vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2001831 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | MAZZA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 février 2020, 25 novembre 2020, 23 juin 2021 et 29 août 2022, M. A D, représenté par Me Mazza, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les statuts du Laboratoire d'Informatique, Signal et Image de la Côte d'Opale (LISIC) tels qu'établis le 11 décembre 2018 et entrés en vigueur le 1er janvier 2020 ;
2°) d'annuler l'élection par le conseil du laboratoire, le 9 janvier 2020, du nouveau directeur du LISIC, M. E C ;
3°) d'enjoindre à l'Université du Littoral Côte d'Opale (ULCO) la mise en place d'un nouveau processus d'établissement des statuts par l'assemblée générale du LISIC dans un délai de 3 mois à compter de la notification de la présente décision et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'ULCO une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- ses demandes sont recevables ;
- les statuts du LISIC, qui l'ont empêché de présenter sa candidature au poste de directeur et qui doivent être distingués du règlement intérieur du laboratoire, élaboré par l'assemblée générale en novembre 2015, ont été établis par le conseil de laboratoire alors qu'ils auraient dû être adoptés, en application de l'article 4.1.1 du règlement intérieur de l'ULCO, en assemblée générale ;
- le compte rendu du conseil de laboratoire du 22 juin 2018, au cours duquel furent adoptés les nouveaux statuts, n'a été publié sur le site intranet du LISIC que le 20 novembre 2019 ;
- eu égard à la procédure d'élaboration des statuts du LISIC, il n'a pas participé à leur élaboration en méconnaissance des dispositions de l'article L. 711-1 du code de l'éducation ;
- les nouveaux statuts du LISIC donnent un pouvoir excessif au directeur de ce laboratoire, en cantonnant le conseil de laboratoire à un rôle consultatif, en ne prévoyant pas la rédaction d'un règlement intérieur et ses conditions d'établissement et en ne prévoyant aucune mesure de contrôle de son action ;
- en conséquence de l'annulation des nouveaux statuts du LISIC, devra être annulée l'élection du 9 janvier 2020, à laquelle il n'a pas pu faire acte de candidature.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 octobre 2020, 24 mai 2021, 28 juin 2021 et 24 août 2022, l'Université du Littoral Côte d'Opale, représentée par Me Deldique, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. D une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures :
- à titre principal, que la requête est irrecevable, faute de tendre à l'annulation d'une décision précisément identifiée ; le requérant n'est en tout état de cause pas recevable à contester l'élection du nouveau directeur du laboratoire, dès lors qu'il n'a pas qualité pour agir, qu'il n'a pas exercé le recours préalable prévu à l'article D.719-40 du code de l'éducation, qu'il n'a pas respecté le délai de recours fixé à l'article D.719-39 du même code et qu'il n'expose aucun moyen au soutien de ses conclusions ; il n'est pas davantage recevable à contester les nouveaux statuts du LISIC, dès lors que ceux-ci constituent une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours, qu'ils lui sont favorables et que le délai de recours est expiré ;
- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Christian, rapporteur public,
- les observations de M. D, et celles de Me Deldique, pour l'ULCO.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, maître de conférences à l'ULCO et membre du LISIC, rattaché à cette université, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les statuts de ce laboratoire dans leur version arrêtée le 11 décembre 2018 et entrée en vigueur le 1er janvier 2020, ainsi que l'élection du nouveau directeur du laboratoire, M. E C, intervenue le 9 janvier 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation des " statuts du LISIC " :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la délibération n° 7-4-1 du conseil d'administration de l'ULCO en date du 11 décembre 2018, portant approbation des nouveaux statuts des laboratoires de l'établissement, dont ceux du LISIC, a été publiée dès le 17 décembre 2018, à 11h29, sur le site intranet de l'université. Eu égard à l'ampleur et aux modalités de la diffusion de cette délibération, aisément consultable par les personnes susceptibles d'avoir un intérêt leur donnant qualité pour la contester, cette publication a été de nature à faire courir les délais de recours contentieux à l'égard du requérant, lesquels n'ont pu être prorogés par le recours gracieux qu'il a tardivement formé le 5 décembre 2019. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir, que l'ULCO est fondée à soutenir que les conclusions de M. D tendant à l'annulation de la décision attaquée, enregistrées au greffe du tribunal le 28 février 2020, sont tardives et, par suite, irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'élection du nouveau directeur du LISIC intervenue le 9 janvier 2020 :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article D. 719-40 du code de l'éducation : " Tout électeur ainsi que le président ou le directeur de l'établissement et le recteur de région académique ont le droit d'invoquer l'irrégularité ou la nullité des opérations électorales devant le tribunal administratif territorialement compétent ". Aux termes de l'article 4-1 des statuts du LISIC, dans sa version applicable au présent litige : " Le directeur est élu pour 5 ans () par le conseil de laboratoire et en son sein ".
5. Il est constant qu'à la date des opérations électorales qu'il conteste, M. D n'était pas membre du conseil du laboratoire du LISIC. Ainsi, dès lors qu'il n'avait pas la qualité d'électeur dans le cadre desdites opérations et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres fins de non-recevoir soulevées à ce titre, l'ULCO est fondée à soutenir qu'il n'a pas intérêt à en demander l'annulation.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ULCO, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D la somme demandée par l'ULCO au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Université du Littoral Côte d'Opale présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à l'Université du Littoral Côte d'Opale.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marjanovic, président,
M. Larue, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
X. B
Le président,
Signé
V. MARJANOVIC
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2001831
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026