jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2001675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | STIENNE-DUWEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 février 2020 et 8 juin 2022, celui-ci n'ayant pas été communiqué, M. F A, représenté par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2019 par lequel la maire de la commune de Lille a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif en vue de la modification de l'annexe sur un terrain sis 17 rue André Thoor à Lomme, parcelle cadastrée n° B4020, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge des villes de Lille et Lomme la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence dès lors que, d'une part, le maire de la commune de Lomme ne dispose pas de la compétence " urbanisme " et, d'autre part, que le directeur général adjoint des services en charge de la qualité et du développement de la ville de Lille n'était pas compétent pour le signer ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que les dispositions du 11) du B) du II) de l'article 11 UC du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la communauté urbaine de Lille ne pouvaient être opposées à son projet dès lors que celui-ci a pour but de réhabiliter et assurer la sécurité de l'annexe concernée ;
- il méconnaît les dispositions du 7) du I) de l'article 1 de la zone UC du règlement du PLU ;
- il est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du 1° de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme dès lors que les adaptations prévues par son projet sont mineures.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 novembre 2020, la commune de Lille, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 27 janvier 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2000-151 du 22 février 2000 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- et les observations de Mme D, représentant la commune de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est propriétaire d'une maison d'habitation avec annexe, sise 17, rue André Thoor à Lomme. A la suite de sa demande n° PC 059350 12O0038 déposée le 10 février 2012 et complétée le 16 mai 2012, la maire de la commune de Lille lui a accordé un permis de construire valant autorisation de démolir en vue d'une nouvelle construction. Le 27 février 2019, M. A a déposé une demande de permis modificatif n° PC O5935001 12O0038M03 en vue de la réalisation de travaux d'isolation et de renforcement de l'annexe de sa maison. Par un arrêté du 16 avril 2019, la maire de la commune de Lille a refusé de lui délivrer le permis modificatif sollicité. Par la suite, le recours gracieux de M. A formé le 18 juin 2019 a été implicitement rejeté. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 avril 2019 de la maire de Lille.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 22 février 2000 portant fusion avec association des communes de Lille et de Lomme (département du Nord) : " Les communes de Lille et de Lomme (département du Nord) sont réunies en une seule commune selon la procédure de fusion comportant la création d'une commune associée. ". Aux termes de l'article L. 2113-13 du code général des collectivités territoriales : " Le maire délégué remplit dans la commune déléguée les fonctions d'officier d'état civil et d'officier de police judiciaire. Il peut être chargé, dans la commune déléguée, de l'exécution des lois et règlements de police et recevoir du maire les délégations prévues aux articles L. 2122-18 à L. 2122-20. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 11 avril 2019, reçu par le préfet du Nord et affiché à l'hôtel de ville de Lille le même jour, dont la maire de Lille certifie au surplus le caractère exécutoire, la maire de Lille a donné délégation à M. E C, directeur général adjoint des services en charge de la qualité et du développement de la ville, signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer, notamment la décision attaquée. La circonstance que la décision attaquée comporte, de manière superfétatoire, la signature du maire délégué de la commune associée de Lomme, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il avait reçu une délégation de la maire de Lille à cet effet, est sans incidence sur sa légalité. Le moyen tiré de l'incompétence des signataires de la décision doit, dès lors, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes du 11) du B) du II) de l'article 11 UC du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la communauté urbaine de Lille, dans sa version applicable à l'espèce : " En [zone] UCd 0.30 de la cité de la Délivrance à LOMME (commune associée), pour les constructions principales et annexes des bâtiments faisant l'objet d'une discipline architecturale particulière, à moins qu'il ne s'agisse de restituer une des composantes d'origine de l'architecture du bâtiment, ou de ses annexes, seront interdites les extensions nouvelles et les modifications et suppressions : / Des matériaux de façade / () / Des éléments volumétriques en saillie ou en retrait (). / Néanmoins dans le cas d'un logement et de ses annexes, faisant l'objet d'un projet de réhabilitation, ces modifications ou suppressions peuvent être acceptées, dans la limite des transformations énoncées ci-après, si elles sont nécessaires à son fonctionnement, dans des conditions de confort et de sécurité répondant aux normes actuelles, ne remettant pas en cause sa cohérence et sa qualité architecturale d'ensemble, et contribuant à la préservation de son caractère patrimonial. Par conséquence, peuvent être acceptées les transformations suivantes : / Agrandissement de baies en Rez-de-chaussée par suppression des allèges / Extensions, composées dans la mesure du possible de volumes à toitures pentées, harmonisées avec la volumétrie du pavillon d'origine / Extension sous forme de véranda réalisée essentiellement en produits verriers / Extension par rehausse partielle des toitures sous forme de lucarnes rampantes comparables en forme et en dimensions aux lucarnes d'origine / Aspect des matériaux des adjonctions, ou doublage de façades, restituant les modénatures de façades similaires aux compositions d'origine (traitements différenciés des niveaux, ou éléments caractéristiques du " dessin de façade ") / Modification des fenêtres sous réserve d'une composition de ses parties analogue aux châssis d'origine de la construction (profils des cadres dormants et ouvrants, maintien ou restitution des volets battants en RDC). Les coffres de volets saillants à l'extérieur des baies sont interdits, ou devront être dissimulés derrière un lambrequin en bois composé avec la menuiserie / Les coffrets, compteurs, boîtes aux lettres et autres dispositions liés à la desserte par les réseaux doivent être incorporés dans l'épaisseur ou la composition de façade, ou dans un dispositif intégré à la clôture suivant les dispositions particulières prévues à l'Art. UC 11 chap. C). "
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet porte sur la dépendance d'une maison d'habitation qui fait l'objet d'une " discipline architecturale particulière " au sens des dispositions précitées du 11) du B) du II) de l'article 11 UC du règlement du PLU. Ce projet prévoit le renforcement de tous les murs de cette annexe avec la mise en place de fondations ainsi que le doublement des murs par des briques de 20cm, elles-mêmes recouvertes d'un enduit écrasé au ton identique à l'existant, l'ensemble s'accompagnant d'une surélévation de la toiture. Toutefois, il ne ressort pas des seules pièces versées au dossier, qui ne comportent aucun élément ou étude technique malgré les allégations du requérant quant à la consultation d'un ingénieur en bâtiment qu'il aurait effectuée, que l'annexe concernée présente une fragilité de ses murs induisant un risque d'effondrement constitutif d'un danger pour les riverains rendant le projet nécessaire à son fonctionnement dans des conditions de sécurité répondant aux normes actuelles. Par ailleurs, M. A n'établit pas ni même n'allègue que le projet est lié au fonctionnement du bâtiment dans des conditions de confort répondant aux normes actuelles. Le projet litigieux ne relève dès lors pas du champ d'application des dérogations prévues au 11) du B) du II) de l'article 11 UC du règlement du PLU précitées. En tout état de cause, la modification de l'épaisseur des murs, entraînant une saillie du bâtiment par rapport au bâtiment mitoyen, ainsi que la surélévation de la toiture induites par le projet ne sont pas au nombre des exceptions limitativement énumérées prévues par ces mêmes dispositions. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes du I) de l'article UC1 du règlement du plan local d'urbanisme alors applicable : " Sont interdits () 7) Dans la zone UC de la Cité de la Délivrance à LOMME (commune associée), tous travaux ayant pour effet de démolir ou de modifier notoirement l'aspect d'origine d'une construction présentant un intérêt architectural ou urbain, repéré sur le plan par une discipline architecturale. "
7. Eu égard à sa nature telle que décrite au point 5, le projet modifie notoirement l'aspect d'origine de la dépendance concernée, qui ainsi qu'il a été dit au même point constitue l'annexe d'une maison d'habitation qui fait l'objet d'une " discipline architecturale particulière " au sens des dispositions du règlement du PLU. Le moyen tiré de la méconnaissance du 7) du I) de l'article UC1 du règlement du plan local d'urbanisme doit, dès lors, être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme : " Les règles et servitudes définies par un plan local d'urbanisme : / 1° Peuvent faire l'objet d'adaptations mineures rendues nécessaires par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes ; () "
9. Il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de permis de construire, de déterminer si le projet qui lui est soumis ne méconnaît pas les dispositions du plan local d'urbanisme applicables, y compris telles qu'elles résultent le cas échéant d'adaptations mineures lorsque la nature particulière du sol, la configuration des parcelles d'assiette du projet ou le caractère des constructions avoisinantes l'exige. Le pétitionnaire peut, à l'appui de sa contestation devant le juge de l'excès de pouvoir du refus opposé à sa demande, se prévaloir de la conformité de son projet aux règles d'urbanisme applicables, le cas échéant assorties d'adaptations mineures dans les conditions précisées ci-dessus, alors même qu'il n'a pas fait état, dans sa demande à l'autorité administrative, de l'exigence de telles adaptations.
10. En l'espèce, M. A allègue que l'annexe concernée par la demande de permis de construire modificatif présente un risque d'effondrement du fait de la fragilité de ses murs tenant à l'absence de fondation du bâtiment et à un plancher situé en dessous du niveau du sol avec une construction voisine située, elle, à ce même niveau, cette configuration occasionnant, selon le requérant, des inondations de la dépendance en cause. Toutefois, ces allégations ne sont en aucun cas établies. Au demeurant, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet litigieux, à supposer même qu'il puisse être regardé comme constitutif d'adaptations mineures aux règles définies par le plan local d'urbanisme, soit rendu nécessaire par la nature du sol, la configuration des parcelles ou le caractère des constructions avoisinantes. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et à la commune de Lille.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Liénard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
E. B Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. G
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026