jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2002324 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP GROS-HICTER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 16 mars 2020, le 17 septembre 2021, le 16 novembre 2021, le 5 avril 2022 et le 16 mai 2022, la société civile immobilière Le tabernacle, représentée par la SCP Gros, Hicter, d'Halluin et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 février 2020 par lequel le maire de la commune de Vendeville a refusé de lui délivrer un permis de construire un lieu de culte ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vendeville la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article UA3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il n'y a pas lieu de procéder à la substitution de motifs sollicitée par la commune de Vendeville dès lors que les nouveaux motifs de refus ne sont pas fondés et que la délibération du 8 octobre 2004 portant approbation du plan local d'urbanisme de la communauté urbaine de Lille Métropole est illégale en tant qu'elle institue un emplacement réservé sur une partie de la parcelle en litige.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 septembre 2021, le 20 octobre 2021 et le 27 février 2022, la commune de Vendeville représentée par Me Bodart, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Le tabernacle au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés. Elle sollicite, en outre, une substitution de motifs, le projet méconnaissant les dispositions de l'article UA12 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux espaces de stationnement et son terrain d'assiette étant partiellement grevé d'une servitude d'utilité publique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- et les observations de Me Hicter, représentant la société le tabernacle, et de Me Bodart, représentant la commune de Vendeville.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 juillet 2017, la société civile immobilière Le tabernacle a déposé une demande de permis de construire auprès de la commune de Vendeville en vue de l'édification d'un lieu de culte. Par un arrêté du 7 décembre 2017, le maire de la commune de Vendeville a opposé un sursis à statuer à cette demande. Par courrier du 21 décembre 2019, la société Le tabernacle a confirmé sa demande de permis de construire. Par un arrêté du 3 février 2020, le maire de la commune de Vendeville a refusé de délivrer le permis sollicité. Par la requête susvisée, la société Le tabernacle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 février 2020 du maire de Vendeville.
Sur les conclusions à fin d'annulation
2. Aux termes du 1) du II) de l'article UA3 du règlement du plan local d'urbanisme de la communauté urbaine de Lille Métropole, dans sa version applicable au litige : " Les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées répondant à l'importance et à la destination de la construction ou de l'ensemble des constructions qui y sont édifiées ou dont l'édification est demandée ".
3. En l'espèce, le projet de la société Le tabernacle consiste en l'édification d'un lieu de culte de 828,90 m2 de surface de plancher disposant d'un capacité globale d'accueil de 411 personnes dont 292 fidèles assis et la construction de 62 places de stationnement. Pour refuser de délivrer le permis de construire correspondant, le maire de la commune de Vendeville s'est fondé, au visa des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme, sur l'insuffisance de la voie de desserte du projet, les caractéristiques et la configuration de celle-ci ne permettant pas de desservir la construction projetée dans des conditions de circulation, de stationnement et de sécurité suffisantes.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'accès au terrain d'assiette du projet se fera depuis un chemin communal constitué en impasse, le " chemin de buet ", d'une longueur d'environ 100 mètres. Le constat d'huissier effectué le 1er octobre 2021 mentionne qu'à l'entrée de ce chemin ainsi qu'au niveau des places de stationnement du lotissement qu'il dessert, la largeur de la chaussée est de 3,25 mètres. A son issue, elle est de 3,45 mètres. Ainsi, sauf à ce que l'un d'eux circulent sur le trottoir, ce chemin ne permet pas le croissement de véhicules. Il apparaît par ailleurs que cette voie dessert d'ores et déjà plusieurs maisons individuelles et des logements collectifs, la société pétitionnaire précisant au surplus dans sa demande de permis de construire que 80% des personnes se rendront sur le lieu de culte en voiture. Dans ces circonstances, les conditions de desserte du projet ne sont pas adaptées à son dimensionnement et ne permettent pas d'assurer la sécurité des usagers et riverains, qu'ils soient automobilistes, piétons ou cyclistes. Ainsi, les caractéristiques de la voie d'accès au projet ne répondent pas à l'importance et à la destination dudit projet. Par suite, la société Le tabernacle n'est pas fondée à soutenir que son projet ne méconnait pas les dispositions précitées de l'article UA3 du règlement du plan local d'urbanisme et le moyen doit être écarté
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de faire droit à la demande de substitution de motifs présentée par la commune de Vendeville dans ses écritures en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Le tabernacle doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vendeville, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la société requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Le tabernacle une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Vendeville et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société civile immobilière Le tabernacle est rejetée.
Article 2 : La société civile immobilière Le tabernacle versera à la commune de Vendeville une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Le tabernacle et à la commune de Vendeville.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- Mme Leclère, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
M. LECLERELe président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026