jeudi 28 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2002031 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | GOUTAL ALIBERT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mars 2020, M. et Mme C et D A, représentés par la SCP Debacker et associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Valenciennes s'est opposé à la déclaration préalable n° DP0596061900403 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Valenciennes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit, le maire s'étant cru lié par l'avis de l'architecte des Bâtiments de France ;
- l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, sur lequel est fondé l'arrêté attaqué, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2020, la commune de Valenciennes, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle était en situation de compétence liée pour édicter l'arrêté attaqué dès lors que l'architecte des Bâtiments de France a émis un avis défavorable le 19 décembre 2019 ;
- les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par la requête susvisée, M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Valenciennes s'est opposé à leur déclaration préalable concernant le remplacement de menuiseries sur la façade avant de leur habitation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords. / La protection au titre des abords a le caractère de servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel. / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci () ". Aux termes de l'article L. 632-1 de ce code : " Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des parties extérieures des immeubles bâtis, y compris du second œuvre, ou des immeubles non bâtis. / () L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur du site patrimonial remarquable ". Aux termes de l'article L. 632-2 du même code : " I. - L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées () l'absence d'opposition à déclaration préalable () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent I () ". Aux termes de l'article R. 425-2 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, () la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées ". Aux termes du II de l'article 112 de la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine : " II.- A compter de la date de publication de la présente loi, () les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager et les aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine créés avant la publication de la présente loi deviennent de plein droit des sites patrimoniaux remarquables, au sens de l'article L. 631-1 du code du patrimoine, et sont soumis au titre III du livre VI du même code () / III. Le règlement () de la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager applicable avant la date de publication de la présente loi continue de produire ses effets de plein droit dans le périmètre du site patrimonial remarquable jusqu'à ce que s'y substitue un plan de sauvegarde et de mise en valeur ou un plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine () ".
3. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que ne peuvent être édictées qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les décisions portant non-opposition à une déclaration préalable relative à des travaux affectant un immeuble situé dans un site patrimonial remarquable.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'immeuble de M. et Mme A, sur la façade duquel les travaux soumis à déclaration préalable ont été effectués, se situe dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable. Par un avis du 19 décembre 2019, l'architecte des Bâtiments de France s'est opposé à la régularisation de ces travaux qui ont consisté à remplacer l'ensemble des menuiseries en bois existantes en façade avant de l'immeuble par des menuiseries en PVC. Par un arrêté du 7 janvier 2020, le maire de la commune de Valenciennes s'est opposé à la déclaration préalable des requérants au motif que le projet n'est pas conforme aux règles applicables dans le périmètre du site patrimonial remarquable dont il relève et porte atteinte à sa conservation ainsi qu'à sa mise en valeur.
5. En premier lieu, en l'absence d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le maire de la commune de Valenciennes était tenu de s'opposer à la déclaration préalable déposée par les intéressés. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit en ce que le maire s'est cru lié par l'avis de l'architecte des Bâtiments de France doit être écarté.
6. En deuxième lieu, le maire étant placé en situation de compétence liée en raison de la teneur de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, M. et Mme A ne peuvent utilement soulever les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision en litige et de son insuffisance de motivation. Ces moyens doivent par suite être écartés en tant qu'ils sont inopérants.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article I.6 - P du règlement de la Zone de protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager approuvé le 25 juin 2002, demeurant applicable en l'espèce en vertu du III de l'article 112 de la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine : " quelle que soit la nature de l'intervention sur le bâti, elle devra être prévue et réalisée dans le respect du caractère du bâtiment ou de l'espace concerné et de ses qualités propres (matériaux, mise en œuvre, composition architecturale) ".
8. En l'espèce, dans son avis du 19 décembre 2019, auquel s'est substitué l'avis tacite émis par le préfet de la région Hauts de France à la suite du rejet du recours présenté par M. et Mme A le 21 février 2020 en application des dispositions de l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme, l'architecte des Bâtiments de France a estimé que " les menuiseries existantes, (), font partie de la composition de la façade et de son intérêt architectural et patrimonial () " et que leur remplacement méconnaît les règles applicables du site patrimonial remarquable en cause tout en portant atteinte à sa conservation ainsi qu'à sa mise en valeur. Il ressort des pièces du dossier qu'en raison de son intérêt architectural et de celui des menuiseries de sa façade, l'immeuble dont M. et Mme A sont propriétaires est classé, au titre de la zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager, en " façade remarquable à conserver ou à restaurer ". Il ressort en outre des photographies produites au dossier de déclaration préalable que les nouveaux châssis, installés sans l'obtention préalable d'une autorisation d'urbanisme, ne sont pas identiques aux précédents, contrairement à ce que font valoir les requérants, les châssis du rez-de-chaussée présentant une forme plus moderne. En raison de cette différence, ils dénotent avec le style traditionnel de l'immeuble et portent ainsi atteinte à la mise en valeur du site patrimonial remarquable. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'existence d'une erreur d'appréciation doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 7 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Valenciennes s'est opposé leur déclaration préalable relative à des travaux de remplacement de menuiseries.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Valenciennes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de M. et Mme A le versement d'une somme de 1 500 euros au bénéfice de la commune de Valenciennes au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Valenciennes une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et D A et à la commune de Valenciennes.
Copie en sera adressée au préfet de la région Hauts-de-France.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Allart, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERE
Le président
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
J. DEREGNIEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Nord ce en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026