pas que, comme l'a estimé l'administration, la prise en compte des services qu'elle a accomplis dans des organismes privés constituait pour elle l'hypothèse la plus favorable.

11. En revanche, il ressort des pièces du dossier que Mme A a exercé dans le secteur privé, de 1995 à 2018, une activité de paysagiste. Si l'administration n'a retenu, pour le calcul de son ancienneté, en application des dispositions précitées de l'article 18 du décret du 15 février 2018, qu'une fraction égale au tiers de ces services accomplis du 1er janvier 2007 au 31 décembre 2018, soit 1 461,5 jours retenus, en faisant valoir que l'intéressée n'établissait pas le caractère effectif de son activité du 1er avril 1995 au 31 décembre 2006, les pièces versées à l'instance, en particulier les appels à cotisation produits, qui font mention des revenus déclarés par Mme A sur cette période à l'exception de l'année 2004, sont de nature à établir la réalité de son activité. Par ailleurs, si la ministre de la culture fait également valoir que la requérante ne démontre pas, en ce qui concerne les années 96-97-2002 que ses activités étaient équivalentes à celles exercées dans le corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d'architecture, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'activité libérale de A était, durant ces années là, différente de celles exercées durant les années d'ores et déjà retenues par l'administration pour le calcul de son ancienneté.

12. Il suit de là que Mme A est fondée à soutenir que l'administration aurait dû retenir, pour le calcul de son ancienneté reprise au 1er septembre 2019, une fraction égale à la moitié des services qu'elle a accomplis dans le secteur privé, en qualité de paysagiste, du 1er avril 1995 au 31 décembre 2018. L'arrêté n° MCC-0000048454 du 25 février 2020 par lequel la ministre de la culture a classé Mme A, à compter du 1er septembre 2019, au 3ème échelon de la 2ème classe de son corps avec une ancienneté d'1 an et 2 jours doit donc être annulé ainsi que, par voie de conséquence, la décision classant la requérante au 4ème échelon à compter du mois de novembre 2020.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Eu égard aux motifs d'annulation qui le fonde, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que la ministre de la culture réexamine la situation de Mme A et qu'elle procède à la reconstitution de la carrière de l'intéressée en la reclassant, à compter du 1er septembre 2019, conformément aux motifs développés aux points 8 à 12 du présent jugement. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation partielle de l'arrêté n° MCC-0000043063 du 29 août 2019, à l'annulation de l'arrêté n° MCC-0000043075 du 29 août 2019 et à l'annulation de la décision portant rejet des recours gracieux formé contre ces arrêtés.

Article 2 : L'arrêté n° MCC-0000048454 du 25 février 2020 par lequel la ministre de la culture a classé Mme A, à compter du 1er septembre 2019, au 3ème échelon de la 2ème classe du corps des maîtres de conférences des écoles nationales supérieures d'architecture avec une ancienneté d'1 an et 2 jours, ainsi que la décision classant l'intéressée au 4ème échelon de ce corps à compter du mois de novembre 2020, sont annulés.

Article 3 : Il est enjoint à la ministre de la culture de procéder au réexamen de la situation de Mme A et à la reconstitution de sa carrière en la reclassant, à compter du 1er septembre 2019, conformément aux motifs des points 8 à 12 du présent jugement, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera à Mme A la somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la ministre de la culture.

Délibéré après l'audience du 3 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Marjanovic, président,

M. Larue, premier conseiller,

M. Caustier, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.

Le rapporteur,

Signé

G. D

Le président,

Signé

V. MARJANOVIC

La greffière,

Signé

D. WISNIEWSKI

La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2001638

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