vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2001941 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS VEDESI - SCP SCHMIDT VERGNON PELISSIER THIERRY EARD-AMINTHAS & TISSOT |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2001941, le 5 mars 2020, Mme E B, représentée par Me Brunet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite, née le 5 janvier 2020, par laquelle le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a refusé de lui attribuer la protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre à l'administration de prendre une nouvelle décision, qui lui soit favorable, dans un délai de 15 jours suivant la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner le conseil départemental du Pas-de-Calais au paiement de la somme de 30 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
4°) de mettre à la charge du conseil départemental du Pas-de-Calais une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 671-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été victime, entre 2009 et 2018, de faits de harcèlement moral de la part de sa supérieure hiérarchique, Mme C, lesquels sont à l'origine d'un syndrome anxio-dépressif lui causant une invalidité permanente partielle évaluée à 25 % ;
- le harcèlement moral est établi eu égard à la reconnaissance de ses troubles anxio-dépressif comme maladie professionnelle ;
- la décision refusant de lui attribuer la protection fonctionnelle, alors que les faits de harcèlement moral sont caractérisés, est illégale ;
- son préjudice résultant du harcèlement moral subi s'élève à 30 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2020, le département du Pas-de-Calais, représenté par Me Vergnon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 3 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Il fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables, faute de demande préalable à la saisine du juge ;
- les faits allégués ne sont de nature ni à faire présumer, ni à caractériser une situation de harcèlement moral ;
- la requérante a été accompagnée dans sa recherche de mobilité et d'un poste lui donnant toute satisfaction ;
- la reconnaissance de son trouble anxio-dépressif comme maladie professionnelle n'est pas de nature à faire présumer une situation de harcèlement moral ; le refus de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle n'est donc pas illégal ;
- la somme de 30 000 euros demandée à titre d'indemnisation est en tout état de cause injustifiée.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2004132, les 17 juin 2020 et 29 septembre 2021, Mme E B, représentée par Me Brunet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite, née le 5 janvier 2020, par laquelle le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a refusé de lui attribuer la protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre à l'administration de prendre une nouvelle décision, favorable à l'agent, dans un délai de 15 jours suivant la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de joindre les instances n° 2001941 et n° 2004132 ;
4°) de condamner le conseil départemental du Pas-de-Calais au paiement de la somme de 30 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
5°) de mettre à la charge du conseil départemental du Pas-de-Calais une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 671-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été victime, entre 2009 et 2018, de faits de harcèlement moral de la part de sa supérieure hiérarchique, Mme C, lesquels sont à l'origine d'un syndrome anxio-dépressif lui causant une invalidité permanente partielle évaluée à 25 % ;
- le harcèlement moral est établi eu égard à la reconnaissance de ses troubles anxio-dépressif comme maladie professionnelle ;
- la décision refusant de lui attribuer la protection fonctionnelle, alors que les faits de harcèlement moral sont caractérisés, est illégale ;
- son préjudice résultant du harcèlement moral subi s'élève à 30 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 avril 2021 et 22 mars 2022, le département du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les faits allégués ne sont de nature ni à faire présumer, ni à caractériser une situation de harcèlement moral ;
- la somme de 30 000 euros demandée à titre d'indemnisation est en tout état de cause injustifiée.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 relative aux droits et obligations des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Christian, rapporteur public,
- et les observations de Me Jounier, pour le département du Pas-de-Calais.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, infirmière diplômée d'Etat, a été recrutée, en qualité d'infirmière territoriale en soins généraux, en avril 2007, par le département du Pas-de-Calais au sein de la maison départementale de la solidarité à Béthune, laquelle était rattachée au service local de prévention de la santé (SLPS), devenu, le 1er mars 2014, la maison de l'autonomie de l'Artois. A compter de janvier 2011, elle a été placée sous l'autorité hiérarchique directe de Mme C, en sa qualité de chef du SLPS puis de chef de la mission d'évaluation de la maison de l'autonomie de l'Artois, elle-même placée, à compter du 10 mars 2014, sous l'autorité hiérarchique de M. D, nommé responsable de la maison de l'autonomie. Souffrant, depuis le 20 mars 2013, de troubles anxio-dépressifs qu'elle impute à des agissements de harcèlement moral de la part de ses supérieurs hiérarchiques, Mme B a sollicité, d'une part, le 5 novembre 2019, la protection fonctionnelle de son administration et, d'autre part, le 16 mars 2020, l'allocation d'une somme de 30 000 euros à titre d'indemnisation des conséquences dommageables de ce harcèlement. Ces deux demandes étant demeurées sans réponse, Mme B demande au tribunal, par les présentes requêtes, d'une part, d'annuler la décision du 5 janvier 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a implicitement refusé de lui attribuer la protection fonctionnelle et, d'autre part, de mettre à la charge du département du Pas-de-Calais une somme de 30 000 euros en réparation des préjudices nés du harcèlement moral qu'elle estime avoir subi.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées, enregistrées sous les numéros 2001941 et 2004132, concernent un même agent, se fondent sur les mêmes allégations de harcèlement moral et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour n'y statuer que par un seul jugement.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ". Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
4. En l'espèce, si l'altération de l'état de santé de Mme B lié à son travail est avérée, ainsi que suffit à l'établir la reconnaissance de ses troubles anxio-dépressifs comme " maladie professionnelle ", il ne résulte cependant pas de l'instruction que ses conditions de travail, contrairement à ce qu'elle soutient, se seraient dégradées à compter de 2009, sous la supervision de Mme C.
5. En effet, s'agissant, d'abord de sa charge de travail, s'il résulte du rapport de la cellule chargée des risques psycho-sociaux que celle-ci est importante, voire lourde, pour tous les agents travaillant au sein de la mission d'évaluation de la maison de l'autonomie de l'Artois, aucun élément au dossier ne permet d'établir que la charge de travail des agents de la maison de l'Artois, ou de Mme B, en particulier, se serait accrue à partir de 2009. A ce titre, outre qu'il ne résulte pas de l'instruction que les temps partiels dont bénéficiait Mme B n'auraient pas été respectés, la seule circonstance qu'elle se soit vue confier, en juin 2017, la charge de la moitié du secteur d'une collègue mutée, n'est pas de nature à justifier une surcharge de travail dès lors que, depuis le mois de janvier 2017, la requérante n'assurait plus que les missions d'évaluations relatives à la prime de compensation du handicap (PCH) et non, comme auparavant, les missions d'évaluations relatives à la PCH et à l'aide personnalisée à l'autonomie (APA). En outre, s'il est constant que Mme B bénéficiait, au cours de l'année 2017, d'un arrangement avec sa hiérarchie pour être en congé les mercredis, il résulte de l'instruction, et notamment des plannings annotés de sa main qu'elle a fournis, que c'est la requérante elle-même, et non sa hiérarchie, qui a mis fin à cet accord concerté destiné à éviter son épuisement suite à sa reprise du travail, après plus de 3 ans d'arrêt, le 1er juillet 2016. A cette occasion, sa hiérarchie lui a conseillé de poser des congés au mois d'août, au cours duquel Mme B envisageait de travailler 2 mercredis, et lui a enjoint de respecter l'arrangement de la fin du mois d'août à la fin de l'année 2017, avant de passer en temps partiel à 80 % à compter du mois de janvier 2018. Enfin, si Mme B fait état de tâches qu'il lui était impossible d'accomplir dans les délais qui lui étaient fixés, il résulte de l'instruction, d'une part, qu'à supposer même que la requérante ait eu, ainsi qu'elle l'affirme, 80 dossiers de retard, cette situation s'explique principalement par son niveau élevé d'exigence dans le traitement des affaires qui lui étaient confiées et, d'autre part, que le défaut de réalisation de la commande que lui avait passée M. D, au début de l'année 2018, procède du fait qu'elle était " débordée par de multiples sollicitations urgentes " et se trouvait " dans une période difficile ", ce dont elle a omis d'informer sa hiérarchie.
6. S'agissant, ensuite, du comportement de la supérieure hiérarchique directe de Mme B et du responsable de la maison de l'autonomie de l'Artois, il est avéré que Mme C, à la demande des services centraux, a donné pour consigne à ses agents de centraliser les appels vers ces services, au nombre desquels figurent les ressources humaines, et de ne plus les appeler directement. En revanche, il ne résulte de l'instruction ni que les réorganisations constantes de son travail, dont se plaint Mme B, présenteraient, eu égard aux nombreuses restructurations de la mission évaluation de la maison de l'autonomie de l'Artois, un caractère anormal, ni que la requérante n'en aurait pas été informée. Il ne résulte pas plus de l'instruction que Mme C, au travers notamment de ses évaluations annuelles, ou M. D, même à admettre les paroles prêtées à ce dernier par la requérante, formuleraient constamment des reproches à l'égard de cette dernière, encore moins qu'ils l'invectiveraient brutalement, ou qu'ils lui tiendraient des discours infantilisants, dont les propos n'ont pas été rapportés, et lui confieraient des tâches, au demeurant non précisées, de même nature. S'il résulte de l'instruction que Mme C, blessée par le courrier que Mme B a adressé en 2014 à plusieurs agents de la maison de l'autonomie pour remettre en cause ses capacités managériales, a fait le choix de ne plus lui serrer la main lorsque la requérante a réintégré la mission d'évaluation le 1er juillet 2016, cette dernière ne fournit aucune attestation de nature à établir que, comme elle l'affirme, elle se serait vue refuser des congés pour se rendre au chevet de sa sœur, atteinte d'une maladie incurable, ou au mariage de son frère, ni aucun élément de nature à démontrer le caractère irrégulier ou discriminatoire de tels refus, à les supposer même établis. En outre, il résulte de l'instruction que, sur les 5 évaluations annuelles réalisées par Mme C, aucune, contrairement à ce que soutient Mme B, ne comporte une diminution de sa note chiffrée. Par ailleurs, les documents d'évaluations tronqués fournis ne permettent pas d'exclure que Mme B a pu bénéficier de la reconnaissance de son expérience professionnelle, par des évolutions positives au sein de la grille des compétences requises pour son poste. De même, si Mme B affirme que ses souhaits d'évolution n'auraient plus été pris en compte à partir de la nomination de Mme C comme chef du SLPS, il résulte de l'instruction que ses évaluations pour 2011, 2016 et 2017 mentionnent de tels souhaits, alors que son évaluation pour l'année 2009, que n'a pas réalisé Mme C, n'en mentionne pas. Mme B n'est, de surcroît, pas fondée à se plaindre de ce que sa supérieure hiérarchique aurait déterminé les objectifs annuels qui lui étaient fixés. Elle ne fournit également aucun élément de nature à établir qu'elle n'aurait bénéficié, entre le 3 janvier 2011, date d'entrée en fonction de Mme C, et le 18 juin 2018, date à laquelle elle a définitivement quitté le service de cette dernière, d'aucun avancement. Au demeurant, outre les problèmes relevés au cours de l'année 2017, Mme B n'a, sur cette période, effectivement exercé ses fonctions que du 3 janvier 2011 au 20 mars 2013 et du 1er juillet 2016 au 18 juin 2018. Si Mme B se plaint d'avoir été isolée au sein du service, elle ne l'établit pas dès lors que, d'une part, la stratégie d'isolement relevée dans le rapport de la cellule chargée des risques psycho-sociaux concerne le fonctionnement du service durant des périodes où la requérante se trouvait placée en congé de maladie et, d'autre part, sa notation pour l'année 2016 relève une bonne intégration de la requérante au sein de son service alors que la notation suivante, lui fixe comme premier objectif de " s'appuyer sur un travail collaboratif avec d'autres collègues " et ainsi de lutter contre l'isolement auquel elle semble se laisser aller. Si Mme B s'est également plainte, dans un mail du 29 mars 2018, de ne pas avoir été informée de la décision d'aptitude avec réserves, interdisant la réalisation d'évaluations complexes, prises par la médecine du travail et de sa " rétrogradation au poste de secrétaire ", il résulte de l'instruction, et notamment de ses remarques sur sa notation 2017, émises le 22 mars 2018, que l'intéressée était parfaitement informée de cet avis et du reclassement en cours, lequel ne pouvait intervenir, à titre provisoire, que sur un poste administratif, Enfin, si Mme B se plaint de ce que son nom ne figurait pas sur la liste actualisée du service diffusée par courriel le 23 avril 2018, date à laquelle elle était affectée à des tâches administratives, il résulte de l'instruction, que les tableaux produits, dont elle a bien été destinataire, recensent, par secteur et par prestations, les personnels en charge des évaluations.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée à ce titre par le département du Pas-de-Calais dans l'instance n° 2001941, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur la protection fonctionnelle :
8. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " I. - A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire () bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () IV. -La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. (). ".
9. Mme B n'établissant pas avoir été victime de harcèlement moral, elle n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le département du Pas-de-Calais a refusé, à ce titre, de lui accorder la protection fonctionnelle. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
10. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions de Mme B à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. L'article L. 761-1 du code de justice administrative dispose que : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
12. Ces dispositions, à supposer que la requérante s'en prévale en faisant référence à celles de l'article L.671-1 du code de justice administrative, font obstacle à ce que soit mise à la charge du département du Pas-de-Calais, qui n'est pas la partie perdante, dans les présentes instances, les sommes que l'intéressée demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le département du Pas-de-Calais au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme B sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions du département du Pas-de-Calais présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B et au département du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marjanovic, président,
M. Larue, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
X. A
Le président,
Signé
V. MARJANOVIC
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2001941, 200413
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026